‹ La société française pendant le Consulat (volume 2)Chapitre 9 sur 53 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

succès de Coypel s'évanouit bientôt ; il n'y a que Boucher qui puisse plaire. A ce moment-là il est le peintre à la mode, le peintre de ce monde, qui ne pense qu'à l'amour, au plaisir, à la satiété des s«ns. Et il donne à ses bergères la grâce des prostituées ; à ses déesses, l'effronterie des comédiennes. Son imagination s'est dépravée à la fréquentation des coulisses de théâtre, mais il plaft tel qu'il est, et parce quil est tel. Sa couleur est grise, fade, sans éclat. N'importe I elle s'allie au ton laiteux, épandu sur les murailles des boudoirs. Et que lui font les idées d'honnêteté, d'innocence, de candeur ? Elles n'ont plus d'asile dans l'âme de ses héroïnes. Les bergères sont toutes prêtes à se donner, à s'étendre dans l'herbe. « Dans la multitude d'hommes et de femmes qu'il a peints, écrit Diderot, je défie qu'on en trouve quatre, de caractère propre au bas-relief encore moins à la statue. Il y a trop de mines, de petites mines, de manière, d'afféterie, pour un art sévère. Il a beau me les montrer nus, je vois toujours le rouge, les mouches, les pompons, et toutes les fanfioles de

la toilette Toutes ses compositions font aux

yeux un tapage insupportable: C'est le plus mortel ennemi du silence que je connaisse. Il en est aux plus jolies marionnettes du monde ; il tombera à l'enluminure. >

Page 1