‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 7 sur 144 · Barras, .Mè„ioires. t. I. p · texte numérisé non relu

Barras, .Mè„ioires. t. I. p

nières extrémités, c'était, dans tout cet ensemble, une ressemblance frappante, avec l'un des plus fameux, ou même le plus fameux des révolutionnaires, Marat. »

Il s'agite, il écrit, il pétitionne, il hurle avec les loups, suivant le dicton vulgaire. Peut-il être autrement que ses pareils à la recherche d'une position dans la grande ville, si inclémente pour les opprimés? Il prend ses amis partout, ne refusant point la camaraderie des comédiens, celle de Dugazon, deMichot, de Baptiste cadet, qu'il rencontrait au Palais-Royal où il dînait. II était mal vêtu, malpropre, attifé d'un petit chapeau rond, qu'il enfonce jusqu'aux yeux, et d'une redingote grise très longue qui devint plus tard si glorieuse, mais alors très vulgaire et peu distinguée. Ses mains étaient dépourvues de gants; ses bottes, trop larges, n'étaient point cirées, et sa calotte de peau, fort sale, lui avait fait donner, dans le monde très mélangé ou il allait, le surnom de « Petite calotte de peau ' ». La duchesse d'Abrantès, évoquant les souvenirs que lui a laissés l'aspect de Napoléon, à cette époque, et de Bonaparte, consul, au faîte de la puissance et de la gloire, ne pouvait se persuader que ce fût le même lîomme ^

Ceux dont la vie ne fut pas toujours heureuse, pauvres et sans moyens d'existence, comprendront l'état d'esprit du jeune Corse, disposé à tout, devant un avenir si sombre pour lui. Il savait sa famille réduite à la misère; pour la secourir, il venait de vendre la médaille d'or obtenue en ses triomphes d'école, et n'ayant plus aucune espé-

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