‹ La société et les mœurs allemandesChapitre 12 sur 43 · PERIODE CARLOVINGIENNE ET OTHONIENNE · texte numérisé non relu

PERIODE CARLOVINGIENNE ET OTHONIENNE

PotiUque .de ^ Charleniagixe ; tcaasformatioii . 4e ;la noblesse. — Année, finances et justice. — L'Église et les mœurs ; les moines. — Poésie sacrée : le chant de Ludovic, Héliand, Otfrid. — Culture matérielle, agriculture et habitations. — Système monéta»e; industrie et commerce. — La royauté ^iectire d'AUelaagne et le saint empire romain allemand. ^«Noms de propriété et noms de famille; origine de la bourgeoisie. ^ Les arts et les sciences chez les Othons. — Une femme auteur au moyen âge. '

Uambitionude Chattonagae fat de réonùssoua son empire toute TEnrope. occidentale et, de doimeE à rAUemagne l'uDàiè religieuse et polilique.i Ponr y, psurrenir, il usa d'à- ^wssfr et d'àoer^e cl ne necnla »pas devant les exécutions canglantes. Il avait à (imposer .à «des peuplades vaillar^tes nn culte qu'elles repoussaient et à kansformer la vieille ré- 9QbliqQe.iamtoofatique'de.la Geviziame en une moxiarcbie absolue et héréditaire. Un de ses^peim^paux moyens de moeës fut la création dlune cour organisée hiérarchiqueinentet entourée d'une.grande pompe^ dont les dignitaires, ie^ttoéchal, le jnaréchal, etc., avaient le pas sur la vieille Qoldesse, ainsi r/ejetée au second raiag. Dés iors, chacun

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tint à honneur d'obtenir quelqu'une de ces dignités, et comme il fut permis de les rechercher aux hommes libres et même aux affranchis, la royauté se fit de nombreux partisans dans ces classes moyennes de la société. L'organisation du droit féodal offîrit aussi des ressources au pouvoir monarchique. En vertu du principe que la royauté émane directement de Dieu, le souverain se regarda comme seul propriétaire de tous les biens-fonds, et il les distribua aux guerriers qui le suivaient dans ses expéditions. Ainsi furent fondées la noblesse des armes et la noblesse de cour. En échange des terres qu'elles recevaient en viager, elles se consacraient au service du roi. Les anciens possesseurs d'allodes eurent beau se prévaloir du privilège en vertu duquel ils ne devaient leur service qu'à l'armée de Fempire, Charles les obligea sous les peines les plus sévères à se ranger sous son drapeau au premier appel. D'ailleurs, l'importance des biens-fonds déterminait celle du service militaire. Mais tout homme libre devant s'équiper à ses frais et subvenir pendant trois mois à son entretien, la plupart d'entre eux n'eurent bientôt plus assez de fortune pour faire face à cette dépense; ils renoncèrent au métier des armes et tombèrent ainsi au rang de sujets. Un grand nombre, pour sauver leurs terres, en firent honmiage à des communautés religieuses, dont ils devinrent Ids fermiers tributaires. D'un autre côté, le changement qui s'opéra dans la pratique des armes exigeant un emploi plus fréquent du cheval et un exercice presque continuel, éloigna encore beaucoup d'hommes libres des champs de bataille, et bientôt la guerre devint l'apanage exclusif de la noblesse, qui eut pour elle tous les privilèges, tandis que le peuple était réduit à une véritable servitude.

Pour fonder une monarchie aussi puissante, il fallait de

grandes ressources financières. Charles en ajouta de nou-

elles à celles qui déjà, alimentaient son trésor. Les revenus

du roi se composaient du produit des domaines de la cou-

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ronne, administrés par des intendants, de la part réservée au prince sur le butin pris à Teniiemi, enfin du droit qu'il avait de s'approprier les biens des affranchis morts sans héritiers. Il 7 joignit tout ce que peut fournir un pouvoir tyrannique. Dans ses voyages, il imposait aux communes par où il passait l'entretien de sa suite ; il faisait accorder gratuitement l'hospitalité aux employés qui voyageaient pour le service de l'État ; enfin il convertit en une redevance obligatoire, fixe et annuelle, les dons volontaires que les tribus germaniques offraient parfois à leurs chefs.

La justice fut encore un de ses moyens de gouvernement. Il est vrai que les juges, appelés scabini ou échevins, étaient choisis par les assemblées électorales ; mais Charles pesa si despotiquement sur elles que l'élection ne fut bientôt qu'une simple formalité pour confirmer le choix du prince. Il avait d'ailleurs à sa nomination les centeniers ou juges des communes, les comtes ou juges des districts, et les missi dominici chargés de parcourir l'empire pour surveiller les uns et les autres. Enfin, de tous ces tribunaux, on pouvait appeler à une cour suprême, le tribunal du roi, que présidait un comte palatin. De fait, les juges, malgré leur serment professionnel, exécutaient les ordres du souve- 1^, et on enleva même à leurs décisions la garantie d'impartialité qu'elles puisaient dans la publicité des débats, en enfermant les tribunaux entre quatre murs et en couvrant de constructions les places de justice. Peu à peu les pénalités devinrent plus sévères ; l'amende fut remplacée, même pour l'homme libre, par des peines corporelles ou par la ^dégradation. Les tortures du moyen âge, le gibet et la foue devinrent des moyens de domination, et les bourreaux formèrent, sous l'égide du souverain, une milice nombreuse et redoutable.

On ne pouvait cependant étouffer toutes les libertés ; la prudence conseillait d'en laisser vivre quelques-unes au profit des privilégiés. Deux fois par an, au printemps et &

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rautomne, les seigneurs, allodéens et féodaux purent. le droit de se réunir pour accepjierles lois et ordonnances nouvelles ou confirmer les anciennes. Encore ces assemblées ne tardèrent^elles pas à se résumer ea un conseil d'État/pû, délibérant sous la haute direction, du prince, futbieat^t envahi par la bureaucratie administsative et perdit tout icaractère d'indépendance nationale. Sous une forme plus rudimentaire, ce fut un . premier spécimen des chambres constitutionnelles de no9 jours, qui ont la liberté de décider <se qui est agréable ai]^ gouvernement.

Avec Técrasante personnalité de Oharlemagne di^arut l'édifice grandiose mais éphémère de sa puissance. Dès Je neuvième siècle, nous voyons les châteaux des nobles se transformer en forteresses^ partager avec le x^lergé le privilège de l'exemption d'impôts et bsaver impunément le pouvoir royal. L'aristocratie féodale commença à devenir héréditaire; des débris de l'empire naissent une foule de principautés ambitieuses qui. étendent sur tout le sol le régime .féodal ; les libertés communales disparaîtraient ai elles ne trouvaient un asile dans quelques villes qui oot «auvé leur liberté au milieu de l'asservissement général.

Constamment soutenue par l'empire carlovingien. rjÊglise fut toujours à son égard une alliée fidèle et rattachée à lui par des intérêts communs. Elle sanctifiait de ses bénédictions les victoires obtenues sur les républiques, germaniques par l'épée impériale^ qui protégeait. à son tour l'œuvre de christianisation tentée par les missionnaires. Devenue bientôt maîtresse d'unei partie, du sol par la donation des terres sur lesquelles s'élevèrent les églises et les couvents, participant aux privilèges féodaux par la dîme, que consacrait la loi de l'État, elle eut une large part d'hommes et de terres ; ses évoques et ses abbés, transformés en seigneurs féodaux, prirent place aux premiers rangs de la société. Ils

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eiercèscut mr la alergé inférieur une pression énergique et consenrèrent le droit romain, qui prit presque partout ia place des ioia nationales . Soumis, il est vrai, à la jundiction royale, le haut clergé obtint^que^es juges fussent pris panni les, ecclésiastiques, sauf pour les affaires criminelles, où des laïques faisaient partie du tribunal. Cette indépendance se transformait en soumission absolue envers Rome, ainsi qu'on le vit dès le premier synode (743), où les ôvêques jurèrent, fidélité au souverain pontife.

Les mœurs du clergé, à ee moment, sont loin d'être exfimplaiies,^ bien. que le mariage des prêtres fût encore toléré par ia discipline ecclésiastique.

Malgré la défense de porter les armes, nous n*en voyons pas moins, dans tout le moyen âge, des évêques et des abbés s'en aller j84, guerre à la tête de leurs valets et de

Si les Carlovingiens détruisirent nos anciennes franchises etlibertés, leur, triomphe n'en fut pas moins un progrès véritable. C'est, eu effet, avec leur royauté et à partir de la complète victoire du catholicisme sur le germanisme païen que se fonda la civilisation allemande; Charlemagne en fut réellement le créateur et le père. Ce prince aimait les Pences, et son biographe et secrétaire intime, Eginhard, ûous raconte, que, jusqu'à un âge avancé, il s'efforça d'ac- Çnérif l'iixstruction .dont sa jeunesse. avait été privée. Il par- ^t le latin, comprenait le grec et se plaisait dans la société des hommes savants qu'il avait attirés à sa cour. Les plus illustres étaient l'Anglo-Saxon Alcuin, l'évêque Théodulf, l'abbé Adelhard, l'historien Eginhard, et Warnefried, plus <îonnu sous le nom de Paul Diacre. Alcuin, qui mourut îû)bé de Tours, en 804, était chargé d'élever les enfants du prince, tant légitimes que naturels, dont le nombre s'élevait à quatorze, ^a conduite ultérieure de ces élèves, surtout ^ des princesses, ne fait pas grand honneur à leur édu-

^tioQ. Les filles de Charlemagne menèrent une vie peu

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chaste, et deux d'entre elles, Berthe et Rotrudis donnèrent le jour à des bâtards. Il faut croire (Jue la licence avait ga< gné toute la cour et que Charlemagne n'attachait qu'une mince importance aux intrigues amoureuses, si Ton en juge par la légende de sa fille Emma et de son amani Eginhard.

Il avait fait venir d'Italie des architectes pour construire et embelUr ses magnifigues palais d'Ingelheim et d'Aix-la- Chapelle. C'est de là aussi qu'il tira les artistes chargés de réformer les chants d'église. Sous Finfiluence de ces maîtres étrangers naquit l'art roman, qui a précédé Tart et le style germaniques. Pourtant, à cette culture intellectuelle, toute d'importation étrangère, se mêla un certain coin de germanisme, facile à distinguer. Ainsi, dans le recueil des chants religieux se conservèrent des chansons antérieures àl'époque chrétienne dont on suit la trace en Angleterre jusqu'au douzième siècle, où elles disparaissent pour toujours. Dans les écoles des couvents, l'enseignement se donnait en langue allemande, et cela fut très-utile au développement des intel^gences.

Nous ne saurions entrer ici dans de longs détails sur l'origine et l'organisation de la caste monacale. Fondée au quatrième siècle dans les déserts de TÉgypte, par des exaltés ascétiques, elle parait faire partie des institutions de l'Église dès le cinquième siècle, et elle s'étendit rapidement sur tous les pays chrétiens. Rappelons seulement que ce fut saint Basile qui donna les règles de la vie monastique aux couvents d'Orient, et saint Benoit de Narsia qui donna la sienne à ceux de l'Occident (529).

Cette institution rendît en ce temps-là des services incontestables. Appliquez, si vous le voulez, aux couvents actuels la parole de Goethe : « le bon sens devient de la bêtise, le bienfait une calamité, » mais ne vous donnez

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pas le tort de parler avec légèreté des anciens monastères. Si l'histoire entière du monde chrétien n'est qu'un long contraste entre la pensée du Christ et la conduite de rÉglise officielle, c'est l'honneur des couvents d'avoir essayé de faire disparaître une telle anomalie. Peut-être n'ontils pas employé les moyens propres à les conduire à ce but, mais leur tendance première était bien faite pour attirer de pures et nobles Âmes. Aussi combien déjeunes gens dont les généreux sentiments avaient été froissés au contact de la triste réalité, y portèrent-ils leurs idéales aspirations I D'autres hommes, trompés par la pratique de la vie, après avoir mûri dans les armes ou la diplomatie, allèrent calmer dans le silence monastique la douleur de leurs déceptions et se livrer à des travaux dont profitera la postérité. L'an d'eux, l'historien Cassiodore,se déroba à la cour pour fonder en Calabre un monastère dont les religieux se consacraient à la copie des manuscrits et à la culture de la terre. Il y avait certes, même dès cette époque, des religieux dont l'habit ne couvrait qu'une profonde ignorance et qui comptaient pour vivre sur la superstition du peuple, mais à eété d'eux combien d'honorables corporations remplissaient avec zèle leur mission civilisatrice! Ces premiers instituteurs rendirent les plus grands services aux nations, qui étaient tombées dans une profonde décadence après les grandes invasions. Les écoles monastiques organisées par Rhaban Maure (766-856), dans le couvent de Fulda et qui furent bientôt suivies de celles de Saint-Gall, Hirschau, Reichenau, Wissembourg, Korvey, etc., devinrent des foyers de lumière et jouirent de la protection particulière de Charlemagne. On y enseignait, avec la langue latine, les sept sciences libres, divisées en trivium et quadrivium. C'est à l'étude persistante du latin que nous devons les chefsdœuvre de la littérature classique dont les manuscrits avaient transmis les modèles. La Providence veillait sans doute sur ces précieux parchemins qui avaient tant à nous

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apprendre, taint de rayons de beauté et 'd'humanité à nous transmettre, et qui trouvèrent dans la ceUiite des moines chrétiens un asile contre la destruction que leur aurait îsât subir la barbarie du moyen âge.

Avec le latin, lés religieux enseignaient aussr^ralièniand, qui seul leur donnait action sur le peuplé. On fit, pour l'enseignement élémentaire, des grammaires dans lès deux langues, mais on se servit exclusivement tl6 l'allemande pour les formules oratoires et liturgiques dû baptême, de la confession, de la prière et dû sermon. Les vocabulaires, qui datent du huitième siècle, peuvent être compris parmi les anciens monuments de notre languB. Au reste, le clergé ne s'en tint pas là. Quoique la pt)ésie, depuis Boniface, fût . bannie de l'Église, il ne cessa de la cultiver, ainsi que le prouve un capitulaire de 78^, qui défend aux religieuses d'écrire et de se communiquer dés chants d'amour et des chansons à boire. Les moines, vidulant répondre aux regrets que laissaient dans la mémoire dû peuple les anciens chants de héros et de dieux, inventèrent ime poésie chrétienne allemande qui eut pourthème le mythe religieux et qui effaça, pendant trois siècle» (du neuvième au douzième), la légende des héros germaniques. Cette poésie religieuse ne fut d'abord que la traduction des hymnes et des psaumes latins, mais bientôt nous la voyons devenir originale dans là€hansonde Louis, faite par un religieux (Hukbald ?) à l'occasion de la victoire remportée par Louis III sur les Normands, et 2?irtout dans YHéliand (sauveur), grande et belle poésie que Louis le Débonnaire fit composer par un Saxon dont le nom nous est inconnu. Ce poème raconte, d'après les quatre Évangiles, la vie de Jésus dans un récit à la fois simple et épique, éminenmient populaire et sans traces d'exaltation religieuse. On est frappé de l'habileté infiénieuse avec laquelle le vieux conteur a transformé le

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type judaïque et chrétien en héros national et populaire. Chez lui, le Christ parait au milieu de ses disciples comme an noble duc entouré de sa suite, et la deiscription-de la fin du mondé n'est qu'un écho dû chant qui célèbre le crépus- CQle des dieux dans VBdda. Ce poôme nous fait entendre pour la dernière fois les airs francs et virils de notre ancienne poésie nationale.

Une œuvre qui forme avec la précédente un parfait con^ traste est celle connue sous le nom de Krist, sorte d'harmonie poétique et religieuse, composée par le bénédictin Otfrid au couvent de Wissembourgr de 863 à 872. En sa qualité de savant et de chrétien, l'auteur n'a que du lùépris poor la poésie populaire et nationale. Il remplace Tallitélation par la rime et ouvre le chemin à un art nouveau. S6n Krist, divisé en cinq livres, essaie de nous représenter li civilisation chrétienne et religieuse ; il veut aussi instruire et moraliser; mais il y a plus de science que d'îûspiration ; l'histoire y est trop sacrifiée et l'ouvrage n'est intéressant que parce qu'il introduit la classe lettrée dans la familiarité de la langue maternelle.

Toutes ces tentatives d'éducation et ces premiers bégaie- ' "ïcnts de la littérature christiano-germanique supposent up <*rt^ degré de civilisation matérielle, au moins dans les f^gs supérieurs de la société. Sans doute, l'Allemagne du septième au dixième siècle offrait un aspect moins sauvage qu'aux époques préhistoriques, où le droit des nobles sur ^propriété s'étendant sur d'immenses domaines entravait l'agriculture, bien loin de la favoriser. A partir du septième siècle, la vieille forêt commence à s'éclaircir sous la pioche et la hache des moines qui n'ont pour subsister que ^ que la terre produit autour de leur couvent. Charle- ^^e favorisa ce défrichement, qui servait sa politique, ®t» moyennant une légère redevance, accorda des terrains «ceux qui' voulurent les cultiver. Non content de protéger, P^8C8 lois et ses décrets, le travaU des champs et l'élève

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du bétail, il donna l'exemple lui-môme en établissant des fermes modèles sur ses biens domaniaux. Une ordonnance qui parut deux.ans avant sa mort, fournit de précieux renseignements sur rétat de ragriculture à ce moment. Il y traite des forêts, des prés et des terres ensemencées, de rélève du bétail> des soins à donner à la race chevaline, aux abeilles, et il descend jusqu'aux menus détails de l'horti-* eulture. Nous savons ainsi quels légumes et quelles fleurs cultivait de préférence le jardinier allemand au commencement du neuvième siècle : les roses et les lis étaient ses arbustes d'ornement; le fenouil^ le persil, le cresson, la citrouille, le haricot, etc., étaient les plantes qui Talioientaient. Il avait déjà des arbres fruitiers et plusieurs espèces de fruits à noyaux. Le vin, que les Romains avaient introduit, ne fut pas oublié et Gharlemagne, s'il n'a pas fait planter les premières vignes en Allemagne, les a du moins fort améliorées. Enfin le lin servait depuis longtemps à faire d'excellents vêtements.

Avec une culture meilleure de la terre, apparaît partout une amélioration de la demeure du cultivateur. L'architecture des maisons fut donc en progrès du temps de Charlemagne. A la place de ces cabanes sans fenêtres, faites avec des troncs d'arbre et de la terre glaise, s'élevèrent des constructions capables d'abriter un bétail nombreux et de suffire aux besoins de la vie humaine. Un domaine se divisa bientôt en maison d'habitation, grange et écurie pour les fermiers, et en maison de maître avec cave, salle de bain, grenier, écurie, étable pour les moutons et pour les porcs. Une aile du bâtiment était réservée aux femmes qui s'occupaient à filer et à tisser les étoffes. Tout le temps qu'elles ne consacraient pas aux soins intérieurs du ménage, elles le passaient la quenouille entre les genoux et le fuseau dans la main; les rouets ne furent inventés qu'au quin-

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zîëme siècle. Les princesses^ aussi 1)1611 que les femmes de paysans et de serfs, se livraient à ces travaux. Luitgarde, fille de Tempereur Othon et femme de Conrad, duc de Lorraine, fut une fileuse si adroite qu'elle mérita d'avoir une quenouille d'or sur son tombeau. Un historien anglo-saxon- Bèda, nous raconte que dès le septième siècle Fart de tra-* vaiUer la laine avait fait de grands progrès et que des re* ligieuses se plaisaient à tisser pour leurs amants de beaux vêtements, ce qui ferait plus d'honneur à leur dévouement qu'à leur chasteté. Tant que le costume conserva son an, tique simplicité, c'est-à-dire jusqu'au milieu du moyen âge, les femmes même les plus nobles ne dédaignèrent point de manier avec la quenouille, l'aiguilte et les ciseaux, et mainte poésie nous a conservé des scènes gracieuses où des princesses taillent de leurs propres mains les habits que leurs femmes coudront ensuite.

Le genre d'architecture usité à cette époque montre que les bâtiments étaient surtout construits en pièces de bois travaillé; les pierres et les tuiles étaient rarement employées. L'intérieur était formé d'une seule pièce au milieu de laquelle s'élevait une colonne qui supportait le toit. Bientôt on y ajouta des bardeaux pour la couverture et l'escalier.

On commençait pourtant à élever des constructions en pierre, même sous Charlemagne. Les palais de ce prince â Ingelheim, Aix-la-Chapelle et ailleurs, plusieurs de ses maisons de plaisance étaient de cette matière. Une de ces maisons comprenait trois chambres, onze cabinets, deux greniers et une cave ; elle avait deux vestibules et était entourée d'une plate-forme. Parmi les meubles on remarque dnq lits de plumes avec matelas, deux chaudrons en cuivre et six en fer, un candélabre de même métal, des nappes et des serviettes, des faucilles, des haches etc. En 895, la valeur d'une maison de plaisance était de douze schellings.

Il y avait quelque différence entre le système monétaire du Nord et celui du Sud. La livre d'argent valait chez les

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suons 12 schellings, tanxiis qu'on la payait 2a florins chez les 'Francs, le^Âlamans et les Bavarois. D'aillenrs le schelling d'argent et le denier d'or étaient des monnaies de ^ convention, attendu que Ton ne frappait que le florin en or et le denier en argent. Au* roi était réservé le droit de battre monnaie^ etnous voyons Clovis en faire frapper & son effîgie. Ce privilège fut plus tard concédé à des princes^ des barons, des évèques, des abbés et à quelques viUe». Autant qu'on peut l'estimer par approximation, le rapport entre la valeur de l'argent à oette époque et de notretemp»parait être de 1 à 40. Un exemple le fera mieur compren* dre. UnboBfut qui valait sdors 2 sehellings d'argent, se paye aujourd'hui 300 florins, ce qui porte le sehelling d'alors à cent écus d'à présentw

L'industrie et le commerce ont besoin, pour prospérer, de liberté civile, aussi ne fleurirent-ils pas' sous Charkmagne. Ils ne ooinfi[enoèrent à se- développer que sous les empereurs saxons. Toutefois il y eut, même sous ld»Garlo- Tiùgiens, de léger» oommenoements* Les moines, obligés pour subvenir à des besoii» qui croissai^it avec la civilisation, de confectionner de» produits indusMels, durent chercher à les écouler au dehors | ils pr<^t^ent des fêtes d'église pour organiser desioireset mêlerait, comme c'est la coutume du catholicisme, le spirituel avee le temporel. Nous ne songerions pas à les eu' biàmer^ s'ils ne 's'étaient livrés en même temps au commerce' des reliques.

Ces nombreuses^ réunions d'individus que le commerce attirait sur un même point donnèrent naissance à des cités qui se développèrent rapidement, telles que Bacdowik, Mag* debourg, Erfurth, Ratisbonne et Lorch. Cologne également, fut une de ces ancienne» villes de commerce; ^le serv^ùt dlntermédiaire entre le trafic du Nord et celui du Sud. Cest l'époque oA sortirent aussi de leurs ruines romaines^ Mayence, Trente, Augsbourg, Strasbourg, Worms, Francfort, Bamberg, etc. Charlemaffne aida aux progrès du com-

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meroe naissant, part «es expéditions contre les bandes .^ brifaiÉla.qui^lévastaknt le pays. Il lavorâa le Wan^ort des BHUsiiancyBes en faisant co^troiie ides ponts, en snppii&iant ou en réglant les droits de.^^éage que les nobles ^étaientartogés» La féodalité a^ait en effet ^oulu pro&er du commeiSBe aiaissant,floit en établtsiant dea péages aux ponts et aox gués, soit en se faisant payer par les marchands forains reecovte qu'on leur fournissait contre les pîUarâs et le?' voleurs,. dont anoune poliee.ne réprimait eneore. le brigaadage. ILest TOaLqu&leicommerce n'était encore qu'un modeste colportage on un sim{^ échange de produits entre naticms voisines. Partout .où.iL prit un plus large essor, il se trouvait entre les mains des juifs, qui, avec leur géme spéculateur^ s'étaient emparés du haut cœnmeroe et de l'industrie. En AUemagne, comme-dans les autrea luiys, cette race faeowfa, dans les spéculations ânandères une compensation à l'état d'oppression dans lequel on la tenait. On y appréciait d*ailleurs l«ir habileté dans les 4[Be8tions d'argent ; .les. rois.les prirent eous leur protectieiij'leuriacooBdèrent.plus tard le .titre âBcomeUlers de finances^ et les. chargèrent souTcnt de pereevcÂr lea contributions.

. La civiëtatioQ/ qui était ToBiuTre doifibatlemagne, périt presque complètement dans les. hittes de ses successeurs entre eux et contre les S^ves, les Nocmands et les vMagyares. Dès le règne de son fils, Louis le Débonnaire {814-840), phis digne de larobe de moine que delà couronne impériale, la décadence commença. Après des guerres impies, ses .fils se partagèrent la.jnonarchie. XiOthaire eut l'Italie, la Bourgogne et le titre .dSempereur; (Varies »le Chauve prit la France et Louis rAllemagne. Le traité de Verdun mit fin à l'indépendance nationale allemande.

En eiïéif les faibles et incapables successeurs de Gharlemagne ruinèrent eux-mêmes leur autorité en rétablissant la

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