‹ La société française pendant le consulat (volume 5)Chapitre 31 sur 46 · MiciiAUD, Biographie universelle · texte numérisé non relu

MiciiAUD, Biographie universelle

2. W'iELAND, un grand écrivain allemand, a condensé en quelques lignes toute l'admiration de ses compatri()l(\s pour le génie de Gluck :

« Grâce au génie puissant de M. Gluck, écrit-il, nous voilà donc parvenus

Mozart '■ naquit après Gluck, et, quoique de quarante ans plus jeune, il était célèbre presque en même temps que lui. Il fut, en efïct, un prodige de précocité. Né à Salzbourg- en 173(), il était i^i;é de sept ans à peine que déjà il parcourait l'Europe, accompag-né de son père et de sa sœur, donnant des concerts où la foule accourait voir l'enfant rivaliser, avec les plus vieux maîtres, d'habileté, d'expression, de science musicale. Telles sont, d'ailleurs, en toutes ses œuvres, ses qualités maîtresses. Nul n'a surpassé l'exquise tendresse de ses cantilènes d'amour ; nul, la force et la hardiesse des grands morceaux de ses opéras. Il fut, en son temps, l'exécutant et le compositeur incomparables, brillant météore éphémère, qui ne dura que pendant quelques années de jeunesse, puisqu'il mourut à trente-cinq ans, épuisé par les accidents de sa vie aventureuse et passionnée, laissant des œuvres d'une fraîcheur, d'une clarté et d'une pureté, que d'autres n'ont pu égaler.

Suard, quia écrit sur l'admirable artiste une étude intéressante, dit qu'il fut toujours un enfant, incapable de résister à un désir, aitolé par une fantaisie, n'écoutant plus sa raison, nerveux, irritable, prêt à tout sacrifier à l'impulsion qui le dominait. Et pour-

à r(''i)iHHi(' où la musique a recouvré lous ses droits. C'est lui, et lui seul, qui l'a rétablie sur le trône de la nature d'où la barbarie l'avait fait descendre, et d'où rigaorance, le caprice et le mauvais goût la tenaient, jus(|«'a présent, éloignée. Frappé d'une des plus belles maxinies de Pytliapore, il a pri'féré les Muses aux Sirènes, il a substitue-, à de vrais et faux ornements, cette noble et précieuse simplicité qui, dans les arts comme dans les lettres, fut toujours le caractère du vrai, du grandet du beau. Kli ! quels nouveaux prodiges n'enfanterait pas cette âme de feu,, si quelque souverain de nos jours voulait faire, pour l'opéra, ce que fit autrefois Périclès, pour le théâtre d'Athènes ! "

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