‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 14 sur 144 · Barras, Mémoires, t. II, p · texte numérisé non relu

Barras, Mémoires, t. II, p

« Je n'ai point fait de cadeau à ma maîtresse. Je n'ai point voulu séduire une vierge. Je suis de ceux qui aiment mieux trouver l'amour tout fait que l'amour à faire. Eh bien î dans quelque état que soit M™" de Beauharnais, si c'était bien sérieusement que je fusse en relations avec elle, si ces présents, que vous me reprochez, étaient des présents de noces, citoyen Directeur, qu'auriez-vous à dire? »

Et l'amoureux ajoutait que M""" de Beauharnais, d'ailleurs, était riche, et que devenir son mari n'était point à dédaigner.

« Riche », reprend Barras, avec ironie... Et il répète, en ses confidences, ses mauvais propos... « que Joséphine était ruinée... qu'elle ne vivait que d'un crédit surpris par ses mensonges, laissant croire à une fortune imaginaire à Martinique; qu'enlin, elle appartenait à qui la voulait prendre. Hoche l'avait abandonnée à son palefrenier Yanakre »... Que d'autres médisances encore M

Toujours poursuivie, et toujours adorée, elle ne savait que résoudre, linfortunéeJoséphine. Pressée par Bonaparte, tourmentée par ses dettes et son désir de se créer une situation nouvelle, de n'être plus le jouet d'amants passagers et compromettants, comme Barras, elle ne manquait pas cependant d'aller dire toute sa peine à cet amant même, très fourbe, qui se moquait d'elle, puisqu'elle n'était point seule à posséder ses faveurs. Elle pleurait, elle se désolait, démontrant son embarras à son nouvel adorateur, pour qui elle commençait à avoir de l'attachement, mais sans amour encore. Le caractère altier, les sentiments passionnés de cet amoureux l'etTrayaient. Elle écrivait à l'une de ses amies,

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