Cf., t. n, p
2. Daru était un homme fort distingué qui avait de» amis dans tou» les groupes. C'était un méridional de Montpellier, de deux ans plus âgé que
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jeûner fait chez Picard, où Alexandre Duval avait lu sa comédie, les Amours de Shakespeare^ et Picard, M, Miisard ou le temps comme il passe, Andrieux faisait reloge de ces deux ouvrages et il parlait ensuite, avec un peu de dépit, de la comédie dont il était l'auteur, le Mariage clandestin, car il en était peu satisfait, et les conseils de Daru lui manquaient. Oh ! certes, la philosophie, les romans, les poèmes, laissaient fort indifférent ce groupe d'hommes rieurs et caustiques. Le jeu des acteurs, les chances sup-
Brmaparte (né en 1767), un ami de Noiipirède et de Fabre de rHêrault, et fils du secnHaire de l'intendance du i<<anguedoc. Il avait des aptitudes presque universelles, latiniste et poi'le. Il avait composé un poème, Woihington, et il traduisait Horace. Sainte-Beuve lui a consacré un de ses chapititîs. En voici quelques extraits :
«< Commissaire des guerres, à Rennes, en 1792, sous les ordres de Péliet. En lan IV (1796) son am! Pétiet étant ministre de la Guerre, Daru reprit ses fonctions administratives, comme conunissaire ordonnateur, chef de division. Ce fut là qu'il connut Bonaparte.
« Pendant quil était encore en Italie, comme inspecteur en chef aux revues, dans l'hiver de 1801, une fenune auteur de petits vers et d'un éloge plus sérieux de Montaigne, M"" de Bourdic-Viot, qui s'appelait sa compatriote, lui écrivait ces mots affectueux et tojit littéraires, qui, apri's les titres officiels et sévères que nous vouons d'énumérer, peignent bien la double existence de Daru à cette époque. « Quand nous sercz-vous rendu* Notre lycée républicain n'a (junn cri après vous. Venez y ranimer le goilt
des beaux vers, en nous lisant les vôtres Nos professeurs sont excellents.
Cuvier surtout nous enchante. 11 parle d'histoire naturelle comme Buffon. et appuie tout ce qu'il dit ))ar des démonstrations si fortes, que la raison qui écoute n'est jamais chr>quée. La Har|)e continue son cours de littéraure. Rœdei-er et Garât n'ont encore rien dit, mais ils ouvriront bientôt leurs cours. Saiut-Ànge a fait imprimer ses Métamorphose* ; Chénier prépare « aux Français » un Don Carlos »
On avait lu, l'année précédente, au lycée, le conte imité de Costi et fait par Daru : Le roi malade^ ou la chemise d^un homme heureux. En 1800, une bluette, Visite chez un tfrand hotnme. C'était la visite, au Louvre, à Ijebrun- Pindare, qui y habitait. Voici la fin du morceau :
Quoi contraste de voir, sur ce lit fortuné, Au lieu du blond Phébu», digne amant de Daphné, l'n élique Apollon, à INeil terne, au teint pile, Etalant deux grands bras .^ur un linge assez sale, Et eoiffé d'un velours, aux mites t^chappi^, Que ceint, en auréole, un vieux galon fripé.
S'il est vrai que Lebrun ait dit, en une de ses épigranunes, qui l"i échappaient si aisément : « Je ne lis point D... J'aime trop mon Horace >, Daru, dans ce portrait, le lui a bien rendu.
LES GROUPES LlTTERxilRES 235
pulées d'un triomphe ou d'un échec absorbaient leur pensée bien davantage. Jadis, comme aujourd'hui, chez nos auteurs dramatiques, le théâtre rétrécissait l'envergure de leur vision. Andrieux et les autres ne voyaient rien au delà. Toute leur vie se passait sur les planches et dans les coulisses obscures de la scène. C'était leur plus large horizon, et rien ne leur semblait plus beau qu'un trait d'esprit fort acéré.
Un groupe plus important s'était formé chez M"' de Beaumonl, où Joubert avait attiré Fontanes, ainsi que Chateaubriand, et, avec eux, Chénedollé, Pasquier, Mole et (iueneau de Mussy, Tous, sauf Fontanes et Joubert, étaient jeunes, et, quoique les aînés des autres, c'étaient ceux-ci pourtant, Fontanes et Joubert, qui se laissaient entraîner dans Vorbite de l'homme de génie, de l'écrivain merveilleux qu'était Chateaubriand. Ils n'étaient, en ce temps-là, ni les uns ni les autres, des hommes de lettres bien défmis, plutôt des hommes du monde, passant beaucoup de leur existence dans les salons et dans celui de M"*" de Beaumont, où ils discouraient sur les tendances littéraires du nouveau siècle. Chateaubriand y était admiré, mais Joubert y était écouté et respecté. Son âge d'abord, ses immenses lectures, le tour de son esprit lui donnaient un grand ascendant sur ses amis. 11 usait d'expressions originales, de comparaisons piquantes, qui s'incrustaient dans l'esprit de ses auditeurs. Toutes ses pensées révélaient un philosophe, quoiqu'il ne pût supporter les derniers venus, Voltaire et les encyclopédistes. Dans sa bibliothèque on n'aurait trouvé aucun ouvrage du châtelain de Ferney, ni de Rousseau. 11 rétrogradait jusqu'au xvii* siècle
et même jusqu'au siècle de Périclès; et Platon était son auteur de choix.
Il avait fréquenté, cependant, à son arrivée à Paris, La Harpe, d'Alembert, Marmontel, et, disciple de ces libres esprits, il était devenu chrétien. La sécheresse d'âme de ces philosophes n'avait point détruit l'enthousiasme de son cœur. Il éprouvait toutes les sensations du poète ; il lisait avec recueillement Homère et Virgile ; il en appréciait toutes les beautés, toutes les délicatesses, et son imagination s'enivrait de la magnificence de leurs images. 11 écrivait peu, il pensait, il rêvait.
— Je suis comme Montaigne, disait-il, impropre aux discours continus. En toutes choses il me semble que les idées intermédiaires me manquent ou m'ennuient trop.
11 lui suffisait donc d'exprimer ses idées en courtes phrases, et il les remaniait, il les reforgeait jusqu'à ce qu'une goutte de lumière, — c'était son mot, — les eût éclairées, rendues diaphanes et accessibles à toutes les intelligences.
Les lettres, qu'il a laissées, étaient écrites à M'"'' de Beaumont, à laquelle, ô cinquante ans, il s'était attaché d'une affection paternelle ; écrites aussi à Chateaubriand, qu'il savait être aimé d'elle et qu'il aimait pour son style enchanteur et ses conceptions poétiques, si neuves et sans modèle nulle part.
« Chateaubriand, écrivait-il, produit avec le feu. Il fond toutes ses pensées au feu du ciel. »
Et, le comparant à Bernardin de Saint-Pierre, il ajoutait :
'i Bernardin écrit au clair de lune; Chateaubriand, au soleil. »
« Cest un égoïste qui ne pense qu'aux autres »,
disait de lui son jeune ami. Et justement Joubert pariant de lui-même prétendait que son esprit était frileux et ressentait le besoin d'un entourage aimant oh son cœur pût se reposer à Tabri des méchancetés du siècle. L'isolement lui était odieux. Ses journées se passaient en correspondances avec ses amis. Il leur racontait sa vie ; il désirait qu'ils lui racontassent la leur. Ses lettres, pleines de détails, de petits faits poétiquement choisis, de souvenirs émus, sont douces et tendres et tout empreintes de sollicitude pour ceux qu'elles visaient, concernant leurs plaisirs ou leur santé. Et cet égoïste, « qui ne pensait qu'aux, autres », l'avait bien démontré lorsque, se trouvant à Villeneuve, où l'avait appelé l'un de ses parents, il préparait à son ami Fontanes un mariage honorable, avant d'avoir songé à lui-môme.
L'homme se fait bien connaître, lorsqu'on l'envisage à la fin de sa vie, retiré en sa maison de la rue Saint-Honoré, au cinquième étage, dans sa bibliothèque, où l'on n'apercevait, suivant sa remarque, que peu de terre et beaucoup de ciel. Ses livres, sur les rayons, ne possédaient point toutes leurs pages : celles qui lui avaient déplu étaient enlevées et déchirées, et le volume restait amaigri dans sa couverture trop large. Ici et là, dans les marges, des signes qui lui rappelaient ses impressions : triangles, fleurs, thyrses et même soleils. S'il souffrait, il se maintenait au lit, toute la matinée. Il se faisait apporter des livres autour de lui et, avec un gant ciré, il en frottait la reliure, y mettant d'autant plus de soin qu'il avait eu plus de peine h se les procurer et à en jouir. Quand il écrivait, il se servait de papier grossier et rugueux, comme les vieilles gens, et
son orthographe désignait Thomme habitué à Tétyinologie latine : ainsi, en caractères fermement tracés et appuyés : aiictoi^ilé^ thrésor.
Sainte-Beuve, quia composé, sur lui, un chapitre intéressant , a résumé son j ugement dans cette ph rase :
« Joubert voulait voir l'enfer du bon côté. Il gardait, jusque dans ses plus grands abattements, sa bienveillance et sa sérénité. »
Fontanes, moins âgé que Joubert, n'avait pas, dans ce groupe, l'influence de son ami. Mais, homme de lettres et versificateur habile, disciple des grands modèles classiques, dont il n'était qu'un pâle reilet, il s'était voué, néanmoins, à l'admiration de Chateaubriand. Au début du Consulat, il avait quarante-trois ans, et, depuis vingt ans, il avait publié plusieurs poèmes : h^Forêt de Novare^ une Tradifclion tlePopeJeVrrger^ le Jour des morts dans la campagne. Ensuite, sa vie avait pris une autre direction. La politique l'avait enveloppé de ses lluctuations décevantes ; il ne s'en était point corrigé. Au coup d'Etat de fructidor, afin d'éviter la transportation, il s'était réfugié en Suisse, puis en Angleterre où il connut Chateaubriand. Ils se lièrent ensemble d'une forte amitié. Fontanes avait le goût épure par l'étude, et il conseilla efficacement son jeune ami, tout dévoué aux lettres et s'y montrant supérieur. Chateaubriand, inexpérimenté, accueillit sans orgueil les critiques de son conseiller et, rentré en France, il refondit tout le Génie du Ckristlanisme^ commencé à Londres. Cette docilité attacha plus solidement Fontanes à Chateaubriand. L'œuvredu jeune auteur lui sembla presque* la sienne ; et, prévoyant la renommée et la gloire qui allaient suivre, il analysa, dans le Mercure^
et pompeusement fit valoir l'ouvrage, qui retenait l'admiration des hommes politiques et suscitait une émotion extraordinaire dans la foule. En vain, les vieux auteurs et les philosophes tentèrent de déconsidérer Tœuvre et Técrivain, d'arrêter la vogue et le nombre des éditions toujours plus nombreuses. Aucune attaque, aucune satire, aucun libelle contre l'ouvrage, ni Morellet, ni Ginguené, ne réussirent dans leurs efforts. Ce livre répondait, avec trop d'éloquence, à l'attente passionnée des âmes déçues, au besoin qu'elles avaient de croire et d'être consolées.
Fontanes, chez M"" de Beaumont, ne montrait point l'assiduité des autres visiteurs. Son cœur était pris ailleurs, dans la famille des Bonaparte, chez Elisa Bacciochi. Et puis, peu à peu, la politique Tenivra. Il cédait à l'engouement général pour le Premier Consul. L'homme puissant le fascinait et il en attendait de belles récompenses. Quand il fallut prononcer le panégyrique de Washington, qui venait de mourir, il en fut chargé, et il s'en acquitta glorieusement, sans froisser personne et sans se compromettre; si bien qu'un jour, grâce à ces complaisances et îi cette souplesse, il fut nommé président du Corps législatif.
Il n'en demeura pas moins l'ami de tous les hommes du groupe, de Chateaubriand et des autres qu'il n'abandonna pas. Mais, quand il manquait aux petites soirées du salon de la jeune femme, entourée, par tous, de soins et d'hommages, son absence n'y produisait aucun vide. 11 n'était pas celui que l'on attendait. Pendant ce temps, et la soirée avancée, il courait au pavillon de Marsan, vers une petite porte des Tuileries, toujours ouverte en sa présence, et il montait jusqu'au cabinet de
Bonaparte, qui lavait mandé. L'un et l'autre aimaient ces entretiens. Bonaparte recherchait en Pontanes un admirateur, un excitant pour les grandes choses et ses vastes projets, et Pontanes, en Bonaparte, un audacieux pour réaliser son rêve : la restauration de Tempire de Gharlemagne. Quant à ses amis, lorsqu'il se trouva grand-maitre, àTUniversité, il n'en oublia aucun, et Joubert et ChénedoUé reçurent un témoignage de son attachement. Il en fit des conseillers.
Que dire de Chateaubriand qui ne soit déjà connu ? Dans ce salon et dans ce groupe, il était Thomme admiré; — il était l'homme nécessaire. Il le savait et, quoique la célébrité fût récente pour lui, iln'en jouissait pas comme un novice ; il aimait à se faire désirer, à se draper dans sa mélancolie, dans son détachement des honneurs mondains. 11 aurait été très affecté de l'indifférence de son entourage; et cependant il se disait sauvage, solitaire déjà désabusé, dans une jeunesse à peine finissante, de toutes les attentions de la foule. 11 voulait paraître sombre. Il ne se déridait que devant quelques privilégiés : Joubert, MoIé, causant, plaisantant comme un jeune fou. Et il reprenait son attitude grave et inconsolée de souffrances secrètes, dès qu'il se sentait observé. Joubert le connaissait jusqu'à son tréfonds, et il l'a peint avec exactitude dans plusieurs lettres qui sont restées. M"" de Staël le jugeait plus sombre que sensible. Sensible, pourtant, il l'était, mais sur son propre sort, sur lui-môme, dont il parlait sans cesse. Quel que fût le sujet qu*il traitât, il parvenait toujours à y glisser une note personnelle.
Ce fut un grand égoïste, un perpétuel orgueilleux, qui se voulait faire passer pour modeste et sans
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ambition. Nullement hypocrite, cependant. Il ne faussait point sa nature dans ces écarts de vanité. Use persuadait de son humilité, de sa vertu, en proclamant très haut son petit mérite ; mais sachant le contraire, il démontrait son grand talent en des articles, étincelants de verve et de poésie, afin de n'(*tre point confondu avec les vulgaires écrivains. Il savait t^tre grand, en se disant tout petit.
On ne peut oublier aujourd'hui que son influence fut immense sur la société du Consulat; qu'il aida puissamment Bonaparte dans la restauration de la religion catholique ; qu'il créa une littérature nouvelle et revivifia les sources de la poésie, depuis longtemps desséchées. Après lui, on ne craignit plus de se dire chrétien et même catholique. La bonne compagnie s'inspira de ses idées. Il y eut, dans les salons, toute une phalange de jeunes croyants qui arborèrent leur foi avec autant d'éclat que leurs pères avaient démontré jadis leur scepticisme et leur légèreté. II fut de bon ton d'être religieux, comme il l'avait été, autrefois, de suivre les préceptes de Voltaire et de s'associer aux railleries des philosophes. On prôna le gothique et les usages du moyen âge, on exhuma les vieilles légendes de notre histoire, on s'en éprit, on exalta l'architecture de nos vieilles cathédrales. Il y eut toute une efflorescence, toute une recrudescence de vie nationale. On renoua les liens brisés avec nos antiques traditions. Merlet a cité, dans son tableau do la littérature sous le Consulat, les jugements de quelques critiques sur les effets produits par le Génie du Christianisme. De Sacy disait que Chateaubriand « avait dressé la croix sur toutes les avenues de l'intelligence humaine, et qu'il avait contribué le plus efficacement à la convalescence d'une
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société malade. » La Harpe, après sa conversioD, lança aux philosophes cette apostrophe :
— Ah! Messieurs, vous avez affaire à plus fort que vous ^ !
ChônedoUé, patronné par Chateaubriand, jeune Breton de son âge, que Tamour des lettres et de la poésie lui avait rendu sympathique, fréquentait aussi le salon de M*"' de Beaumont ; et, d'un caractère charmant, il avait été pris en affection par tous ceux qu'il y rencontrait. Nature élégiaque, âme tendre et douce, la Révolution Tavait poussé dans l'armée des princes, parmi les émigrés. Il séjourna en Hollande, puis à Hambourg, où il s'associa à Rivarol, pour la composition d'un nouveau dictionnaire de la langue française. Le caractère railleur et la paresse de ce nouvel ami ne convenaient point à la nature aimable et grave de Ch(^,nedollé. Ils se séparèrent. L'émigré passa en Suisse et s'y fit présenter h M""' de Staël, dont il garda un souvenir d'admiration. Il disait d'elle :
« M""* de Staël n'avait pas une parole plus svelte, plus rapide, plus splendide, plus variée que Rivarol, mais elle l'avait plus vive encore et plus ardente. En un mot, elle était plus toiirhillon. Elle vous en-
1. En SCS Mémoires, Chateaubriand a donné celte note sur la littérature de celte époque : « Le changement de littérature dont le xix* siècle se vante lui est arrivé de l'éinigration et de l'exil ; ce fut M. de Fontanes qui couva ces oiseaux d'une autre espèce que lui, parce que, remontant au XVII* siècle, il avait pris la puissance de ce temps fécond, et perdu la stérilité du xviii* siècle. Une partie de l'esprit humain, celle qui traite de matières transcendantes, s'avança seule d'un pas égal avec la civilisation ; malheureusement, la gloire du savoir ne fut pas sans tache: les I^placc, les Ijigrange, les Monge, les Chaptal, les Berlhollet, tous ces prodiges, jadis fiers démocrates, deviennent les plus obséquieux serviteurs de Napo* léon. Il faut le dire à l'honneur des lettres : la littérature nouvelle fut libre, la science servile; le caractère ne répondit |X)int au génie, et ceux dont la pensée était montée au plus haut du ciel ne purent élever leur àme au-dessus des pieds de Bonaparte; ils prétendaient n'avoir pas besoin de Dieu, c'est pourquoi ils avaient besoin d'un tyran. >
traînait, elle vous forçait à rouler dans son orbite. »
Et il ajoutait:
« M*"' de Staël a plus d'esprit qu'elle n'en peut mener. »
Chateaubriand quittant Paris pour occuper son poste à Tambassade de Rome, le jeune poète rentra en Bretagne, où il vécut quelques années, philosophant, rêvant, écrivant des vers, son poème, le Génip de rhomme, qui lui aurait fait grand honneur, s'il eût été publié plus tôt.Ilyadu souffle, de l'imagination, du grandiose en ses conceptions. La défiance de soi, une sorte de pudeur littéraire empêchèrent Tami de Chateaubriand de se produire. Qu'est-ce que ce poème? Chônedollé Fa dit luimôme : « L'homme lève d'abord ses regards vers le ciel ;il les laisse ensuite tomber sur la terre, puis il les reporte vers les cieux, et enfin il recherche quelles sont les lois sous lesquelles il vit. » Tout cet ensemble, — description des cieux et de la terre, — forme le poème, le Génie de l* homme,
Pasquier et Mole étaient ses familiers les plus intimes, ceux avec qui il discourait de préférence et, presque toujours, sur Montesquieu et sur Bossuet. Il recherchait ces causeries, qu'il qualifiait de promenades, poursuivies « en long et large, à droite et à gauche, et même en serpentant».
Quant à Guéneau de Mussy, Joubert nous en a laissé le portrait suivant:
« Sa conversation est très fleurie, disait-il ; mais ses fleurs n'ont pas l'air de naître spontanément. Elles ont l'air de ces fleurs de papier peint qu'on prend dans les boutiques. La nature n'a pas fait ces roses Queneau de Mussy ne sert pas chaude»