‹ La société et les moeurs en BéarnChapitre 95 sur 126 · HTES PUIiLIQLi:S · texte numérisé non relu

HTES PUIiLIQLi:S

Sous le drapeau d'Arcole, en ces courses lointaines, Ils furent conquérants et justes à la fois.

La l'rance en fit des capitaines,

Ht le Nord en a fait des rois.

Depuis longtemps, Henri, dans une douce extase, Nos champs et nos cités attendaient ton retour, Des créneaux de Moncade au donjon de Coarraze

Nos coteaux frémissaient d'amour.

Le vieux château d'Albret, lavé de ses souillures, Et dont l'herbe cent ans déshonora le seuil,

Sous les pompes de ses dorures

Souriait pour te faire accueil.

QjLii te rend à nos vœux? Qiii relève le faîte Du manoir paternel où tu reviens en roi ? C'est ton fils, comme toi battu de la tempête.

Il sut pardonner comme toi.

Henri de notre siècle est digne de sa race. Il préfère pour nous, sans craindre les combats,

Au bruit de la gloire qui passe

La liberté qui ne meurt pas.

Des enfiints du Béarn accourus pour l'entendre, Reconnais-tu celui qui marche au premier rang? Nos cœurs, en le voyant, ne peuvent s'y méprendre,

C'est ton image, c'est ton sang.

C'est ta jeunesse, Henri, laborieuse et forte Et les nobles travaux dont Vincenne a fait foi

Plus que le nom roval qu'il porte

Prouvent qu'il est issu de toi.

Salut, salut, Henri ! Devant ta face auguste. Inclinons, Béarnais, nos fronts reconnaissants: Aux pieds d'un roi clément, aux autels d'un roi juste On ne peut brûler trop d'encens.

Un hommage si pur ne craint pas l'anathème Et nous pouvons sans peur l'exhaler à genoux.

La bonté sous le diadème,

C'est Dieu qui se révèle à nous.

Jour d'orgueil et d'ivresse !

Un monarque chéri Revient aux bords heureux qu'habitait sa jeunesse, Le voilà, c'est Henri , C'est le grand, c'est le bon Henri !

La musique était signée : Auber, et l'orchestre, composé de trois cents musiciens et chanteurs, était conduit par Charles Habeneck.

Le jeune prince prononça assurément le plus bref des discours, mais aussi le plus applaudi. « Je vous (( remercie, » dit-il en finissant^ « de m'avoir traité (( en Béarnais, et comme un descendant de celui que « je puis appeler aussi comme vous : Notre Henri. »

Le soir, le prince donnait au parc un dîner de 350 couverts. Toutes les allées étaient illuminées ^ giorno, des orchestres placés de distance en distance, faisaient danser des milh'ers de personnes; tous les cotenux resplendissaient de feux de joie; l'artillerie, venue de Bayonne, lançait ses coups de canon aux échos peu habitués à leur vacarme ; enfin, un feu d'artifice envoyé de Paris par le Roi, étonnait les eaux du Gave par ses myriades d'étincelles et ses torrents de fantastique lumière.

Le bal du château réunit plus de 2,400 personnes. Jamais, depuis Henri IV, on n'avait vu dans ses vastes salles autant d'illustres personnages, autant 'de mer-

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veilleuses toilettes, autant de ravissantes danseuses, autant de luxe royal et un aussi aimable niaitre de maison.

Dévéria fît un grand tableau représentant l'inauguration de la statue. Les personnages placés au premier rang posèrent pour que la ressemblance fût complète. Lorsque bien des années plus tard, sous l'Empire^ j'allai présenter mes hommages au duc de Montpensicr, dans son beau château de San-Tehr.o à Séville, le prince me montra le tableau de Dévéria où figurait mon père.

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