DYNASTIES IMPERIALKS DE PRANCONIE ET DE SOUABE
Sans entrer plus avant dans Thistoire des Hohenstaufen, nous nQus bornerons à signaler la cause qui empêcha cette dynastie de rien fonder de durable. Pendant la période la plus florissante de leur règne, s'éleva la querelle des Guelfes et des Gibelins, qui allait bientôt diviser en deux camps hostiles l'Allemagne, puis l'Italie. C'est au siège de Weinsberg par Conrad III, l'ennemi des Guelfes, qui avaient voulu Tempôcher de monter sur le trône, que fut poussé le premier cri de cette guerre. Peut-être que Barberousse, avec son héroïque énergie, ou son fils Henri VI, avec sa rude brutalité, auraient pu arrêter à sa naissance une lutte qui menaçait l'empire d'un démembrement, s'ils n'avaient été eux-mêmes d'un tempérament trop aristocratique pour s'allier à la démocratie, que représentaient les Gibelins. Tandis qu'en France la royauté s'appuyait sur le peuple pour combattre les nobles et se rendre absolue, qu'en Angleterre la noblesse s'entendait avec le peuple pour limiter la puissance des rois et jeter les bases d'un gouvernement constitutionnel, les monarques les plus puissants de l'Allemagne usaient leurs forces à la poursuite d'une chimère irréalisable et ne tenaient aucun compte des échecs que les événements infligeaient à leur ambition. Au lieu de s'appliquer à fonder un royaume allemand, ils rêvaient une monarchie universelle et catholique, rendue impossible par la séparation de plus en plus tranchée des races de différentes nationalités. Le soin qu'ils auraient dû mettre à fonder un État national, ils le dépensèrent à vouloir soumettre l'Italie, dont ils foulèrent aux pieds les franchises républicaines et qu'ils rejetèrent dans les bras de la papauté . Barberousse fut si aveuglé par la poursuite de cette chimère, qu'il consentit à livrer le grand réformateur de Brescia au pontife, qui le fit mettre à mort.
Malgré les erreurs et les fautes des Hohenstaufen, leur:
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règne vît fleurir les arts et la littérature du moyen âge. Ils étaient dignes de cet honneur par leurs aspirations cons* , tantes vers une grandeur idéale, leur amour pour la viva* cité brillante des esprits méridionaux et leur soif de gloire H d'immortalité. Un courant magnifique de poésie traverse leur histoire et semble demander un Shakespeare qui la traduise dignement. Le degré élevé de puissance où parvint Frédéric !•' fit naître une prospérité matérielle, favorable à l'éclosion des œuvres d*art et de poésie. Les expéditions des Hohenstaufen en Italie mirent les Allemands en contact avec la beauté méridionale et corrigèrent la froide austérité de leur éducation monacale. Enfin les croisades donnèrent uti but religieux à l'ardeur guerrière de l'Occident et réunirent toute la chrétienté dans une entreprise commune qui allait ouvrir dé nouveaux horizons à l'activité industrielle et artistique. L'Orient prouva une fois de plus son inépuisable fécondité et versa dans la civilisation occidentale un élément nouveau d'idéal d'où sortit la chevalerie.
Il serait en effet superflu de chercher dans cette institution quelque trace d'origine nationale. Bien que la cavalerie existât en Allemagne dès le onzième siècle et que tout individu en état de s'équiper à ses frais pût suivre l'armée eu qualité de chevalier, il n'y avait rien de commun entre cette coutume guerrière et les mœurs de la chevalerie. Celle-ci prit réellement naissance dans le midi de la France et en Espagne et naquit du contact fréquent des chrétiens avec les musulmans. Ce fut le produit naturel de l'état florissant de ces contrées, du caractère ouvert de leurs habitants, de l'influence gracieuse exercée par la beauté des femmes du Midi, de la passion que l'on avait en ces lieux pour les légendes héroïques et les chants joyeux des troubadours.
Les croisades firent pénétrer dans l'armée les mœurs et le code de la chevalerie et donnèrent naissance aux ordres religieux de Saint-Jean, des Templiers, etc., dont les brillants ^ploits couvrirent de gloire la chevalerie militaire. L'esprit
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