‹ La société française pendant le consulat (volume 4)Chapitre 48 sur 119 · Port-Royal appelé en ce temps-là Port libre · texte numérisé non relu

Port-Royal appelé en ce temps-là Port libre

LES ORODPBS LITTÉRAIRES 22&

ambassade à Turin, reçue et perdue sous le Directoire, vivait modestement de ses travaux politiques et littéraires; Daunou, ancien Oratorien, attaché aux conceptions métaphysiques, avait vu s'évanouir, depuis le régime autoritaire de Bonaparte, ses plus brillants rêves de liberté politique. Qu'importe! On se retrouvait entre soi ; on se rappelait l'enthousiasme de leur jeunesse ; on discourait sous l'œil bienveillant de M""* Suard, pendant que son mari préparait lui-même le café, dont Tarome parfumait toute la pièce.

Les jeunes écrivains, qu'ils admettaient parmi eux, ne faisaient que passer. Ils leur étaient trop dissemblables. Ainsi le jeune de Barante, dont les études sur le xvni' siècle soulevèrent leur colère. Charles Villers, depuis son retour d'Allemagne, y venait expliquer les doctrines de Kant, alors inconnues en France. Il s'indignait à Tindifférence de ces philosophes qui ne démordaient point de leurs anciennes convictions et trouvaient suffisantes les clartés reçues des dissertations françaises. Leur émulation et leur curiosité s'attachaient à d'autres faits. Leurs efforts tendaient à enrayer les progrès de la renaissance religieuse. On les vit alors tout occupés des ouvrages nouveaux de Chateaubriand, de ses romanesques et sensuelles idylles, à'Atala et de René^ et surtout du Génie du Christianisme^ dont le succès était immense. Suard ouvrit les colonnes de son journal, le Pubiicisle, aux attaques de Morellet et de Ginguené, contre le jeune écrivain, qu'ils accablèrent de leur verve sarcastique*.

i. Sainte-Beuve apprécie de la manière suivante les critiques de Morellet : ■ Ce qui retient ou sèche quelquefois ses larnies à la lecture de l'ouvrage dont U s'agit, c'est, dit-il, l'affectation, l'enflure, l'impropriété des termes et

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