CHAPITRE PREMIER
PAU PKTITE VILLL
Histoire de la ville. — hi place Granionl. — h' théâtre : le tonnerre donne la réplique. — Noms des rues. — La place Royale. — Rue actuelle du Lycée.
ii-N que l'orgie révolutionnaire soit terminée et que [les] [terroristes aient disparu clans l'ombre, les splendeurs de la cité royale ou parlementaire sont 'à jamais éteintes. L'avenir pourra être plus brillant
que le passé ; il ne lui ressemblera pas.
Le Pau d'autrefois était une petite ville qui avait une
grande histoire.
On lit dans un Mémoire de l'intendant Le Bret :
(( La ville de Pau consiste en deux rues assez lon- " gaes, mais assez mal disposées. Elle n'a rien de con- <( sidérable. Le Palais est des plus malentendus et des « plus incommodes. L'hôtel de ville est encore pis. (( L'église paroissiale ne peut contenir le quart des ha- <( bitants. Elle est aussi mal tenue et aussi pauvre en <( meubles que les églises de village.»
Ce portrait, tracé en 1700, n'était pas flatté, mais il <îtait ressemblant.
J'ai siégé jusqu'en 1855 dans ce palais dont les in- ■commodités avaient été signalées au xviii^ siècle. Quant à la vieille église Saint-Martin, qui vient d'être démolie, ceux qui ne l'auront pas vue debout auront peine à croire qu'une cité royale eût pu se contenter d'un édifice aussi mesquin.
La nécessité d'élever à Pau une église digne de la ville fut reconnue par Louis XIV, par Louis XVI, par Napoléon P*", par la Restauration, par Louis-Philippe, par Napoléon III, et il paraît incompréhensible qu'il y ait eu tant de retard pour faire ce que tout le monde désirait.
Sur la demande des Etats de Béarn, du Parlement, du barreau, de la bazoche, des corporations des marchands^ Louis XtV avait ordonné la construction de l'église Saint-Louis, en face de la place Royale, pour remplacer la vieille petite église de Saint-Martin. Louis XVI accorda 50,000 écusafin de hâter les travaux. On s'occupait des cintres et des voûtes, lorsque survint la Révolution. Elle décida que l'édifice serait continué pour