‹ La société française pendant le consulat (volume 4)Chapitre 59 sur 119 · Marc-Desgranges, p · texte numérisé non relu

Marc-Desgranges, p

En son volume ai docamenté, M. MaroDesgranges donne quelques

science insuffisante, de jugement trop débile, pour combatre uu adversaire, si bien armé et si redoutable. Il fallait discréditer pourtant cette renommée encombrante, et ils usèrent de mensonges, accusèrent Geoffroy d'ivrognerie et de vénalité. Si une faute d'impression se glissait dans son feuilleton, si, par hasard, il mettait le nom d'une actrice à la place d*une autre, tous les journalistes, en chœur, lui criaient : « Citoyen (ieoffroy, relisez vos écrits à jeun*. » Et le Courrier des Spectacles^ chaque jour, Taccusait d'exiger un tribut perma-

exemples du ton de grossicrelr qu'aflfpclaient ce^v petits journalistes en>er8 Geoffroy. Celui-ci, d'ailleurs, ne se privuit point de gros mots. Voici comment il parlait de I^pan :

« Quel est ce misérable universellement méprisé pour son peu d>8prit et de talent, plus diffamé encore pour sa gi'ossièrcté et sa bassesse?.. Ce petit homme qui ne craint pas que l'on fasse jamais sur lui de caricalare, car il en Tait lui-même..., et le plus grand artiste en caricature ne peindrait pas mieux un sot qui fait le capable?... ce nain littéraire, si hargneux et si roquet, quoique toujours borné. »

C'est en ces termes que (ieoffroy nous présente Ijepan.

Villiers, dans son Chiffonnier^ complète le portrait :

Connttiiisez-voas Lepan au minois décrépit,

Et Duininil à face rebondie?

Eh bien ! tous deux ils sont rong-és de jalousie ;

Mais l'un en meurt, et l'autre en tïI.

... Nous devons croire que les artistes partageaient le mépris de Geoffroy. On rapporte, en effet, que M"' Vanhove, entendant faire l'éloge de ce petit homme ignoré et présomptueux, répondit par ce calembour : « I^pan ne vaut pas un dindon. »

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