‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 30 sur 144 · D'Abranlé>,-'^''"'0'>'-v, I- 1>- p- VM · texte numérisé non relu

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T,ES FRERES DE l^oNAI'ARTE S<J

Elle sôlail [)ersuadée, aux éloges de Foiilanes, qu'elle excellait dans tous ses rôles. Lucien, de même. Et Bourrienne nous dit que non seulement Napoléon se moquait des prétentions de sa sœur et de son frère, mais encore qu'il était indigné de la nudité dans leurs costumes'.

Peu à peu, cependant, le jeune veuf reprit goût à son ancienne existence. Il rentra dans le monde. Il se livra aux plaisirs, poursuivant de ses attaques amoureuses la b(dle Mézeray, actrice « des Français », et M""" Récamier, qu'il avait connue à Bagatelle, sous les auspices de son ami Sapey. Il paraît avéré, toutefois, qu'il s'était laissé prendre aux œillades de l'adorable Juliette, à laquelle il écrivait les lettres les })lus tendres. Il se mêla de nouveau, enfin, à toutes les intrigues de la politique, prenant position parmi ceux qui voulaient s'opposer à l'ambition trop évidente du Premier Consul. Il était sincère, sans doute, lorsque chez M""' de Permon, il disait en se frappant la poitrine : « Il y a là un cœur patriote et amant de la liberté. xMon frère me connaît, ajoutait-il; je ne me cache pas à ses yeux ; je ne cesse de lui rappeler, avec toute l'énergie d'une àme française et libre, les engagements solennels qu'il a contractés avec la nation, au 19 brumaire, et dont je me suis porté garant. »

Il parlait trop; ses conversations, ses démarches, furent connues. Et, ajoutée la conduite incohérente de son ministère, le ressentiment de Napoléon fut très grand. Les deux frères eurent ensemble une explication que Lucien a racontée à son honneur forcément, avouant qu'il répondait par des railleries aux observations du premier Consul dont la

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