‹ La société française pendant le consulat (volume 3)Chapitre 87 sur 144 · M""' de Staël a écrit sur Bonaparte · texte numérisé non relu

M""' de Staël a écrit sur Bonaparte

« ... Il ne croit à la sincérité des opinions de personne; il considère la morale en tous genres, comme une formule qui ne tire pas plus à conséquence que la lin d'une lettre. Et de même qu'a])r(!s avoir assuré quelqu'un qu'on est son très humble serviteur, il ne s'ensuit pas (|u'il puisse rien exiger de vous; ainsi Bonaparte croit que lorsque quelqu'un dit qu'il aime la liberté, qu'il croit en Dieu, qu'il préfère sa conscience à son intérêt, c'est un homme qui se conforme à l'usage, qui suit la manière reçue pour expliquer ses prétentions ambitieuses ou ses calculs égoïstes. La seule espèce de créatures humaines qu'il ne comprenne pas bien, ce sont celles qui sont sincèrement attachées à une opinion, quelles qu'en puissent être les suites. Bonaparte considère de tels hommes connue des niais, ou comme des marchands qui surfont, c'est-à-dire qui veulent se vendre trop cher i> .

mieux écraser l'autre, disait Bourrienne de Xapoléon ; et cet autre, vaincu, revenir au premier et l'écraser à son tour, nest-ce pas la régie ouvertement suivie par tous les chefs d'Elat^ ?

Une autre maxime de sa politique était l'obligation pour lui de produire du nouveau tous les trois mois- : seule manière, disait-i!, de gouverner les Français. Se faire aimer, admirer et craindre, et surtout écarter du Gouvernement les avocats, tous ceux, enfin, qui vivent de philosophairie, mot de Chateaubriand •'. Il ajoutait :« Lorsqu'on propose une loi politique, on est certain que les avocats s'y opposeront tout de suite.» Fontanes '* l'excitait

1 . « Napoléon était donc outré de culére, lorsqu'il apprit que luu des secrétaires de Talleyraud, Laborie, avait vendu aux Anglais pour un million et demi le secret du traité signé par lui avec le tsar Paul. L'infortuné tsar paya de sa vie cette alliance avec la France. Fouché, qui reçut la bourrasque enflammée de son maître après cette découverte, répondit avec son flegme habituel : « En diiilomatie, aiirès quarante jours, il n'y a plus de secrets >■.

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