‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 71 sur 144 · Lacretelle, Histoire du Consulat, t. II, ]i · texte numérisé non relu

Lacretelle, Histoire du Consulat, t. II, ]i

•• On (M"it dit qu"il avait reçu l'orjiaiie du comnininleaicnl- L'énerjjie liermaneiite de la volonté lui tenait lion dp droit divin. »

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langue italienne, en ces moments décisifs de volonté, perdait, en sa voix, de sa grâce chantante. Il la dénaturait, en la parlant avec volubilité, ainsi que le français, barbarement défiguré par lui. On aurait pu dire qu'il «bafouillait». Il prononçait Philippiqties pour Philippines ; section pour session; point fulminanl pour point culminant; rentes voyagerez pour rentes viagères ; armistice pour amnistie ^ Si le sourire chez lui ne suivait pas la signification du regard, ses lèvres ne suivaient pas la vitesse de sa pensée. Les mots alors s'échangeaient en sa prononciation. 11 disait une chose et pensait à une autre. «Plus et moins qu'un homme», dit M""^ de Staël, « sans aucune comparaison possible ». Néanmoins personne n'a contesté que sa figure ne parût grave, empreinte de noblesse et de majesté. Elle imposait le respect. A mesure qu'il avança dans la vie, la mélancolie, puis la tristesse, se répandirent sur sa physionomie ; sous l'Empire, ce fut la mauvaise humeur. « Je vous plains, disait M. de Talleyrand à M. de Rémusat, le préfet du palais, il vous faut amuser Tinamusable. » Et cependant le rire donnait une belle harmonie à cette figure, l'éclairait soudain d'une grande intelligence et l'idéalisait. Le rire lui allait bien, suivant M"^ de Rémusat ; toujours bruyant, souvent moqueur 2.

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