‹ La société et les mœurs allemandesChapitre 7 sur 43 · TEMPS PRIMITIFS ET MOYEN AGB · texte numérisé non relu

TEMPS PRIMITIFS ET MOYEN AGB

Germains. La culture du sol^ abandonnée aux Tieillards et aux femmes, ne donnait qu'un peu de blé, seule production connue dans l'enfance de l'agriculture. En lait de commerce, ils échangeaient leurs brebis et leur bétail, les armes et les chevaux; ils ne connurent Fusage de Tor et de l'argent, ou du moins leur valeur vénale, que du temps des Romains.

Tout progrès était impossible avec un tel système de colonisation. Chaque Germain ûxait sa demeure près d'une source, d'un bois ou d'un pâturage. Avec de la terre glaise et du bois, il construisait sa grossière cabane. A peine si Ton pouvait deviner leur goût futur pour les beaux-arts dans la manière dont ils blanchissaient les murailles de leurs maisons. En hiver, la plupart cherchaient dans les cavernes un refuge contre le froid.

La cour de chaque maison était entourée d'une clôture, ce qui lui donnait l'aspect d'une forteresse ou burg, coutume germaine dont le sens se retrouve dans l'adage anglus tt My home is my castle ! » Un village se composait de maisons disséminées sur une vaste étendue de terrain et non groupées et disposées en rues. D'ailleurs, les Germains éprouvaient une véritable aversion pour les villes, dont les murailles semblaient gêner leur liberté individuelle. Lors des guerres de CiviUs, les Teuctères, avant de s'allier aux Ubiens pour secouer le joug de Rome, réclamèrent la destruction de Cologne, fondée par Agrippine, sous prétexte que cette ville était une forteresse de la servitude et qu'on perdait dans ses murs l'habitude de la bravoure.

Simî>le et grossier était le costume des Germains. Les pauvres n'avaient qu'un manteau de peau de béte ou de coutil, retenu sur l'épaule gauche par une épingle ou une épine. Un peu moins primitif était le vêtement des classes aisées. Si nous en croyons quelques auteurs, il consistait en wie tunique courte à manches, serrant la taille, et en un nianteau de peau ou de fourrure. Les femmes portaient

14 LA 900ISTÉ 1£T LES MCBUB9 ALLSHAMOES

aussi ce mantéai^ sat m»= longue robe saas manehes, qai laissait à iki les bras, les épaules €t le haut de la poitrii^. A|outofis à ce costoOK une ceintore, et yons^ureff le Tètemmit des Gemains, t^ qu'il se conserva jusqci^aa moy^r âge. Dès la plus^iaute antiquité, les guemers^ avaient cos-^tume de se couvfir la'tèté d'une pean de béte' féroœ; afin d'effrayer leurs ennemis dans le combat. On ne peut dout^ cepemiant que le coi^ct des Romains n'ait mo(tifiè len^ostune et les armes ^des Germains; d'autant plus qu'il j avait eirtre les deux nations une certaine'imalo^e dans la^ma*nière de se vètirt

Ce que nous «onsaissoDs le mieux des meeiEPs de noe an^^ cêtres, ce soot les rafypopts q«i existaiaEit ent9e< les dêfo.sfôces et la sitaatk>ii faite aux femmes, situalicHi'bien supé«rieure à ce qu'elle fut dans le haut moyen âge. It est bien vrai que, dès les temps les plus reoulés, nofr^eux n^avai«nt qu'une médiocre estime pour le rôle et la valei? de la femme. La naissance d'un garçon était bien plite agrésMe que ceHe d'une fille, et ce sentiment n'a pas dispaiu même de nos jours. On trouverait dans l'histoire' de nombreux* traits de la dure -brutalité des Germains envers le sexe. Ainsi, lés Frisons comprenaient leurs femmes dans les niBTchandises qu'ils livraient en tribut aux R^wnains. Cependant, tandis que le Grec artiste et le pratique Romain regardaient la femme comme uiie esclave, et une esclave impure, à l'ombre des forêts de la Germanio^' grandissait le> respect quo Ton avait pour elle et» qui fait vraiment bon-neur à Tidéalisme allemand. Avant tous les' autres pénibles, les Germains ont reconm l'inlluence de la femme dax^ l'histoire et lui ont accordé le- rang qu'elle doit tenir dans 4a société. Ta^e rapporte qu'ils la considéraient comme un être prédestiné et saint, qulls coneullaientavec respect, et dont ils suivaient les avis.- L'exen^le de> Y^Ma nous prouve l'asc^dant prophétique exercé pair les femmes à certains moments. Cette jeune fille de la tribu des Bnio-

TEBfiPS PRIlHTnra KT.MOTEK A6B 15

t^»s dirigeait les^£rdnBaiB& dass- leur liitt& contre Vespa^ siea et oonseillaii CdyâiB^ qui lui fit hiwinagei^des trophées ds.lagu«rre. Mais nous esplûqmroBS pkis loiifcce rôle de prêtresse s^trihaé^aux femmes.-de laD^uMOÎe. .

A ne consultée qi£& laB-aoBcensnoma de femmes dans la Tîe^ Allftmagnft, ORdevine la véaératkm dont elles étaient entourées. Voici quelques-uos des pkis usités : ^konea (la belJbi^ Berohrta (laQhrillaiie)^ Heidr (la. sereiiM), liba (la ym^ Swindai (la Ieste)^.etc. On en composa d'autres plus tard avec les mots VfiZy.hlam, Sraiitxwit, heàir rtiyormant (Adâ^it, Adélaïde)^ ete. L^s feomies* se' montièrast dignes de ces noms gloûeux et^ sa distiztgnèrent par^ lemr chasteté aila&tqae les honmies! peffilâur^br&voœsei Blendes Testâtes aux yeux hàenB, elles} appofftaMoÉ à leurs maris use virgixdté sans taehe^ et si quelqu'iare avait souf^t la moiiid]^ attente à sa vertu, elkà' ne trouvait pas d'époux cem{daisanÉipou&:r^aveF^c faHÉei'. i¥auvjm<( nom géiràrique.donné àla feonaev indkpsie Teslnne où on les tenait, car laiifeminei vertueuse est réeUeisent lajoia et Thonoeuir dafoycr.

D'ailleurs^ on attendait pour le mariage la matufl^ité du corps et celle deJ'esprit^ et il ne s'^oi ccHilvactait pas avant Fàge de vingt ans. Le jeune* homme ofSraii'des {nrésents à la famille de sa fiancée, et achetait pour ainsi dire la jemie fille. Celte formalité ne fat 'bientét plus qu'un symbole destiné à affî[*anchir la fiancée de la tutelle de ses parents pour la raettre^ sous la protection de son m«n. Ces présents étaient un cheval hamaehé, unbowclîa?, un ceisvlaroii? «t uae^ée. De^soncôté, lafianeéé'^pfwptaiff'de&^armes et des meubles dans la maisontoù é^- enti^ait. Elle n'avait pas (Fantre dot, le» femmes 'étant exelises dS' la prof^riété du solvUi^ des preuvee de la supériorité d«' mariage germain sur celui des anftves nations barbares^ (^estr la monogamie. Uest V9ai d'ajouteriiue les riches et les nobles se permet» tlâent le luxe dcpkisieugfôconcuMnes. On était sans {^tié

pour la femme adultère. Son mari avait, le droit de la dépouiller de ses vêtements et de ses cheveux en présence de sa famille, et de la chasser de sa maison. Dans le cas de flagrant délit, la loi Tautorisait à tuer ]a coupable ainsi que son amant. Il n'est pas rare de rencontrer dans l'histoire du moyen âge des exemples de femmes enterrées vivantes avec le complice de leur adultère.

Aux âges préhistoriques, la mort même ne brisait pas le lien entre les époux; la femme devait, sous peine d'infamie, comme cela se pratique encore dans Tlnde, suivre dans la tombe son mari défunt; cet usage se conserva beaucoup plus longtemps dans le nord que dans le sud. L'historien bysantin, Procope, prétend qu'il était encore en vigueur chez les Hernies au cinquième et au sixième siècle de l'ère chrétienne. « Les portes de l'enfer, disait-on, ne frapperont point les talons du mari que sa femme aura suivi dans la mort. » Aussi voyons-nous, dans la Saga, Gunehild ne pas survivre à son mari. Saxo-Grammaticus, après avoir raconté ce fait, ajoute que ce peuple en fit un grand mérite à la fidèle épouse. De même, suivant le mythe, Nanna fut brûlée avec son mari; Brunehild se suicida pour ne pas survivre à son fiancé Sigurd, et, avant d'expirer, elle flétrit la conduite de sa belle-sœur, qui avait refusé de suivre son exemple.

Le vieux chef de famille était fier de sa nombreuse progéniture, et il eut regardé comme un crime de limiter le nombre des enfants; mais en revanche, on étouffait impitoyablement ceux qui naissaient difformes.

Un des crimes les plus sévèrement punis était le viol et l'enlèvement d'une femme. Compagne fidèle de son époux dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, elle le suivait parfois aux combats, préparait ses aliments, lui apportait à boire et à manger et réchauffait son ardeur guerrière. On cite plusieurs cas où les femmes, voyant les Germains lâcher pied, leur représentèrent l'opprobre de la défaite et

Page 1