Garât, Sur Suard, t. II, p
se rend au Mont Dore, de là à Rome. — Sa mort, son portrait par Chateaubriand. — Il lui fait élever un mausolée.
Le salon où régnait, en maîtresse de maison, rue Nenve-du-Liixeml)Ourg \ M"' Pauline de Beaumont, n'était point semblable aux autres salons du Consulat. Il n'avait été ouvert que peu de temps avant le triomphe de Bonaparte à Saint-Cloud, dans un appartement ti'ès modeste, en une maison modeste aussi, que venait de quitter le jeune Pasquier; et ce n'avait été d'abord que le refuge de quelques amis, sympathiques à la jeune femme, parmi lesquels un penseur original, tout pétri de la lecture d'écrivains classiques, et un poète dont les vers n'avaient alors que peu de célébrité : l'un, Joubert; l'autre, Fontanes. Bientôt, avec ceux-ci, leurs amis, et les amis de leurs amis, et les jeunes femmes attirées par d'anciennes relations, aimant, plus que les futilités de la mode, les saines causeries des hommes distingués, qui se réunissaient autour d'elles.
Avant la Révolution, dans le salon de son père, le comte de Montmorin, ministre des AlTaires étrangères de Louis XVI, M"^ de Beaumont avait connu les Trudaine, Trudaine de Montigny, et Trudaine de La Sablière, ces incomparables amants des belles choses du xviii" siècle, et François de Pange qui rêvait d'immortaliser son nom par une œuvre considérable de philosophie sociale. La mort le talonnait; il se désespérait sur sa maladie, s'écriant plein de regrets : « Il ne faut pas mourir. Je sens que je ne suis pas né pour ne rien laisser après moi. » Il mourut quand même. Ensuite, André Chénier, le doux poète, dont elle copia les vers qu'elle récitait plus tard à Chateaubriand, en leur retraite de Sali Aujourd'hui rue Cambon.
vigny-sur-Orge : Mijrta, Nécre^ la Jeune Tarenti/ie ; et Suard, insinuant, aimable, parce qu'il était jeune, ravi de ce que sa bonne grâce l'introduisait dans le monde aristocratique ; et Tabbé Morellet, et Hiouffe, l'étincelant causeur, qui écrivit, un jour, les Mémoires tVim détenu et qui devait exercer sa verve, au milieu des tribuns de Bonaparte; et le grand poète Alfieri, toujours accompagné de la comtesse d'Albany ; et Gondorcet; et tous ceux qui brillaient alors dans les salons de la vieille monarchie. Parmi les femmes, M'""' de Krudener, quoique d'une renommée un peu équivoque, et M"" de Staël, dont les causeries commençaient à consacrer l'influence d'ambassadrice de Suède, et M""' Pourrai, une amie des xMontmorin, qui recevait en son beau château de Luciennes, près Versailles, avec ses deux filles, M"'^ Hocquart et M™« Lecoulteux de Canteleu ^ ; la première, adorée par Galixte de Montmorin, mourant sur l'échafaud, avec un ruban de la reine de son cœur à ses lèvres, et M""" de Vintimille, et