‹ La société française pendant le consulat (volume 4)Chapitre 35 sur 119 · IV · texte numérisé non relu

IV

« diamant sans taches », écrivait-il*, et il reproduisit, en extraits, les réflexions de Charles sur Marie. « Etendu sur le gazon, je me suis demandé compte (le roman se passe en Angleterre, et c'est Charles, jeune étudiant d'Oxford, qui s'interroge) du penchant qui m'entraîne vers Marie, moi dont l'âme semble réunir tous les contrastes, moi jaloux, susceptible, inquiet et léger. Oui, léger, car je fuirais Marie, à l'aperçu d'un défaut, et peut-être que la perfection me fatiguerait. Comment oserai-je me livrer à l'amour? L'amitié n'a-t-elle pas eu à souffrir quelquefois de mes injustices? Marie me rendra malheureux, ou je la tyranniserai. Sera-t-elle calme? Je la supposerai indifférente. Si, en me renvoyant, elle parait gaie, je croirai qu'elle ne s'est point aperçue de mon absence. Je la trouve triste; elle ne jouit pas assez de mon retour. Enfin, je n'aime pas encore, et j'entrevois déjà toutes les agitations de l'amour. » Les romans de M°® de Flahaut contiennent l'image du monde de cette époque et

1. La biographie Didot trare, de la manière suivante, la vie littéraire de M»« Ricooboni :

« Femme de Riccoboni, comédien et auteur dramatique, né à Mantoue : reçu dans la société du Caveau, se lia avec Gentil-Bernard, Collé, Saurin. Crébillon fil^. Elle naquit dans le Béarn en 1714. Elle mourut à Paris en 1792. Sa famille fut ruinée par les affaires de I^w. Orpheline, elle fut élevée par une tante et produite dans le monde où elle joua la comédie en 1734. Elle ne fut jamais qu'une actrice médiocre. Elle était belle, grande, dune taille bien prise. Elle avait les yeux noirs, doux et parlants, la physionomie candide et gaie. Son intelligence éclatait à tout moment dans la conversation. On a d'elle, en 1757, les lettres de Fanny Butler; en I7ô8. l'histoire du marquis de Gressy et de nombreux écrits dans le Mercure. Vinrent ensuite Emestine, jolie nouvelle, que ses admirateurs ont appelée le diamant de son écrin. En 17(v2, Amélie, roman tiré de rouvra^re de Fielding, qui porte le même nom. En 1766, les Lettre» de la Comtesse de Sancerre, d'où Monvel tira une comédie, l' Aman f bourru, qui fut fort applaudie. Voici un fragment du portrait qu'elle a tracé d'elle-même. ■ Tous mes sentiments se peignent sur mon front. Je n'ai pas l'art de me contraindre. J'ai l'air très froid avec des étrangers: je traite (hirement ceux que je méprise; je n'ai rien à dire à ceux que y ne connais pas, et je deviens tout à fait imbécile, quand on m'ennuie. » Elle pas«a ses derniers joum dans la misère.

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réfléchissent bien les sentiments et les habitudes qui le dominaient : tableaux où l'historien peut chercher la peinture fidèle de la bonne compagnie.

M"' Sophie Gay^ se fit remarquer autant par ses relations mondaines que par ses écrits. Elle publia des romans, des comédies et de nombreuses romances, fort à la mode alors. Elle écrivit en prose, et elle était poète. Elle était jeune sous le Consulat, à peine âgée de vingt-cinq ans ; en premières noces, femme d'un agent de change, M. Liottier, puis, en secondes noces, de M. Gay, qui devint receveur général du département de la Roer. Son père, Nichaut de La Valette, occupait une charge à la Cour de « Monsieur », à Versailles; sa mère, adorable personne, ressemblait à M"' Louise Contai. On cite de M"'' Sophie Gay, en 1802, Laure (TEsteU, romàn où elle a travesti, sous le nom de M"'*' de Gercourt, la personne de M°*' de Genlis, dont elle fait une femme i< sentencieuse, pédante, adroite et flatteuse, visant à une perfection méthodique et fort suspecte de mettre les vices en actions, etles vertus en principes » . Ségur, Boufflers, M"' de Staël étaient de ses amis, et dans la société où ils la rencontraient, ils lui faisaient mille grâces. Elle eut deux filles qui furent, Tune, M"* Emile de Girardin, et lautre, la comtesse O'Donnel 2.

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