‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 81 sur 144 · Dnmas-Hiiiard. t. L P- i'il · texte numérisé non relu

Dnmas-Hiiiard. t. L P- i'il

■J. Paris, Saini-Clond et les dêparlcnicnls, p. b8 :

■!■ Lorsque Bonaparte se déclara empereur, on représenta le second et le troisième consuls accroupis sur un chandelier. Bonaparte était au milieu deux, les couvrant chacun d'un (HeiKnoir, et leur disant: Bonsoir, Messieurs. »

eux. il sentait battre le cœur de la France ; pour eux seuls il agissait; et sa pensée, dit Bourrienne, se traduisait par ces mots : « Que va penser la France?» Toujours pour étonner, aux villes nouvellement conquises, il ne se montrait qu'à cheval, galopant par les chemins les plus ardus, poussant ses cavales arabes à l'escalade des pentes les plus abruptes, franchissant dun bond les fossés les plus larges, les haies les plus hautes, jetant son regard daigle sur l'espace, comme s'il eût eu à déterminer la position d'un fort, ou l'emplacement d'une batterie de canons. Ses aides de camp lui représentaient le danger de ces courses désordonnées; il répondait : « Ne savez-vous pas que je suis le meilleur cavalier du monde? » C'était vrai ; solide à cheval, point élégant cavalier. On l'acclamait ! Lui regardait la foule enthousiaste, de son ceil lixe, sans broncher, sans se découvrir, comme si toute cette effervescence s'adressait à un autre qu'à lui. Il était avec sa pensée, non avec la foule. S'il interrogeait un fonctionnaire présenté, c'était d'un ton de commandement, et il exigeait aussitôt une réponse péremptoire, sinon il laissait là le pauvre homme empêtré dans ses phrases. Le temps était ce qu'il ménageait le plus. < Demandez-moi tout ce que vous voudrez, disait-il, hormis du temps '. »

Ces voyages rapides produisaient l'etîet désiré. Il avait passé, il n'était déjà plus, laissant de son passage l'impression d'un rêve éblouissant. Et cet homme cependant de nature si bouillante était en

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