‹ La société française pendant le consulat (volume 4)Chapitre 96 sur 119 · Souvenirs d'un vieux parrain · texte numérisé non relu

Souvenirs d'un vieux parrain

jeunes caillettes, les souvenirs de sa vie aventureuse, les anecdotes de cour qu'il, avait retenues... C'est le prince de Tingri, qui lui a confié ceci : c'est la duchesse de La Vallière (qui vivait sous Louis XV, et dont parle M"* du Deffand), qui lui a rapporté cela. 11 a été témoin de tel fait chez le maréchal de Beauveau; il dînait, lui, troisième, avec le duc de Choiseul, le jour de la disgrâce de ce haut personnage... et des anecdotes secrètes sur la cour, et des histoires scandaleuses de grandes dames, en sait-il, en conte-t-il? Il a tout vu, tout connu; il était partout. Ministres, cardinaux, généraux, ambassadeurs, roulaient autour de sa personne. Tout Tancien régime a posé pour lui... Puis, quand le merveilleux comédien a bien ébloui son monde, il ménage sa sortie, encore comme au théâtre, prend son chapeau, le glisse légèrement sous son bras, à la façon des talons rouges de Versailles, emporte ou laisse, avec Tair d'une noble insouciance, l'argent du jeu, suivant qu'il a gagné ou perdu, et se retire, la tète haute, en faisant un fracas de grand seigneur, en dérangeant les fauteuils ou leurs occupants, et en lançant à la porte une dernière saillie, qui se répète et devient proverbe, « du boulevard Poissonnière h la rue Taitbout ». Ce qui faisait dire au duc de Lauraguais : « Je n'ai pas connu, à la cour, un plus aimable diseur de riens. »

Au faubourg Saint-Germain, c'était une autre allure ; et c'est encore Brifaut qui raconte :

« Autres spectateurs, autre spectacle. Dans ces vastes appartements où rayonnent les monuments séculaires des vieilles grandeurs de la France, il arrive tout humble, tout incliné, saluant bien bas, se cache au dernier rang, derrière tous les fauteuils

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OÙ il faut allor le déterrer, attend rinterrofçation au lieu de la prévenir; confus, en apparence, quand on lui adresse la parole, de Thonncur qu'il reçoit, mais pourtant toujours aux aguets pour saisir l'occasion de prouver que sa personne, discrète ou décente, ne dépare point un salon et que son esprit, fin et délicat, paye son contingent, aussi bien que pourraient le faire, pour cette nature d'impôt, les plus riches contribuables de Tarrondissement. »

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