‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 10 sur 144 · Massoii, Bonaparte et sa famille, p · texte numérisé non relu

Massoii, Bonaparte et sa famille, p

" Ayant reçu Tordre d'inspecter les côtes, depuis les Buuches-du-Rhône jusqu'à celles du Yar, il détermine M""" Bonaparte à envoyer Louis à Châlons-sur-Marne, y passer l'examen des aspirants d'artillerie. Puis, appelé par ses opérations du côté d'Antibes, il fait venir sa mère et ses deux sœurs, Pauline et Caroline (Élisa était déjà mariée au capitaine Bacciochi), et les installe au château Sallé, maison bourgeoise où vit assez pauvrement la famille. Les anciens d'xYntibes se souviennent d'avoir vu M°" Bonaparte laver elle-même son linge dans le Riou, qui coule en bas. »

théâtre, faire chanter la Marseillaise et corriger les Chouans. » Barras^, toujours content de décocher un trait acéré contre le petit Corse, a laissé de lui un curieux portrait à ce moment-là. « Il grimpait, dit-il, sur sa grande haquenéeavec un énorme chapeau à plumet tricolore, les cornes renversées, des hottes retroussées, un s'ahre pendant plus grand que celui qui le portait,., tel était l'équipage dans lequel se présentait, en différents spectacles, le général en chef de l'armée de l'intérieur. »

Stendhal est plus équitable. Il ne dissimule pas que le jeune oflicier, au nom bizarre, lui a produit une impression étrange par sa maigreur et son accoutrement peu élégant et très défraîchi, mais il avoue que son regard suscitait une sympathie persistante. 11 a admiré ses traits « remplis de finesse », et sa bouche « au contour plein de grâce ». M""' Tallien, elle-même, chez qui Napoléon était invité, après la révolution de S^endémiaire, n'avait pu se soustraire à l'influence de ce regard magique, à la manière d'être de cet homme singulier, qui savait toujours intéresser ses auditeurs. Il discourait fort bien sur le siège de Toulon, ajoute Stendhal ; il en décrivait éloquemmont les phases, et, avec esprit, les épisodes, d'une manière si claire et si attrayante qu'on ne pouvait lui refuser son attention. Il parlait beaucoup quand il le voulait, s'animant à sa narration. Ses yeux, alors, pétillaient de malice et de chaleur, idéalisant sa figure osseuse et si amaigrie qu'elle en paraissait décharnée. On le voyait souvent, quand même, taciturne, enfermé dans ses méditations prolongées dont ne pouvait le tirer aucun incident. Même quand les autres riaient, il ne

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