‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 67 sur 144 · Constant, Mémoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Constant, Mémoires, t. I, p

■■ Lorsque Saint-Cloud fut prêt, Napoléon ne se montra pas satisfait. U dit qu'on lui avait fait des appartements comme pour une fille entretenue ; qu'il n'y avait que des colifichets, des papillottes et rien de sérieux. ..

lemcnt sa demeure que le général changea; ce fut toute sa vie. On ne sentit plus à Saint-Cloud la liberté des anciennes réceptions, ni la simplicité et le charme du premier château. Sans invitation, on ne fat plus admis en visite. Les intimes eux-mêmes durent se conformer aux règles établies. Certains jours furent attribués aux audiences, d'autres aux dîners. Les dimanches, une messe fut chantée en musique par les artistes de FOpéra, à la chapelle, où ceux qui briguaient des faveurs ne manquèrent pas d'assister^. Le maître, enfin, sépara sa table de celle de ses officiers. Il mangea seul avec sa femme ; et dans les antichambres, dans les salons, la conversation, au lieu d'être bon enfant et sans gêne, comme naguère, devint guindée, presque monosyllabique. Déjà, on tremblait devant lui, et l'on n'osait plus avoir une opinion différente de la sienne-. Au théâtre, au lieu de figurants bénévoles, les acteurs de profession, les artistes de la Comédie Française jouèrent les pièces requises par le Pre-

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