Voici ce qu'a écrit Chateaubriand en ses Mémoires
« Parmi les abeilles qui composaient leur ruche était la marquise de Gustine, héritière des longs cheveux de Marguerite de Provence, femme de saint Louis, dont elle avait du sang. »
Ses yeux, d'une expression de tendresse émue, illuminaient son jeune visage d'un regard très doux. Sa bouclie, toute petite, s'épanouissait en deux lèvres finement ourlées, sur un menton bien dessiné, ovale, sans fossette, menton plein, dénonçant la franchise et l'agrément de l'esprit. Elle était jolie, plus que jolie, charmante, plus que charmante, adorable; et le chevalier de Boufflers, le mari de sa mère, enthousiasmé de la fraîcheur de ses joues, l'appelait : « reine des roses ». En miniature, on l'eut prise pour la princesse de Lamballe.
Dans les réunions du monde aristocratique, où l'on se voyait alors entre soi, elle était donc fort remarquée. Son nom était, d'ailleurs, auréolé d'une légende de bravoure. On se redisait son courage et sa ferme attitude, devant les juges sanguinaires de la Terreur, et les hommes s'empressaient vers elle et les plus jeunes se hasardaient à lui faire entendre quelques mieilleuses paroles d'amour. Elle coupa court à cette adoration. L'échange de ses lettres ne lui suffisant plus avec sa mère, elle résolut de la revoir et lui donna rendez-vous en Suisse. M"' de Staël y recevait, dans son château de Coppet, tous les voyageurs de marque, et elle reçut M""' de Sabran' et sa fille Delphine de Custine ; et Delphine lui fut si agréable, elle lui trouva tant de qualités aimables, qu'elle choisit ce petit nom, pour le donner à l'héroïne de son prochain roman. A Paris, Delphine revit M"" de Staël. Mais les hommes
1. M"" de Oenlis, en ses Mémoires, t. II, p. 347, dit de M""" de Sabran : ■. Aujouid'hui, M""" de Bnufflers était une des plus ctiarmantes personnes que j'aie connues par la figure, l'élégance, l'esprit et les talents. Elle dansait d'une manière remarquable, elle peignait comme un ange, elle faisait de jolis vers; elle était d'une douceur et d'une bonté parfaites. »
dont s'entourait la colcbre (iénevoisc, n'agroaiont point à cette nature impressionnable et fine, timide jusqu'à la sauvagerie, faite pour les émotions du cœur et non pour les luttes de la politique. Elle ne fit que passer dans les grands salons ouverts aux orateurs des Cinq Cents, aux philosophes, aux dialecticiens, qui s'eftaçaient humblement, en i'aee de celle qui pérorait toujours, comme à une tribune, devant le cercle de ses admirateurs.
Alors, retrouvant sa solitude, désespérante lorsqu'on est sans famille, elle se surprenait à souhaiter un nouveau mariage. Elle écrivait à sa mère : » Je voudrais trouver un bon mari, raisonnable, sensible, ayant les mômes goûts que moi et apportant tous les sentiments dont se compose mon existence, un mari qui sentit que, pour vivre heureux, il faut être auprès de toi, et qui m'y conduisît, qui s'y trouvât satisfait et aimât mon fils, comme les siens, un mari doux d'opinion, comme de caractère, philosophe, instruit, ne craignant pas l'adversité, qui la connaîtrait môme, mais qui regarderait, comme une compensation à ses maux, d'avoir une compagne comme ta Delphine. Voilà l'être que je voudrais trouver et que je crains bien de ne rencontrer jamais. »
C'était son rcve, mais la réalité était tout autre, et se faisait sentir dans les visites de deux adorateurs qu'ellen'avaitpascongédiés. L'un, « Maurice ». Elle écrivait sur lui, sans donner d'autre nom, après lui avoir refusé son portrait et de ses cheveux : « Ses défauts m'ont frappée. J'ai reconnu en lui une taquinerie insupportable, des idées fausses sur tout, et surtout en morale. Tout cela m'a aigrie, chaque fois que nous nous voyons, c'est pour nous quereller. »
L'autro, « Médor ! » Anonyme comme le premier, très ditlérent néanmoins : «Celui-ci, soumis, écritelle, bon, simple, heureux d'un regard, heureux d'être dans ma maison, ne pouvant être ailleurs, ne reconnaissant d'autre bien que d'être cliezmoi; incapable de tenir le moindre propos, de faire naître le moindre soupçon; il ne fait pas un pas qu'il ne puisse le dire. »
Elle résista à l'un et à l'autre.
A mesure qu'elle connaissait mieux le monde et la vie, elle s'éloignait de l'idée du mariage. Son iils l'enchaînait à son chevaleresque FMiilippe, dont elle portait le nom ; enfin, comme elle le disait, « veuve seulement par le bourreau », elle ne se croyait pas tout à fait déliée de son premier mari. Et ses alîaires n'étaient point liquides. Ses procès, pour récupérer ses biens non vendus, s'éternisaient, ([iioi{[ue, depuis le Consulat, sous l'influence de .Joséphine de Bcauharnais, Fouché, devenu son commensal, les diflicultés se fussent beaucoup aplanies. Et c'est pour cehiqu'ellc allait en cachette, le matin, aux Tuileries, avec ses amies les solliciteuses, qui venaient demander le retour de parents chers et toujours exilés. Elle y réussit pour sa mère et le chevalier de Boufflers, que le général ne refusa point de faire billcr de la liste fatale. « Boufflers ! dit-il, pourquoi pas? Il nous fera des chansons! » Hélas! des chansons, il n'en faisait plus. La misère et les privations de l'exil avaient éteint sa verve; et, sans fortune, ne sachant comment vivre à Paris, il accepta, sans regrets, une place à la bibliothèque Mazarine.
A celte époque, la marquise de Custine avait dépassé trente ans, et dans la société renaissante, elle comptait comme l'une des grandes dames les
plus séduisantes. On la citait avec sa parente, M"' de Vintimille, qu'elle appelait « la souris » ; avec JM""' de Pastoret ; avec la princesse de Vaudemont et M"* de Luynes, et M°" de Rosarabù, chez qui son avenir allait se décider. M""* de Rosambô était une alliée de Chateaubriand, et le jeune barde, dans tout Tépanouissement de sa renommée, y venait chercher des louanges dont il était friand. Delphine de Custine fit tout de suite impression sur ce cotuir d'amoureux; elle répondit aux avances du poète, dont les douces susurations ne trouvaient point d'âmes récalcitrantes ; et, dans cet amour, elle espéra le bonheur. Ce fut, comme toujours, un commencement semé de ravissements, de lettres tendres, de serments solennels. Elle venait d'acheter Fervacques, en Normandie, château agréable, que lui avaient cédé les Montmorency et les Luynes, et elle voulut en marquer la prise de possession par le séjour de son ami. Les sensations qu'il y éprouva, il les raconte en ses Mémoires, où il parle avec attendrissement du château et de la belle châtelaine. Le château était ceint de fossés remplis d'eau et entouré de vertes prairies dont la petite rivière de Fervacques formait la bordure. Le soir, il avait couché dans le lit du Béarnais, qui, sans doute, y avait dormi avec quelque « Fleurette ». Une s'étend pas davantage, mais on devine ; et, renouvelant ses grâces et ses remerciements à la jeune femme qui l'avait sidivinement accueilli, il lui remémore ses jours dans les lieux traversés en oubliant, — avec intention peut-être,. — « une grotte et un petit cabinet orné de deux myrtes superbes». C'est elle qui les lui rappelle, dans sa réponse. « Il me semble, ajoute-t-elle, que cela ne devait pas s'oublier si vite. Je n'ai rien oublié, pas même que vous n'ai-
mez pas les longues lettres. » Plus tard, montrant la grotte et le cabinet à l'un de ses familiers... « Alors, c'est là, interrogea-t-il, qu'il était à vos genoux ?
— Peut-être est-ce moi qui étais aux siens I » Elle ne s'en cachait point.
Il aimait alors M"' de Beaumont. Il la demandait à Rome, où elle vint mourir. Ce qui ne l'empêchait pas, en partant, d'envoyer ce mot à j\I°'" de Custine : « L'idée de vous quitter me tue ! » 11 se lamentait sur la santé de la femme mourante, et il prétendait, en même temps, sentir le désespoir l'envahir à cause de M"" de Custine. Et puis, de Rome, il écrivait à Eontanes : « Voilà où m'ont conduit des chagrins domestiques. La crainte de me réunir à ma femme m'a jeté une seconde fois hors de ma patrie. Les plus courtes sottises sont les meilleures. Je compte sur votre amitié pour me tirer du bourbier.» Exagération de poète! Etait-ce un bourbier, d'être à Rome, secrétaire d'ambassade ? Le vrai bourbier était celui dans lequel il pataugeait entre deux femmes, à qui étourdîment il s'était donné, et elles ne pouvaient plus se passer de lui.
Les amoureux ont toujours besoin d'un confident. A M™^ de Custine, il lit connaître ChênedoUé, discret et timide, un peu sauvage comme elle. Retirée à F'ervacques, elle ne venait plus à Paris que pour y voir son ami et s'enquérir de ses actions. Aiin d'être près de lui, aiin de l'avoir à ses heures, elle se loge rue Verte, à côté de la rue Miromesnil où lui-même a transporté son domicile. Dès lors, la sauvagerie de la jeune marquise s'accentue. Elle sort moins, elle sort peu. Elle s'est donnée à
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la peinture et, de longues heures, enfermée on son atelier, elle copie des œuvres de maître, avec une telle patience et un si habile enjploi des couleurs, que M"'' Vigée-Lebrun, en une visite, prit le modèle pour la copie. Mais c'est à Fervacques qu'ils se retrouvent ; à Fervacques qu'elle l'appelle et qu'il veut aller ; à Fervacques, qu'il se rend, un jour, quittant Joubert à Villeneuve, sans dire où il va, y laissant sa femme, M""* de Chateaubriand, pour courir au rendez-vous de l'amante. ChènedoUé s'y rencontre avec lui. Mais Chônedollé n'ignore lien de ses amours ; à lui seul, il atout avoué. Ellemême est heureuse d'avoir près d'elle une oreille bienveillante, où viendra se perdre l'écho de ses alarmes ; des yeux qui assisteront au trouble de son cœur. Lorsque Chateaubriand n'est plus là et que ChônedoUt' part de Fervacques, elle en est désolée et elle écrit : « Votre ami part demain; j'en suis plus triste que je ne puis le dire. Je n'aurai plus rien de ce que vous aurez aimé. »
Lui seul, des amis de M'"*' de Beaumont, lui seul, Chônedollé, venait chez M"^ de Custine. Chateaubriand se cachait des autres. Il ne présenta aucun d'eux à Fervacques ; il les éloigna de la jeune marquise, sentant l'indélicatesse de sa conduite, tandis (|u'il pleurait l'infortunée qui était allée mourir à Uome. Il lui avait fait élever un tombeau, et, manquant de l'appoint nécessaire pour en solder les frais, à qui demande-t-il trois mille francs?... à Madame de Custine! Elle les refuse, ce qui est naturel, et il se résigne noblement au refus. Sa lettre est très digne. 11 se plaint seulement de l'indiscrétion, qui a mis le public dans la confidence de sa gêne et de sa demande ; ce qui est encore très justifié.
Ainsi s'écoulèrent leurs amours, avec une inter-
mittence d'ardeurs etde molle lassitude, de reproches et de pardons, jusqu'au jour où, emporté par de nouveaux besoins de cœur, il part pour l'Espagne, devant rejoindre à Grenade la belle comtesse de Noailles, devenue ensuite marquise de Mouchy^. Que d'autres après elle! L'âge seul calma ce cœur trop bouillonnant et toujours instable, qui cherchait partout un motif de plaintes et de désespoirs et, soulî'rant lui-même, faisait soulTrir ceux qui s'étaient liés à lui. Il a néanmoins écrit, en ses Mémoirefi, une page émue sur celle dont il avait capté l'amour. ' A son passage en Suisse, allant à Rome comme ambassadeur de la Restauration, il se croisa, dans ^U Lausanne, avec le cercueil de la trop tendre mar- 9| quise. « J'ai vu celle qui affronta l'échafaud d'un si grand courage, dit-il ; je l'ai vue plus blanche qu'une Parque, vêtue de noir, la taille amincie par la mort, la tête ornée de sa seule chevelure de soie ; je l'ai vue, avec le sourire de ses lèvres pâles et de ses belles dents, lorsqu'elle quitta Sécherons, près Genève, pour expirer à Bex, à l'entrée du Valais; j'ai entendu son cercueil passer, la nuit, dans les rues solitaires de Lausanne, pour aller prendre sa place éternelle à Fervacques; elle se hâtait de se cacher dans une terre qu'elle n'avait possédée qu'un moment, comme sa vie. J'avais lu sur le coin
1. Dans ses notes sur les Mémoires de Chateaubriand, Edmond Biré ajoute :
« C'est elle que Chateaubriand a peinte dans les Aventures du dernier Abenc^rage , sous le nom de Blanca, comme il s'est peint lui-même sous le nom d'Aben-Hamet. « Les mois s'écoulent, écrivait-il, tantôt' errant parmi les ruines de Carthage, tantôt assis sur le tombeau de saint Louis. L'Abencérage exilé appelle le jour qui doit le ramener à Grenade. Ce jour se lève enfin. Aben-Hamet monte sur un vaisseau et fait tourner la proue vers Malaga. Avec quel transport, avec quelle joie mêlée de crainte, il aperçoit les premiers promontoires de l'Espagne'. Blanca lattend-t-elle sur ces bords? se souvient-elle d'un pauvre ,\rabe qui ne cesse de l'adorer sous le palmier du désert? »
d'iino cheminée du château, ces méchantes rimes, attribuées à l'amant de Gabrielle :
La dame de Fervacques méi'ite de vives attaques !
Le soldat roi en avait dit autant à bien d'autres; déclarations passagères des hommes, vite efTacces et descendues, de beautés en beautés, jusqu'à M"" de Custine. Fervacques a été vendu. »
SoMMAiitE. — M"" de Souza. — IM"'" de Krudener. — M"'" de Vergennes. — M"'" de Villette. — M. de Vaisnes. — M. Séguin.
Les salons, que je viens dépeindre, n'étaient pas les seuls ouverts à Paris, Mais tous, quels qu'ils fussent, n'otîraient que la réunion de coteries très dissemblables. On ne retrouvait plus, nulle })art, la société de l'ancien régime. Les fonctionnaires de Bonaparte ne se voyaient qu'entre eux ; ainsi, de la noblesse et des financiers. Chaque salon était un petit monde à part, qui ne se recrutait qu'entre soi.
Jadis, nobles, ecclésiastiques, magistrats, financiers, se recherchaient et vivaient entre eux, avec la plus aimable et la plus courtoise prévenance ; et aucuns sujets ne séparaient leurs causeries. Ils parlaient de politique, aussi bien que de philosophie; de théâtre, que de toilettes; d'histoire ancienne, que
de découvertes modernes. Ils prenaient leurs loisirs sans hâte ; les affaires n'absorbaient pas toutes leurs pensées. Rien de fébril, ni dinquiet, rien d'amer, ni de maussade, ne s'apercevait sur les visages, toujours souriants et très calmes. Dans les salons régnait alors ce qu'on appelait la société, une assemblée de gens très divers dont la fortune et l'éducation engendraient une agréable harmonie.
Sous le Consulat, cette société s'était émiettée et divisée en catégories bien tranchées, qui se dénigraient et se jalousaient l'une l'autre ; et les efforts de Bonaparte, pour rapprocher ceux que la haine et la rancune avaient séparés, demeurèrent longtemps stériles.
Les étrangers qui ont traversé Paris à cette époque, Sismondi, par exemple, avouent que l'urbanité, la distinction, l'esprit, ne se découvraient bien que chez les personnes du vieux temps, encore vivantes. Il cite M"' de Boufflers, mère de M""" de Gustine et d'Elzéar de Sabran, dont l'esprit éveillait les brillants souvenirs de l'antique monarchie; M""' de Saint-Julien, âgée de quatre-vingts ans, en qui on admirait les grâces d'une jeunesse intelligente; M""' de Groslier, si avenante pour les jeunes talents qui se faisaient un nom dans les lettres '; M""" de Tessé, « la plus aimable et la plus éclairée des vieilles, » dit le noble écrivain. Elle avait épousé un descendant du maréchal de Tessé, fort connu
L M"" Vigée-Lebrun. en ses Portraits à la plume, dit d'elle qu'elle savait le grec et le latin, mais que, parfaitement simple, elle se bornait, dans le monde, à rester une femme supérieure par l'esprit et sans pédanterie. Elle peignait les fleurs avec un talent remarquable. On lui a rei)roclié l'exagération de ses sentiments. « Il est bien certain, ajoute-t-elle, que sur toute espèce de cboses elle avait un peu d'exaltation dans l'esprit; mais il en résultait tant de générosité de cœur, tant de noblesse d'ànio. qu'elle a eu, à cette façon d'être, des amis véritables et dévoués qui lui sont restés fidèles jusqu'à son dernier jour. »
PETITS SALONS DR GRANDES DAMES bOo
parle porlrail qu'en a laisse Saint-Simon. «C'était, a (lit cet observateur mordant, un grand homme bien fait, doux, liant, poli, flatteur, voulant plaire à tout le monde, fin, adroit, ingrat à merveille, fourbe et artificieux de même. Sa douceur et son accordise le firent aimer ; sa fadeur et le tuf qui se trouvait bientôt le firent mépriser. »
Aux premières années du siècle, quelle différence ! La politique avait détruit la variété des conversations. Dès le principal de Bonaparte, elle devint, dans la société nouvelle, l'occupation importante des esprits, non comme autrefois, pour en discourir en philosophes, mais pour en prévoiries avantages ou les inconvénients, eu égard à la carrière que Ton s'était choisie. Et encore peu de gens s'exprimaient librement. 11 fallait que Ion fût rassuré sur son interlocuteur. On redoutait de se compromettre. On ne voyait qu'embûches et dangers partout. Geux-mêmes qui avaient été les plus résolus des métaphysiciens, les adeptes des encyclopédistes, n'élevaient plus qu'une voix timide contre les décisions des gouvernants; et sous la férule du maître, il n'y eut plus qu'une seule vérité vivace, celle qu'il avait adoptée.
Un salon, on le sait, conservait pieusement la liberté de la pensée, la liberté sans limites dans la discussion : celaideM. Suard'. Ailleurs que chez lui, toute conversation était frappée de mort. Le vieil académicien ne le voulut pas. « Nul homme, à coup sûr, dit la Revue Française de 1829, n'était plus étranger à toute menée, à toute intention politique... 11 n'avait même, pour l'action, ni goût, ni talent: mais la liberté de la pensée et de la parole