‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 35 sur 144 · Yung, Ali-moireide Lucien, t. U, p · texte numérisé non relu

Yung, Ali-moireide Lucien, t. U, p

vint se jeter dans un fauteuil, accablé. M"' de Rémusat a gardé le souvenir de cette soirée tragique : u C'en est fait, dit-il à sa femme; je viens de rompre avec Lucien, et de le chasser de ma présence. » M°" Bonaparte lui faisant quelques représentations : « Tu es une bonne femme de plaider pour lui, » et, se levant en même temps, il prit sa femme dans ses bras, lui posa doucement la tête sur son épaule, et, tout en parlant, conservait la main appuyée sur cette tête dont l'élégante coitîure contrastait avec le visage terne et triste dont elle était rapprochée. 11 nous conta que Lucien avait résisté à toutes ses sollicitations, qu'il avait en vain fait parler la menace et l'amitié. « Il est dur, pour- « tant, ajouta-t-il, de trouver une pareille résistance « à de si grands intérêts. 11 faudra donc que je « m'isole de tout le monde, que je ne compte que « sur moi seul. Eh bien! je me suffirai à moi-même, « et toi, Joséphine, tu me consoleras de tout. » Bonaparte avait les larmes aux yeux en parlant'.

Les estampes de la Bibliothèque nationale qui reproduisent le portrait de M""" Jouberthou, d'après un buste de Canova, laissent deviner, par la reproduction, quoique très froide, du marbre, le caractère de cette femme, à qui son mari se dévoua tout entier. La tête allongée, le front bas, les yeux grands et larges ouverts, le nez très effilé et proéminent, dominant une bouche aux lèvres minces et serrées, signifient, avec une ténacité méchante, un mépris offensant, une vanité combative. Cette beauté fière et tyrannique explique l'amour et la fidélité que l'homme lui garda, malgré les cajoleries de Napo-

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