‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 11 sur 144 · Barras. Mémoires, t. II, p. 2fi · texte numérisé non relu

Barras. Mémoires, t. II, p. 2fi

riait pas', et par sa conduite surprenait tout le monde. On était avec lui, dans une loge au théâtre; tout à coup il sortait pour se montrer à une autre place, ne supportant personne à ses côtés. Inexplicable bizarrerie que provoquait, sans doute, l'état de son esprit, trop absorbé en ses rêves.

SoMMAiiiE. — En ce temps-là, le jeune de Beauharnais se présente à rhôtel ilii nouveau commandant de Paris, pour réclamer le sabre du général de Beauharnais, son père, qui a été confisqué à sa mère. — Bonaparte, touché de la candeur de l'adolescent, lui fait rendre immédiatement l'arme demandée. — Joséphine de Beauharnais va remercier Bonaparte de cette généreuse bienveillance. — Impression produite sur le général par l'élégance de la veuve et son air de grande dame. Il en devient amoureux et pense à l'épouser. — Sa conversation à cet égard avec Barras. — Joséphine, à qui Bonaparte fait la cour, est troublée par son insistance. — Elle demande conseil à Maître Raguideau, notaire. — Elle finit par consentir au mariage et elle apporte en dot à son fiancé la nomination de général en chef de l'armée d'Italie. — Toute la famille Bonaparte est offusquée dece mariage. — Insouciance et indifférence de Joséphine pour cette famille.

Après Vendémiaire, le Gouvernement avait fait désarmer les vaincus, les partisans des «sections » qui s'étaient révoltées. Dans le nombre se trouvaient, comme il arrive presque toujours, des gens inoffensifs, la veuve du général Beauharnais et ses enfants; et le sabre du général avait été confisqué. C'était une grande douleur pour son jeune fils, Eugène, qui résolut de rentrer on possession de cette arme, pour laquelle il avait une pieuse vénération. 11 se présenta seul, lui presque un enfant

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