‹ La société et les mœurs allemandesChapitre 5 sur 43 · PREFACE DR L AUTEUR XVII · texte numérisé non relu

PREFACE DR L AUTEUR XVII

effets déplorables : Tendurcissement de l'esprit et du cœur.

L'Allemand aime la vie de famillei mais dans le cercle intime du foyer, il oublie trop souvent qu'il est citoyen.

La flânerie d'auberge est une calamité en Allemagne, car elle accoutume la foule sans jugement à prendre de grandes phrases vides de sens pour de la politique et du patriotisme.

On ne s'est jamais refusé de croire à la vaillance et à l'esprit guerrier des Allemands; ils ont montré leur courage sur mille champs de bataille, mais n'est-ce pas une triste vérité qu'ils ont souvent versé leur sang pour des buts qui leur étaient étrangers?

Si la fidélité est encore une vertu allemande, que de fois cette vertu, dans la vie publique, s'est évanouie comme une bulle de savon !

L'énergie morale de notre peuple se trouve dans le travail et la résignation, dans la lutte pleine de sacrifices avec les besoins de la vie. Quelquefois, cependant, une colère terrible emporte la placide nature allemande, qui n'a pas réussi encore à vaincre l'amour de la boisson. L'Allemand se laisse aller alors à une fureur de bataille et de destruction qui rappelle son origine, — les forêts sauvages d'où il est sorti. A côté de ces accès furieux, il a des élans de compassion profonde, des prévenances pour les étrangers, de la douceur envers les animaux, et de la pitié pour les victimes du vice et du crime.

On trouve les mômes contrastes dans sa gravité et sa gaîté ; son caractère est mélancolique, et cependant il sait ôtre communicatif et jovial.

xviii prâfàob de l'auteur

L'Allemand a cela de commun avec tous les descendants de la race germanique, qu'il aime la nature et qu'il comprend 6e que sîgnefle le « plaisir du viti, de la femme et du chant. »

En somme, là oii il y a beaucoup de lumière, il y a également beaucoup d'ombre. Des flatteurs seuls ont pu essayer dé faire accroire que notre Allemagne est le rendez-vous de toutes les vertus ; celui qui a vécu parmi la classe qu'on désigne sous le nom de populaire, n'écoutera qu'avec un sourire moqueur ce que de Vieux idyllisies et de modernes chroniqueurs chantent et racontent sur la sincérité, la probité, la bonté, la fidélité et la loyauté du peuple allemand. L'homme se retrouve partout avec ses instincts, ses vices et ses passions. On n'est pas plus vicieux en Angleterre, en France, en Italie et en Russie. 11 n*y a que des radoteurs qui puissent nous complimenter encore sur hotre « parfaite et honnête bonhomie allemande. »

Ces remarques préparatoires faites, je puis commencer mon livre. Je désire que ce qu'on vient de lire prouve que, quoique profondément patriotique, mon Histoire de la société et des mœurs allemandes, n'en est pas moins impartiale.

J'ai divisé ce livre en tTois époques : le Moyen âge, l'époque d^ la Réformation et Fépoque contemporaine.

Je voudrais que Ton considérât comme une simple entrée en matières, l'antiquité, que je commence, bien entendu, à l'époque historique, — l'âge de la pierre, du bronze et du pilotis appartenant non à l'histoire, mais à l'archéologie,

PRéFÂOfi DB L'aVTBUB %IX

J'aurai à dire des choses douloureuses, humiliantes et terribles, mais je raconterai également des faits consolants et glorieux. J'écris les uns et les autres avec l'expression sincère de la vérité.

Jobàrrès Sgherr.

VT LRS

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