‹ La société française pendant le consulat (volume 4)Chapitre 61 sur 119 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Sommaire. — Pièce de circonstance, la Girouette de Saint-Cloud,

— Les Gardel et les Veslris» danseurs à l'Opéra. — Lettre de Geoffroy, à Devismes, directeur de l'Opéra. — Annetie et Lubin; reprise de cette pièce de Favart. — Aviodantf pièce d'Hoffmann ; le Cabriolet jaune^ de Ségur. — Le chanteur Garât.

— Pinto^ pièce de Lemercier; première au Théâtre-Français. — Rentrée de M"* Raucourt, dans Phèdre. — Le Philinle de Molière de Fabre d'Eglantine. — Rentrée de M"* Contât. — Débuts de Lafon. — La vogue des bouffonneries, aux théâtres des boulevards. — I^s parodies au Vaudeville. — Au Théâtre des Troubadours, le Rémouleur et la Meunière^ du chevalier de Piis.

A lire la rubrique des théâtres, dans les journaux de l'époque, au mois de brumaire an VIII, si le curieux ne reportait son regard sur Tintérieur des colonnes, il ne connaîtrait point la révolution tramée contre le gouvernement. Les spectacles du lendemain étaient pareils à ceux de la veille; les « reprises » annoncées, les premières représentations arrivaient à leur date. Les plaisirs de la grande ville se poursuivaient sans encombre. Quelques jours après, seulement, le Vaudeville afficha une pièce indiquant un spectacle anormal, la Girouette de Saint'Cloucl, tissue d'allusions aux palinodies de tous les hommes politiques S ennemis la veille de

1. Deux coupleu de cette pièce, cités par le D' Véron, en ses ^féwoires^ eurant, dit-il, les honneurs du ai». Les voici :

Nous connaissons certain génie, Actif autant qu'il «st puissant,

LES SPECTACLES DE l'aN VIH 289

Bonaparte, ses partisans dévoués, le lendemain, dès qu'il fut le triomphateur du jour. En vingtquatre heures, elle avait été composée, apprise et jouée aux applaudissements de la foule.

Avant que Geoffroy n'eût pris le feuilleton des Débats^ en cette première année consulaire, les anciens errements se continuaient dans tous les théâtres parisiens ; les grandes scènes lyriquesétaicnt livrées aux mêmes méthodes de chant, les grandes scènes tragiques, aux mêmes coutumes de déclamation. Les directeurs s'admiraient en leur gestion, vivant en une béatitude qu'aucun critique influent ne troublait. A l'Opéra, heureusement, le répertoire était excellent ; les chanteurs, artistes de

Qui liait, de l'Europe à l'Asie, Franchir l'espace en un moment.

Si, dans ses course* immortelles, Il nous mit à couvert purlout, Je omis qu'aujourd'hui, de ses ailes.

Il pourra bien couvrir Sainl-Cloud.

La fuite en Egypte, jadis, Conserva le sauveur des hommes; Pourtant quelques maliuM esprits En doutent, au siècle où nous sommes.

Mais un fait bien sûr, eo ce jour.

Du vieux miracle quoiqu'on penne, C'est que de l'Egypte, un retour, Ramène un sauveur à la France.

Muret {V Hiatoire par le théâtre p. 185), détaille ainsi les nombreux avatars de Tourniquet^ un des personnages de la pièce :

Cbumetlislc,

Jacobin,

Sur la liste

Maratif^te

Il n'insiste,

Longue et triste [riate.

Royaliste,

Ni persiste

Que forma l'esprit robespier-

Anarebisle

Jamais ;

11 n'existe.

Héberliste,

Mais

Pas un iste,

Daotonisle,

Il suit tout à la pis

te.

Qu'en un jour.

Baboaviste,

De clubiste

Il n'ait pris lour à luur.

Brissolin,

Se désiste

Girondin,

Sans effort.

En faveur du

plus

fort:

Et Muret ajoute : « Ainsi le théâtre, qui avait tant célébré lallëpubliqiie. l'enterrait gaiement en couplelj». >•

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