‹ La société française pendant le ConsulatChapitre 14 sur 37 · Ghaptal. Souvenirg,p · texte numérisé non relu

Ghaptal. Souvenirg,p

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ser le pont sous le feu de l'ennemi. Il y reçut sa dix-septième blessure 1 .

Cette bravoure étonnante l'avait fait surnommer le Roland de l'Armée; et Junot l'admirait comme le chef le plus brave qu'il connût. Son courage était toujours égal, disait-il, au début de l'action, comme à la fin ; aussi calme sous le crépitement des balles que sous la tente. Il méprisait le danger ; il le narguait. Il ignorait la crainte. Le sang-froid ne l'abandonnait jamais. « A ces avantages inappréciables dans un chef d'armée *, il fallait ajouter, disait encore Junot, ceux d'une rapidité de coup d'œil et de conception, d'une justesse d'appréciation, qu'il n'avait rencontrés dans personne, après le premier Consul. » Bonaparte confirme ce jugement à Sainte- Hélène, disant : « Rien n'était beau comme de voir Lannes au milieu des combats. Je l'ai pris pygmée, il est mort géant '.»

1. Dans ses Mémoires, Ta lleyrand (t. I, p. 300), cite cette anecdote sur Lannes.

« Au bout de vingt heures, je quittai Austerhtz. J'avais passé deux heures sur ce terrible champ de bataille. Le général Lannes m'y avait mené, et je dois à son honneur, et peut-être à l'honneur militaire en général, de dire, que ce même homme qui, la veille, avait fait des prodiges de valeur, qui avait été d'une valeur inouïe, tant qu'il avait eu des ennemis à combattre, ftit au moment de se trouver mal quand il n'eut plus devant ses yeux que des morts et des estropiés de toutes les nations. Il était si ému, que dans un moment où il me montrait les diflérents points d'où les attaques principales avaient été faites : « Je n'y puis plus tenir, me dit-il, à moins que vous ne vouliez venir avec moi assommer tous ces misérables juifs qui dépouillent les morts et les mourants. »

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