Aulienas, Vie de Joséphine, t. II
L'auteur en fait la description suivante, tel qu'il était au début du Consulat:
'< Un long passage à ciel ouvert, ménagé entre deux maisons à jardins qui ont leur façade sur ia rue de la Victoire et tout juste assez large pour II' service des voitures, conduisait de cette rue où se trouvait la grande porte, décorée d'attributs de guerre, à une cour sur les côtés de laquelle étaient situés, dans des bâtiments distincts de la maison d'habitation, les cuisines et le reste des communs. Construit sur quatre faces avec pans
venait d'acheter à la femme divorcée de Talma, maison agréablement bâtie, décorée avec un goût irréprochable. Bonaparte y coudoyait beaucoup d'hommes renommés, poètes, auteurs dramatiques, prosateurs, savants, avec lesquels il se lia d'amitié, et quelques femmes aussi, M°"' Récamier, M°' de Comminges. Il n'était plus à genoux devant un écu. Son traitement de général en chef de l'armée de f^aris lui permit donc d'offrir à celle qu'il aimait de superbes bijoux ', et Barras, qui était l'amant de cette dame, mis au courant des générosités de son rival, le plaisante sur cet amour éperdu. Bonaparte réplique"^ :
coupés aux quatre angles, ce petit hôtel, composé d'un rez-de-chaussée et d'un étage surmonté de mansardes, présentait dans son architecture simple et de bon goût une assez jolie api>arence. Au moyen de quelques marches placées entre deux bancs de jnerre. on arrivait à un perron en demi-cercle, d'abord découvert, mais que Joséphine avait fait fermer en forme de tente, afin de donner à la maison un vestibule qui lui manquait. La porte vitrée éclairait cette première pièce, ornée au dehors de trophées sculptés sur bois et peints à l'intérieur en toile de coutil. De cette antichambre on pénétrait immédiatement dans la salle à manger, disposée en ovale. A côté se trouvait un petit cabinet pavé en mosaïque, qui servait de boudoir à M°" Bonaparte.
« De la salle à manger on passait dans le grand salon, la maîtresse pièce de l'hôtel à laquelle tout le reste semblait avoir été sacrifié. On y remarquait une belle cheminée à droite, placée entre une croisée, descendant jusqu'au parquet, et une porte vitrée qui donnait .sur un escalier extérieur par lequel on pouvait se rendre dans le jardin. Ce jardin, très spacieux pour la maison, était ombragé de beaux arbres.
<t A ce salon en succédait un autre plus petit dont le général Bonaparte avait fait son cabinet de travail, décoré, par les premiers artistes du temps, de personnages mythologiques.
« Un escalier tournant pour monter au iircmier étage. A mi-étage, une salle de bains ; puis salon supérieur et deux pièces à la suite, chambres de M. et M"' Bonaparte. Celle de Bonaparte d'une simplicité sévère, vases, étrusques, lyres antiques, aigle projjhétique portant la foudre. Celle de M°" Bonaparte en hémicycle à alcôve, ornée de glaces, du parquet au plafond, encadrées dans une série de petites colonnes surmontées d'arceaux, ce qui réalisait un véritable miroir circulaire à facettes. L'intérieur de l'alcôve était décoré de peintures qui ri'présentaient des fleurs et des oiseaux des tropiques, souvenirs des iiremières années de .Joséphine. >•
1. Le premier fut un bracelet sur lequel étaient gravés ces mots: « .4» destin ».