D'Abraiités, Mémoires, IV, j
• Il était petit, mais bien fait. Sa peau était fort brune, ses cheveux d'un noir de jais, ses dents et ses yeux passables, et ses mains et ses pieds fort petits et comme il faut. Il avait de l'esprit, mais un f,'enre d'esprit qui n'aurait peut-être pas convenu à tout le monde, si l'on avait pu choisir le sien. Il s'exprimait, par exemjde, toujours en calembours. Il faisait le polichinelle eu parlant. Il était ce qu'on appelle un drôle de garçon. Il faisait rire. »
de rexéciilion de Louis XVI où il a été convié. Il y va en habit d'Institut, non sous l'uniforme de général qui est trop officiel. Une veut point le mêler à la bataille ardente des partis politiques. Il s'en éloigne, respectueux de sa gloire, qu'il défend contre les promiscuités déshonorantes.
« Qu'irait-il faire en cette galère? » Car c'est un de ses mots. II se réserve pour un avenir qu'il sait très prochain. Depuis qu'il a vécu en Italie des heures enchanteresses et connu l'enivrement de la toute-puissance, il ne saurait assouplir son échine en courbettes, dans les salons de Barras, devant les avocats qu'il méprise ! il s'enfeime avec ses cartes, et les yeux sur une contrée qui fut le berceau des grandes renommées de l'antiquité, il mesure du compas la distance des villes encore existantes; il étudie avec passion l'Egypte oii il veut aller. II avait dit à Miot de Mélito en Italie : « Si je ne puis être le maître, je quitterai la France. » Et il la quittera. Le Directoire, qui le redoute plus qu'avant ses victoires, a imaginé de le mettre à la tète d'une armée qu'il conduirait en Angleterre. Après un voyage sur les côtes de Normandie, il a refusé, et il reprend ses projets sur l'Orient.
En ses mémoires, le roi Joseph nous explique les raisons de son frère ^ :
(( Le Directoire, disait-il à Joseph, me voit ici avec peine, malgré tous mes efforts pour m'etîacer. Ni lui, ni moi, ne pouvons rien contre la tendance qui paraît se manifester pour un gouvernement plus centralisé. Nos rêves de république ont été des illusions de jeunesse. Depuis !e 9 thermidor, l'instinct républicain s'est affaibli tous les jours. Le