‹ La société française pendant le consulat (volume 4)Chapitre 3 sur 119 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Sommaire. — La Uévolution i^uspend, en France, tous les travaux des hommes de lettres. — Les écrivains célèbres sous la monarchie se taisent. — La plupart ont émigré. — A l'étranger, de Bonald et de Maistre, émigrés l'un et l'autre, font paraître, le premier : la Théorie du pouvoir politique et religieux; le second : les Considérations sur la Révolution française. — Qui était de BonakI ? Son exil à Heidelberg. — .\ttaque de Joseph de Chénier contre Tœuvre du philosophe. — De Maistre entreprend de démolir la Révolution et veut en étouffer l'esprit. — Son dithyrambe sur la nécessité de la guerre et de la mort. — Son exil à Saint-Pétersbourg. — Temps propice aux érudits et aux commentateurs.

Le nombre des hommes de lettres n'avait pas diminué, lorsque Bonaparte devint le chef du Consulat; mais, depuis plus de dix ans, aucune œuvre, en France, n'avait laissé de trace lumineuse ; aucune ne devait survivre pour Tavenir. Les écrivains brillants de la monarchie semblaient épuisés et devenus stériles. La plupart s'étaient exilés : Boufllers, Delille, Chênedollé, Rivarol, Fontanes. L'Académie était dispersée. Chamfort s'était tué. Les idéologues, confinés dans le salon de M'"*' Helvétius, à Auteuil, ne divulguaient rien de leurs conceptions : Cabanis,. de Tracy, Volney, Daunou prépa-

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