‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 27 sur 144 · Masson, NapolCon et sa famille, t. II, p · texte numérisé non relu

Masson, NapolCon et sa famille, t. II, p

lière, une bouche expressive, aux lèvres fortes, rinférieure se repliant légèrement sur un menton puissant, un énorme menton, comme ceux des Bonaparte, le menton de M""^ Lît^titia, massif et charnu, concentrant Ténergie d'une volonté irréductible. Les secondes ne produisent pas la même imi)ression. Elles viennent d'Allemagne, grossièrement exécutées et ne rappellent plus la physionomie de profil. Le visage de face décèle un aspect triste, presque renfrogné, comme celui d'un âpre thésauriseur, et laisse supposer toutes les vulgarités d'une âme très mesquine. Lesquelles sont les plus véridiques, les plus près du modèle? Les portraits émanés du pinceau des grands peintres ne sont presque jamais semblables entre eux. II est donc difficile de porter un jugement qui se justifie, en l'appuyant sur une reproduction d'artiste. Et cependant, d'après les actes connus de la vie de Joseph, pendant le Consulat, on est porté à croire que les moins séduisantes sont les plus vraies.

Napoléon, à Sainte-Hélène', insistait sur la bonté de son frère aîné, sur sa douceur. Bon et doux! Il le jugeait à distance, après des malheurs inouïs qui le portaient à excuser tout le monde. On est généreux de caractère, quand on a soutfert. Le malheur et la soulfrance épurent les sentiments de notre nature. On pardonne alors facilement. Non, Joseph n'était ni bon, ni doux. Ses actes protestent contre ce jugement bienveillant. Mais Napoléon n'erre plus quand il parle de l'insuffisance de son frère dans toutes les situations qu'il lui donna. Joseph était d'une médiocrité l)ien établie, d'une vanité iu-

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commensurable, et par dessus tout un hypocrite, ce qui a pu tromper ses juges.

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