‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 39 sur 144 · DeRéiiiusat, t. I, p · texte numérisé non relu

DeRéiiiusat, t. I, p

(Ses peines) « elle s'y abandonna, sans oser so plaindre. Il fallut qu'elle fût sur le point de mourir pour qu'on les devinât. »

les yeux rougis par les larmes versées en secret, tandis que son mari se tenait à un bont du salon, inerte, taciturne, rigide, comme une statue de pierre, les yeux au plafond, sans se laisser toucher par la douleur de l'infortunée. On la croyait soutirante, parce qu'elle ne parlait jamais de sa peine ; et on la plaignait parce qu'elle était sympathique à tout le monde.

Oui, certes, elle plaisait avec son joli visage tout en dehors, pétillant de malice et de gaieté. Elle plaisait impérativement, écrit M™" d'Abrantès^ Sa chevelure blonde nimbait sa figure de reflets très doux et très tendres ; ses pieds étaient petits, bien faits ; ses mains très blanches, avec des ong'les roses et bombés ; sa taille svelte, et elle paraissait grande, parce que son maintien était toujours de bonne tenue et très surveillé. Elle pinçait de la harpe; elle peignait agréablement, dansait bien, jouait dans les comédies de salon les rôles d'amoureuse, d'une façon intelligente. Comment n'eût-elle pas eu beaucoup d'adorateurs? Constant, qui s'essaye à son portrait, ajoute à tous ces traits de physionomie qu'elle était beaucoup plus sérieuse que Joséphine, plus maîtresse d'elle-même, mais faible de caractère.

Depuis l'âge de douze ans, elle avait été internée au pensionnat de M""" Campan, avec Emilie de Beauharnais, sa cousine. Elles furent les deux premières élèves inscrites - chez cette dame, et elles

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