‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 29 sur 144 · Le prince Lucien et sa famille, p · texte numérisé non relu

Le prince Lucien et sa famille, p

son appui aux Bonaparte, durant les journées de Saint-Cloud ; de M. de Chàtillon, un graveur; de M. Boyer, un cousin de Christine ; de M. Sapey, de Ramolino, un parent de la famille de M"' Laetitia; enfin de M. d'ÛlTreville, un poète, un « homme à grands talents », comme on le disait au Plessis. Elle en a fait un curieux portrait' : « Toujours coitTé à Voiseau roijal, dit-elle, ses deux ailes de pigeon poudrées encadraient un visage composé d'un nez et d'un menton, formant exactement le casse-noisette, de deux petits yeux toujours remuants, parce que leur maître prétendait qu'ils pétillaient d'esprit, d'une bouche dans laquelle il n'y avait pas une dent, et tout cela rouge et luisant comme une cerise. Ajoutez des pieds et des mains d'une grandeur démesurée. M. d'Ûffreville avait été, avant la Révolution, revêtu d'une dignité. Il était 'porte-manteau chez « Monsieur ».

Pour amortir la douleur de Lucien, sa sœur Elisa l'emmena chez elle à Neuilly. Lucien, prostré durant les premières semaines, n'apparut que rarement à son ministère ; et cette absence ne fit qu'augmenter le gâchis et le désordre qui régnaient déjà dans les bureaux oii les affaires les plus graves restaient en souffrance. Elisa ne manqua i)as d'offrir à son frère les distractions qu il aimait. On joua une tragédie de Voltaire, Alzire. Le timbre de voix très élevé de Lucien se prêtait aux grandes tirades qu'il déclamait énergiquement. Il remplissait le rôle de Zamore ; Elisa, celui d'AIzire. Mais l'accent corse dominant toujours dans la prononciation de l'actrice, les vers débités par elle excitaient le fou rire de Napoléon. Elisa était outrée de ces moqueries.

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