‹ La société et les mœurs allemandesChapitre 6 sur 43 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

TBMPS PRIICITIFS BT M07BN AGB

LBS TEMPS PRIMITIFS

Aspect dn pays. — Race, patrie et noms des Germains. — Lear attitude en face de Rome, dont ils secouent le joug. — La Germania de Tacite. — Population et tribus allemandes. — Leurs armes; guerres, chasses et fêtes. — Élève du bétail. — Colonisation. — Le costume, les femmes et la religion chez les Germains. — Instruction religieuse dans les contrées du Nord ; culte rendu aux dieux. — Oracles. — Poèmes et légendes. — Rapports sociaux et politiques. —Administration de la justice, — Crémation et sépulture.

Un merveilleux speetacie s'ofbre à nos regards, lorsque noire pensée revoit la Germanie, telle qu'elle était, il y a ^ax mille ans. A nos yeux, se déroule un sol immense couvert de forêts que dominent par intervalles de hauts plateaux montagneux et boisés, et que sillonnent de larges

LA SOCIETB BT LES MŒURS ALLEMANDES

torrents dont les «aux bruygintes roirient vers les côtes désertes de rOcéan. A peine, si de loin en loin on distingue, perdus dans cette immensité, quelques groupes d'habitaûons humaines, trop rares pour animecle paysage et ronapre la mondtoiiie de ee désert sans^ bornes, dont kt vue.exdte dans les âmes une terreur respectueuse.

C'est daas ces vastes contrées, ^ régnait le rude £t ..glacial climat du Nord, que nos aïeux et les animaux féroces se disputaient la possession du sol, c'est là que l'aurochs redoutable luttait contre Tours velu. Les antiques légendes nous ont conservé le souvenir de cette vie primitive et sauvage.

Pénétrons dans les profondeilrs de ces vieilles forêts. Nous y découvrirons jin peuple divisé en tribus nombreuses, comme Tétaient, il y a peu de temps encore, les populations du Caucase, avant d'ôtre4)rivées de leur indépendance. A cela rien d'étonnant : la similitude des climats devait produire la ressemblance des usages et des mœurs. Aussi les tribus Adighé du Caucase, avant que la Russie les eût soumises, détruites ou exilées, reproduisaient-elles exactement Torganisation sociale des premiers Germains. Leurs quatre castes ou classes des Pschis (chefs), Usden (nobles), Tschfokolts (paysans) et Pschilt (esclaves), répondaient aux quatre divisions des castes ^Tmêxàqaesnobiles^ingénm, liti^ servie

L'origine du peuple allemand se perd dans la nuit des âges. C'est en vain qu'on a essayé de nos jours d'en dissiper l'obscurité, à chaque pas, un nouvel obstacle arrêle les recherches. Seule Tethnologie comparée a pu fournir quelques lumières et nous permettre de jeter un peu de jour sur la ^e de nos premiers aïeux. Grâce à elle nous savons que les Allemands sont une des branches de la grande famille indo- germanique à laquelle appartiennent les Ariens de Touest ou Indiens, les Ariens de Test ou Irans, les Hellènes, les Italiques, enfin les Slaves, les Celtes et les Germains. !1

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laut donc plaeer la demeure primitive de nos pères dans le massif des montasses de l'Asie Mineure, là où s'élève le Paropamisas ou Indoukousoh dont les aeiges étemelles alimentent Tlndus qui coule au sud et TOxosy qui se dirige y&s le Bord. La raee aHexsasde dese^vd évidemmEent des moii^^ites da' Gaocase.

De nombreuses preuves eonfirment cette parenté avec la race arienne, «ntre autres t des langues dont les racines sont communes, la môme ieiç&a idéale de ^concevoir le monde, de fréquent9Ta]^^rts entre la religion et lesmœors des deux peuples, enfin l^alogie étroite q\xe l'on découvre entre les légendes des h^os de Flnde et de ceux de la Germanie, mtre l'Indien Kama et l'Allemand Sigfrid.

A quelle époque la brandie germanique s'est-elle détachée du tronc arien? A cpiel moment de Thistoire nos aïeux descendirent-Us du plateau de l'Asie pour se répuidre en Europe? On ne saurait le dire avec précision ; on ne peut sur ce point établir que des probabilités. La séparation a dû se faire avant l'époque où les Ariens passèrent de la vie nomade et pastorale à la vie agricole et sédentaire. A l'appui de cette hypothèse, nous indiquerons l'exacte ressemblance du sanscrit et de Fallemand pour la plupart des mots qui déëgnent le bétail. Ainsi le nom de bœuf est en sanscrit WBon, en allen^ffld oseA^e, celui de la vache est en sanscrit gôy en allemand kuh. Le porc s'appelle mrâka dans la langue sanscrite et baraoh en vieil allemand; l'oie, hansa en sanscrit, gans en allemand; la brebis, avia en sanscrit, (moi en vieil allemand. Mais on ne* rencontre plus entre les deux langues la même concordance, 'lorsqu'on passe des termes de la vie pastorale à ceux de Tagriculture.

Or, comme Tart agricole ne s'est développé chez les Ariens de rinde,et de la Perse que vers le douzième siècle avant l'ère chrétienne, ce dpit être vers ce temps que les Germains prirent le chemin de l'ouest. Inutile de chercher à établir des rapports eaitre leur émigration et celle des Hel-

lènes, des Italiques, des Slaves et des Celtes. Ce que nous savons c*est que les Hellènes et les Italiques se fixèrent au sud de l'Europe, les Celtes au centre, les Slaves à Test et les Germains au nord.

La dénomination de Germains leur fut donnée probablement par leurs voisins les Scandinaves, à cause de leur manière de combattre. En effet ger^ en vieil allemand, signifie javelot, d'où germani, hommes à javelot, hommes d'armes, guerriers. Nous ne prendrons pas la peine de réfuter l'erreur de ceux qui font dériver ce nom du mot latin germanus^ non plus que l'opinion qui le tire du mot celte gairm ou garm, qui signifie bruit. D'après cette dernière version, les Celtes auraient ainsi nommé la tribu germanique des Tiingiens avec laquelle ils étaient en guerre, à cause des cris que ceux-ci poussaient dans le combat.

Le vrai nom national de nos ancêtres était celui de Teutons, qu'ils tiraient de Teut ou Deut, père mythique de leur race. C'est d'ailleurs le nom qui exprime l'idée de Dieu dans les idiomes indo*germaniques (Deva, Daèva, Deos, Deus, Diewas, etc.).

Quelques-uns voudraient faire venir ce pom de Deutsch (en vieil allemand diot), de diet qui signifie tribu, partie d'un peuple. D'autres le tirent de diutan, dans le sens de désigner, rendre intelligible, mais ces dernières étymologies n'ont aucun fondement.

La langue allemande n'apparaît dans l'histoire que longtemps après la langue romane, et il faut descendre jusqu'à l'an 813 après Jésus-Christ, pour rencontrer une première charte où il en soit fait mention. C'est au dixième siècle, sous Otto le Grand, que le nom de Teutonici, Teutones, est appliqué aux tribus allemandes. Ce prince est le premier qui soit désigné sous le titre de « Rex Teutonicorum», roi des Teutons.

Selon toute probabiUté, les Germains, après avoir quitté leur berceau asiatique, s'établirent d'abord dans la Scandi-

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Bavie, où leurs usages se sont conservés plus longtemps que dans rAllemagne même. De là, ils se portèrent peu à peu vers le sud. L'invasion des Gimbres et desTeutons, qm franchirent les Alpes environ cent ans avant Jésus-Christ, est due à ce mouvement d'extension. L'Italie^ cette fois, fut défendue par l'adresse de Marins et la sévère discipline des légions romaines. Mais elle put voir dans cette première tentative comme nn présage avant-coureur des expéditions redoutables que les Germains devaient diriger contre elle. •

A cette époque, l'histoire de Rome est celle du monde ; la dé£sdte de nos ancêtres n'en est qu'un épisode. Toutefois, cet événement a lieu lorsque déjà les dissensions des partis ont ébranlé l'édifice fondé par les armes et la politique du Sénat. Les Romains ne combattaient plus alors pour renverser la monarchie ou pour fonder la république, mais pour aboutir à un pouvoir absolu et tyrannique.

Marins et Sylla exercer eht ime autorité souveraine et despotique. Après eux, la guerre de l'indépendance italienne (71- 73 avant J-C), et la conjuration de Gatilina mirent à nu les plaies de la république. La lutte des triumvirs prouva que la liberté ne peut régner sur une terre d'où ont disparu le patriotisme et la pureté des mœurs, et que la république est impossible en l'absence des vertus civiques. Jules-César; après la défaite de Pompée, son rival (48 ans avant J-C), fonda le gouvernement impérial. Son assassinat par les derniers défenseurs de l'aristocratie romaine, ne sauva pas la liberté d'une ruine inévitable et la défaite de Brutus et de Cassius à Philippes (42 ans avant J.-G.), détermina k triomphe de J'empire au profit de l'adroit Octave, qui s'é- ^t débarrassé d'Antoine après la victoire navale d'Actium. Le titre d'Auguste, qu'il s'attribua, déclarait nettement que tout le pouvoir du monde romain était maintenant concen* tré dans une seule main. Mais pour affermir la monarchie et faire oublier aux Romains la perte de leur liberté, il fallait fournir un aliment à la soif des conquêtes qui de tout

LA SaOlETKi BIVLn WOBIMB' AIMÊMM^BEB

t&mps lee^vait dénrofés; Dtsttaire^iè peu^^Ie^ dÀ' ses^ affaires* iBlérieiire6*6B[ Tocoopaiit^aa dèhierfr^ tdie ftit la politîqu»' d'Auguste, politif»»^ qa»> allait mettre^ Rome* aux {rnsesavee la Germanie. Défà'Jtdés-Céâas^ pendairt son gourerne*' m^t dans la Gaul«v' a^t • essayé d'asserrir l'Allemagnev Ubl- Yoie qu'il avait iTa^éeflU^ suivie pas» les^apitaines d'Auguste, eties'légfOQSi'roiBaiiieBs'^ti^^dittUu sud'et'à rouestdupays^gepinam. Elles y portèrent lé" gétûe colonisateur qu'elles avaient déployé sur les bords de la Oolchide, dàns^ les. marais du Nil, aux déseptS'^l^ la Nunûdie^ es Bspagne et dans les bois^saarés delà Gauler

La supériovilé morale de la civilisation romaine sur la barbarie de rAlkmagne rendit cette' <ionquète facile, étales progrès en fnarettt tsr rapides ^que l'Ouït croire au proehaio. asservissement rdSitouÉ 'le pa3rs» oecupé^par nos^^ancétpes* A travers les forêts germaniques^ la> hoche dès oonquéreuits,^ que n'arrêtaient jui laiargeur* des* marais m rbbstacle* des bois impénétrabteytca^'de' vastes rooteBqiDTeMÂient entre elles les colomesTOcnasnes. PouraclMverlaeonfiBesion, l'on étov& des fortifications (Castra) et' des tours, os construisit des- villes, on établit le gouvernement romai», la justiee romaine, et les vaînous^nreni pariepla langœ du conque^ rant. û'ailkurs, Rome «rait trotivô des complices dans la tralHsoûf et la lâcheté' des cheês allemsmds qui, pour la pliF> part, s'allièrent aux envcdiisseurs et contritoèrent à soumettre' leur patrie au joug* de l'étranger. Les fild ies fanûllds les plus considérées ne rougirent point de s'enr61er sous le drapeau de Rome et acceptèrent comme un hoosieuF le titre de citoyen roBiain; Tout senrilDlait donc assurer^ 1^ triomphe defRome sur la Germanie. Mais on n'étouffe pa^si faseiy iement le fier instinetde la lii>ertè cher un peuple- vigoinreia qai tient à l'indépendance' et aux usages de la patrie. Les Gomains se révoltèrent bientôt contre un despotisme qui

TEims Fmnisnw bt^motek Aor

siqDpriraait leor kDgue^' leurs nuuars^ et 'learrefigiMEi. Leur socdâvcflieiit fat haMtemmt exdté et dirigé pai^^ Acmûûxis (Hccmaim, noble), filB'd»Segimer^ g^èètaid àlatèled'ane paitie de la. triba dè8<âi^asqite8^ Le deseeâietl^amiDètioB d'Arminius étaient de réunip les diverses fractions de l'Allemagne en faiseean qm'iJuopposeraît à.la âoaônatieao romaine. A la tête des tribus qu'il a^ait ralliées, il remporta duis la ïorét de Teutoboorg mi» Tiotoire^s^aaléesur trois légions ronaaitosB (& aàa après J^Gh.) cosunaadéeapar Vmius. Ce premier exploit htt saiyi d'antres siiiseè3'<l9<47 ansapièa J.-Cb.) qui firent d'Armiaîii&lec sauveur de* notre existence nalionale. Get génie supérieur; avait deviné que le mal dont soBÉEraimit les Germains deimis les temps les. plus reculés n'était autre que la division de leurs tribus. Averti par ses victoires de Timportanoe de Toniéé allemande, il entreprit deppé^reoir le dé|nMni»«iiiBnidu.pay8 en réunisscmt toutes les peuplades geffmainesen une i^ation unique» Cette idée d'umté a toujours en. ses apôtres^ mais die a fait beaucoup demartyrs^ Hermann fui le premier; assassiné par sa propre fam^le, il périt victimetderégdteme des gginees attemands, inoiqgkbles de ecmipreiidreiSa^ grande, idée et qui Taecusèrent d'aspirer à la tyramûe. Dès cette époque, il ne manquait pis chez, nous de prineee qoimaient que l'on menaçait la liberté aUenaande, toute» les f(»s qufil s'ag^sait de sacrifier leiB. intérêt ou celû de. Isar dynastie au triomi^e de Viknilé.

Lsu levée de beueHeis, commaadéet pas AdnninittSy encouragea partout la^résistance et^i^itèt rAUamagne du Sud prit les armes à la voix de CiviMs<69-71 .ans après J,-Cb-). Mitlgpré leurs succès, les Romains dès lors w se firent iplus d'ilhision eur la durée de. leue coBbqaète et comprirent que \em àùanimsLiiQa aarait-oref u une atteinte mortelle^ Les victoires ren^iortées pas Julien vers le milieu du quatrième siècle après J.-fCb. suc les Francs et les Allemande, furent le dernier éclat de la puissance romaine dans, ces contrées-

Désormais, les rôles vont changer. Les Germains, devenant agresseurs à leur tour, pourront satisfiaire leurs passions ; ils descendront en conquérants au sud des Alpes et devant leur mur d'airain tombera ce qui reste du vieil empire ro-' main.

Il s^ra temps de nous étendre sur ce sujet, quand nous traiterons des invasions. Revenons à l'antique Germanie et tâchons de préciser l'état où elle se trouvait avant la conquête ronudne. I^es historiens et les géographes latins, dédaignant les récits légendaires que faisaient les ignorants sur ces contrées humides et sauvages du Nord, ont étudié de prés le pays et ses mœurs. Leurs travaux sont l'unique source de l'histoire allemande à ces époques reculées qui n'ont laissé ni document historique ni traces de langage national. 11 faut consulter surtout César et Tacite. Le premier a mêlé à son histoire de la conquête des Gaules des épisodes qui ont trait à la Germanie. Le second, non-seulement a cité à la rencontre les faits qui regardent notre pays dans ses deux grands ouvrages, les Histoires et les Annales^ qui embrassent deux périodes de l'empire, mais il a fait de la Germanie une étude profonde dans un ouvrage particulier où il traite des mœurs et de la constitution de nos ancêtres. Peut-être ce grand historien n'a-t-il voulu que marquer le contraste entre la civilisation corrompue de Rome et la saine vigueur d'une nation à demi barbare? Mais celui-là tomberait dans une étrange erreur qui n'attribuerait à ce livre que la valeur douteuse d'un essai moral. Né dans la seconde moitié du premier siècle de notre ère. Tacite a pu étudier sérieusement l'Allemagne et son livre est marqué au coin de la vérité. Il est sévère dans ses jugements et ne dissimule en aucune façon les côtés sombres de son sujet. Une réserve pourtant est à faire. Quand l'exposition des idées religieuses des Germains contrarie la mythologie grecque ou romaine, le grand historien se permet quelque inexactitude. Partout ailleurs, nous pouvons le suivre en toute confiance.

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Le premier point à établir, lorsqu'on veut se faire une idée exacte d'une société humaine à un moment donné, c'est de savoir quel est le nombre d'individus qu'elle comprend. Ici, malheureusement, nous n'avons aucun document qui puisse nous édifier. L'Allemagne a subi depuis deux mille ans une transformation complète, résultat de la culture et des événements; il est certain que l'étendue du territoire qui nourrit aujourd'hui un million de paysans ne suffîsait pas alors aux besoins de cent mille chasseurs.

L'émigration helvétique contre laquelle César eut à combattre pourra nous fournir une donnée approximative. Au dire de l'historien, le nombre total des Helvétiens de tout âge et de tout sexe s'élevait à 368,000 personnes. D'après cela, nous pouvons accorder à l'Allemagne de ce temps un demi-million de jeunes gens et d'hommes valides. On ne trouvera pas ce chiffre exagéré, si l'on songe aux innombrables masses guerrières qui sortirent de ce pays, quelques siècles plus tard, pour marcher contre l'empire romain.

Quelle que fût d'ailleurs la population de la Germanie, elle ne formait pas un ensemble uni et compacte. L'homme libre aimait à rester isolé dans son enclos, comme encore de nos jours le paysan de la Westphalie. Les tribus vivaient séparées les unes des autres, et cette tendance était si bien dans les mœurs qu'elle a contribué à la division de l'Allemagne en plusieurs peuples. De tout temps la vie domestique a été un obstacle à la vie politique. De toutes les races germaines, seul l'Anglo-Saxon a su concilier en lui l'homme privé et le citoyen.

Tacite a signalé dans son livre cette ancienne division des Germains en tribus : « Dans les vieux chants populaires, ^t-il, qui sont leurs uniques annales et documents historiques, ils chantent la gloire du dieu Thuisto, fils de la terre, et de son fils Mannus, qu'ils regardent comme les ancêtres et les fondateurs de leur peuple. Ils donnent trois fils à Haanus, d'où les Germains tirent leur origine. De là vien-

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n^t les IngavoiK, qui habitent le littoral de la mer; les Hérmianes, qui occupent le centre; le reste est connu sous le* nom d'Istavons. » L'historien cite enc^e le^nomr des tribus foadamentalesj les Marses, les Gamhiriens, les Suèvet^ et les Yaadales . De son <36té, Pliao^ Tiaiiïeien parle d& cinq grandes: branches primilives, les Vindilî^i»^ les Ingavons^ les Isla^vons, les Hermioiits et les Peoeinses; Impossible de- dé^ teanmner eKaeèenieBt It^igtne. première dé' ces tribus, lésisavants ne sontpas-d'accord encore sur c© point, commesur tant d'^autresv D^ailleurs, ces branches isolées et continuell6meolieatg<aenre^ntre elles, ne se rapprochaient qu'à' riyeure d'un grand danger; elles n'avaient de communs que la? laiigue, lesm>œfiFS et les idées religieuses.

César ne cite que- trois cas où les Germains se réunirent coQtre Fennemi commun : la fédération des Suèves, celle des Chérusques-de l'Allemagne du Sud et enfitt celle des- Marcomans du Nord sous la conduite de Mârbod.

Les Bataves occupaient la partie sud du- Rhin ; plus au nord, sur les deux rires dafleuve, on rencontrait les Ubiens (pcès de Cologne), les Tréviens (près de Trêves), les Nervrens (dans le Hennegau), les Vangiones (près de Worms), les' Némétres (près de Spire), Us THbokiens (en Alsacey, etc.

Entre le Rhin et FElbe, se trouvaient les Dattes.

Il est probable que les Dulgft^ns et les Chamaves, cités par Tacite^ habitaiefl* le littéral entre le Weser' et l'Ems. Les côtes de la mer Baltique étaient occupées par les Rendes et les Frisons; ceKes de la mer du Nord, par les Chauques et les Frisons; près de l'Elbe, les Saxons bornaient leeiÂ^nglee, situés un pewi^tts vers-l'ouest. Les Longobards a.v»ient le distriet du Danube allemand e^les Mareomans^ la BohèmCw Phïs*au sud du ôeuve, les Quades; en Silésie^ les^ensones et les Bourguignons; entre là^ Yistule et la Bregel^ les Gothsi Une fédération de trib%» entte l'Elbe,- là* "V^stule et la Baltique, con«ue soos' le nom de 9aèV«s', s'étendit plus taird vers rAltemagne du Sud; où le nom de

imero PRUfttTlFS KT MOTEN AÔB 11

Soaabesestrftnonyiié eaeooredft ooe joivs. Les. limites entre ceairiiNsi.soat iOicectaiQes; elles ichaa^èreot d'aûlkurs soa-*- TfiBtde pia6& danaieiurs^siigratioas sBOoessÎTes.

Les dateurs stfioienft.aUribueiU, d'un mutuel aecord, au pmiple germain, des haJxftudes pAiticuliàres^ au physique et aftmorai. Taeitele^lone» surtout d'êtee ufietuaticm «ans mélange^ qui n£ ress^nbla àv^aucuoe auèrei(propnam et sinoe^ rtmet Umiumsui similem. gentemex^titissé).

Une taille élevée, des membras souples et nenreux^ des ye«z d'un bleu vi£,. des cheveux d'un blond amienl, une attore libre et déteraûnée^ caraetérisai^it cetta race*; de mAtna. qu'une braTOUoe p(aussée jusqu'à la. futeuv (furor teutcmicui) qui épouTautft loo^^nps les Romains. César, dai^ sa relatioA d» la^ gtoerre^ contre Adaviste ( de Belh galUcûj I, 80) parle aussi de la terreur qu'épro&yaÂant les Romains à leur première< rencontre avee les AlleoMnds. Nous aYons vu^mèm^d» nos jours l'effot désastreux que produisent les •<( cœurs de fer aUemands » (cuori di ferro} sur lea trouas italiennes.

Faiblement armés, car la seience des mines et des forges était inconnue à.. nos ancêtres j' ils surent néanmoins, par lenrs attaques imi^étueuses^ renverser les légions romaines. Ils n'avaient pourtant d'au;tres armes que leurs arcs ou des javelots à pointe de fer dont ils se servaient de p^ès comme de loin. Couverts d'une légère tunique, rarement de cuirasses ou. de boiLcMers, ces hommes, endurcis à braver le froid et laiaini, marchaient hardiment au combat. Quoique leur force {^ineip^fût dans l'infanterie, ils. avaient aussi des chevaux et s'en servaient quelquefois à laguerre. Leurs rangs de bataillatétaient en. forme de coin. Prendre la fuite, étaient une honte ; abandonner ou perdre son bouclier^ un défhoaaeur. Le deoit de 'porter les armes était le privilège et la gloire de l'homme libre, dès que la commune réunie l'en avait déclaré capable. Cette déclaration lui donnait ausûle droit d'entrée et de vote dans les assemblées. Quant

au choix des capitaines, on prenait le plus brave de préférence au plus noble. Ses compagnons devaient suivre soa sort, et nul ne pouvait, sans être déshonoré pour toujours, revenir d'un combat où son chef avait succombé. Gelui-d donnait à ses soldats une part da butin, des armes et des chevaux qui lui assuraient leur dévouement. Le faste et la dépense n'étaient entretenus qu'au moyen de la guerre et du pillage ; aussi chefs et soldats étaient-ils dévorés de la soif de combattre.

En dehors de la guerre, la chasse était seule considérée comme une occupation digne de Fhomme libre. Le reste du temps se passait dans la paresse et les festins, où se développèrent rapidement les vices favoris des Germains : le jeu et l'ivrognerie. Pour nourriture, ces peuples avaient des fruits, du gibier et du lait caillé ; la boisson la plus aimée était faite avec du froment ou de l'orge fermentes, ce qui lui donnait quelque ressemblance avec le vin corrompu, ainsi que le dit très-bien Tacite : In quandam simi^ litudinem vini corruptù Voilà la première mention de cette liqueur nationale, si transformée depuis et qui, sous le nom de bière d'Allemagne, a fait le tour du monde.

On passait, dans ces festins, les jours et les nuits, et il s'y engageait des querelles et des combats qui souvent allaient jusqu'au meurtre. Échauffés par la bière, les Germains jouaient aux dés tout leur avoir et même leur propre liberté. C'est dans ces repas que l'on discutait les affaires d'importance, les réconciliations, les mariages, les traités de paix ou les déclarations de guerre. La grande vertu des Germains, l'hospitalité, s'y développa dans toute sa grandeur. On y vit naître aussi cette danse, chère à nos ancêtres, où les jeunes gens, dépouillés de tout vêtement, se bsdançaient gracieusement entre des glaives et des piques.

Les troupeaux composaient toute la fortune des vieux

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