‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 47 sur 144 · Constant. J/e/no/re«. t. III, p · texte numérisé non relu

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et pour lui donner l'occasion de s'enrichir. 11 s'épargnait ainsi le soin de pourvoir à sa fortune. Pauline, toutd'abord. poussa les hauts cris, annonça fermement quelle n'irait jamais en un pays de sauvages et de serpents, oii il n'y avait point de société, point de plaisirs, point de bals, point de toilettes à montrer. Son frère l'avertit qu'il la forcerait à partir, dût-il la faire porter sur le navire de l'amiral. Puis il la prit par la vanité, lui faisant comprendre qu'elle vivrait là-bas commeune reine, ainsi que Joséphine à Paris. Elle régnerait sur les noirs, en souveraine. La jeune femme, très ébranlée déjà par la volonté absolue de son frère, se laissa convaincre. Elle chercha aussitôt à recruter des amies qui l'accompagneraient. Une conversation avec la duchesse dAbrantès, pleine de détails précis, dénonce, d'une façon saisissante, l'esprit «gavroche », insouciant et futile de cette jeune sœur de Napoléon. M"' Junot lui disait qu'elle serait divinement jolie sous le costume créole. « Tu crois donc, reprit-elle, que je serai jolie, plus jolie que je ne le suis, avec un madras, mis à la créole, un petit corset, une jupe de mousseline rayée? » — Et il faut avoir vu, reprend M""" Junot, les yeux, l'expression sérieuse, interrogante du regard, la physionomie réfléchie, pour se représenter ce qu'était M™" Leclerc, oulîliant qu'elle partait pour un pays oii elle croyait être croquée, parce que je lui offrais une image de toilette nouvelle ^ » Elle insistait, ce jour-là, pour décider M"' Junot à la suivre: « Nous donnerons des bals, disaitelle; nous ferons des parties dans les belles montagnes. » Elle oubliait déjà les serpents et les

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