Voici en quels (crines, elle écrivait à Napoléon
" Permettez-moi de vous appeler du nom de frère. Mon premier enfant est né dans une époque où vous étiez irrité contre nous. Je désire bien qu'elle puisse vous caresser bientôt, afin de vous indemniser des peines que mon mariage vous a causées. Mon second enfant n'est pas venu au jour. Fuyant Paris, d'après vos ordres, j'ai avorté en Allemagne. Dans un mois, j'espère vous donner un neveu. Une grossesse heureuse et bien d'autres circonstances me font espérer que ce sera un garçon. .Je vous promets d'en faire un militaire, mais je désire qu'il porte votre nom et que vous soyez sini parrain. J'espère que vous ne refuserez pas à votre sœur. Je vous prie d'envoyer votre procuration à Bacciochi (Bacciochi et Lucien étaient alors en Corse), ou à qui bon vous semblera. La marraine sera maman. J'attends cette procuration avec impatience.
« Parce que nous sommes pauvres, vous ne nous dédaignerez pas, car après tout vous êtes notre frère. Mes enfants sont vos seuls neveux, et nous vous aimons plus que la fortum'. Puissé-je, un jour, vous témoigner toute la tendresse que j'ai pour vous. Votre sœur bien affectionnée : Christine Bonaparte. "
A la suite, en post-scriptum, un compliment pour José|ihine, à laquelle on lui a dit qu'elle ressemblait.
des diplomates ne conviennent point à la nature fougueuse du jeune général. Il est homme d'action ; point homme de parole. Il rentre à Paris. Il y vient attendre Joséphine dans le coijuet hôtel de la rue Ghantereine, lequel, pendant leur absence, a été enjolivé, meublé à neuf, moyennant une somme de cent vingt mille francs. Joséphine voyage à petites journées, prenant plaisir aux hommages qu'elle re(;oit sur la route. Elle s'acliemine joyeuse, portant jalousement une lourde cassette emplie de bijoux, cadeaux du Pape et présents des villes après leur délivrance. D'ailleurs, elle est suivie de Charles', jeune officier de hussards, aide de camp de Leclerc, un méridional qui a été son amant, qui l'est encore, disent les mauvaises langues ; etelle se complaît en ce voyage, fait lentement. Bonaparte peul attendre.
Les deux époux finirent par se retrouver rue Ghantereine. Et maintenant, loin de se prodiguer comme avant ses campagnes mémorables, le général s'isole; il se cache; il se confine en sa demeure, n'ouvrant les portes de son salon qu'à ses intimes, à quelques hommes de lettres que lui conduit Arnault: Lemercier, Legouvé, Ducis, Bernardin de Saint-Pierre. L'Institut vient de l'accueillir et lui a fait place parmi ses plus illustres membres ; il n'a point refusé cet honneur. Il s'en servira en maintes circonstances, lorsqu'il faudra équivoquer sur ses opinions politiques, comme à l'anniversaire