IV
alternativenient du drame à la comédie, et de la tragédie à TOpéra. La salle élait vide le plus souvent, quoique les comédiens, comme Beaupré et Dussault, se crussent les égaux de Mole et de Fleury.
Le Théâtre du Marais, à l'extrémité de Paris, rue Culture-Sainie-Gatherine, n'était ouvert que tous les dimanches. Ce jour-là, il survenait quelquefois les plus fâcheux incidents, soulevant un orage au milieu de Tassistance. Le spectacle était commencé. Un acte était joué et le rideau ne se relevait pas. Cris et tapage au parterre. Alors un des acteurs annonçait piteusement que Tun de ses camarades, et le pins important, avait disparu, emportant la caisse et le travestissement de son personnage, et que le spectacle ne pouvait continuer */
Dans l'antichambre de Barré, directeur du Vaudeville, se présentaient autant de solliciteurs que jadis, dans les salons du duc de Richelieu ; et Barré, plein de morgue, les faisait attendre. C'était le temps de la grande prospérité de ce théâtreoù se suivirent les œuvres de Dupaty, de Bouilly, de Désaugiers^ et celles de Barré, le directeur, associé à Radet et à Desfonlaines. Quelques acteurs de la troupe, au surplus, montraient du talent. Vertpré^ triomphait dans l'imitation des personnages célèbres ; Carpentier, dans les niais; Chapelle, dans le rôle des
1. Le théâtre du Marais a été le berceau de la famille Balisle. Dans Robert, chef de brigands, qui y fut joué d'origine, l'auteur, Lamartillièret y avait réuni Batiste aine, son frère cadet et celui qui est mort colonel, sous Napoléon. Il y a eu aussi l'épouse de cet aîné, qui a donné au théâtre sa tille, M** Desmousseaux (Charles Maurice, ffist. anecd, du théâtre).