‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 38 sur 144 · Bourrienne, Mémoires, t. V, p · texte numérisé non relu

Bourrienne, Mémoires, t. V, p

« La petite sotte, disait Bonaparte, pourquoi ne me (( parle-t-elle pas? Cette enfanta donc peur de moi?» Et Bourrionne ajoute : « Napoléon n'a jamais eu, pour elle, qu'une véritable tendresse paternelle. Il l'aimait, depuis son mariage avec sa mère, comme il aurait aimé sa propre fille. » Ceux qui veulent absolument déconsidérer la mémoire de la jeune mariée objectent que le témoignage de Bourrienne est celui d'un amoureux. Il faisait l'agréable près d'IIortense ; il jouait au billard avec elle, en lui parlant de Duroc dont il lui remettait les lettres; enfin, il la suivait à cheval quelquefois. Pouvait-il en médire?

Que de pauvres raisons !

Mais Louis croit à l'hérédité dans le vice. Il se (lit que la fille de Joséphine suivra les errements de sa mère ; quun jour il rougira de l'inconduite de sa femme. Après quelques semaines de mariage, il disparait. Il laisse Hortense enceinte, voyage, retourne dans le Midi et ne s'en occupe plus.

Délaissée par son mari, elle revint à la Malmaison, oii elle séjourna tous les jours que sa mère y passa. Et elle savait si bien dissimuler les causes épouvantables de son chagrin ^ que Joséphine la croyait heureuse, et M"*" Gampan, son ancienne maîtresse de pension, aussi. Joséphine lui écrivait de Lyon : « Embrasse pour moi ton mari que j "aime à la folie. » M™^ Campan vantait partout le joli petit ménage d'Hortense. Joli petit ménage, en effet! Constant, le valet de chambre de Napoléon, rapporte qu'il vit très souvent la jeune femme affligée, presque muette, au milieu de ses amies,

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