‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 15 sur 144 · Barras, Mémoires, t. Il, p · texte numérisé non relu

Barras, Mémoires, t. Il, p

en quel état de malaise intérieur elle vivait, état d'atlaissement et de langueur, de trouble inconscient, qui lui enlevait le discernement de son avenir et toute volonté'. Bonaparte insistait toujours plus vivement, et pendant qu'elle était allée prendre, un matin, l'avis de Barras-, l'impatient adorateur l'attendait chez elle où il la reçut conduite par un des aides de camp du tout-puissant Directeur, en proie à une crise de larmes qui n'étaient point séchées. En la voyant en cette posture douloureuse, qui suspendait les mots sur ses lèvres, lui plus amoureux et plus résolu que jamais, lui dit enfin :

« Prenons les hommes et les choses tels qu'ils sont; Barras peut-il nous être utile dans sa position? Point de doute qu'il ne le puisse, et très efficacement; tirons en donc tout ce que nous pourrons et ne nous occupons pas du reste ■''. »

Joséphine se laissa convaincre. Elle se rappelait la prédiction d'une vieille négresse de son pays, lui annonçant qu'elle serait, un jour, plus que reine.

Gomme toutes les l'emmes, néanmoins, indécise jusqu'au dernioi- moment, cherchant partout des motifs de précipitation ou d'atermoiement, elle voulut consulter son notaire, maître Baguideau, qu'elle lit venir dans sa chambres tandis que le général, inconnu du notaire, se tenait coi, le nez sur la vitre de la fenêtre, laissant les deux interlocuteurs àleur entretien. Joséphine se tut, et l'homme de loi reprit :

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