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LA RÉVOLUTION LT LE DARWINISM

Lorsque Darwin formula ses ul COPNs sur « l'évolution », tous les savants oflicicls, nc voyant que Ja mise bas du dogme religieux de la création divine, sempressérent de le conspuer, [ls avaient déja ciouflé Lamarck, mais ceuté fois, l'idée avait progressé, les esprits étaient préparés, l'idée de l'évolution résista à leurs attaques et fit Son entree dans le monde scientifique.

Par contre, dans certains milieux, on crut y trouver la justification du régime politique actuel, la condamnation des révolutions du prolétariat, la justification de l'exploitation qu'il subit, et on s'empressa d'accommoder la « lutte pour l'existence », la « sélection » et « l'évolution » à de telles sauces que le savant anglais ne dut, certainement, son idée, dans la poupée que l'on avait ainsi habillée.

S'emparant des théories émises par le continuateur

des Lamarck, des Goëthe et: des Diderot, la tourbe

LA SOCIÉTÉ FUTURI 10 que € ens-Jà ettent de chos tout en s'employantde jeur mieux à 1 ustitier et à load} Cr «1 1e tant LI dISParaissen d I] 1 ill l | l L b \ «ie reform nai la n eu jue le produit du 1en) | { l'U lu | hum 111 \ C \ qu entein ) ou intellisen de faire Jeu t | melce et à 1m 1 la ) cicté ! itagonisme fut tOuJours et ntinue d& tre une de uses des pro£t iumains!

Et les bou is, d ( ù la Jeciure de ces lignes tant de fo de dodeliner de la iète et chener de Piuil, en t qui résume si bien Jeur CS e fu

Un homme qui n dans un n ‘dc ( cu \ famille n | en de ie nourrir ou si la socic Val besc { 1 11] t homme di ] I a} | 101 11 it a FCCIA er Une } tion quelconque de nourriture, 11 est réellement de tro irlatert \u crand il JUL \nature, In a point d UV | ur ui, Ha nature Jui commaindc d 1 il [e 1 lu} 1 Inetire € méme cet ordi ce 1 Lo ue Ja nature se charze de gouvern td ini tu 1l tion bien mepri cd ct ireiut a her lc ( tre des mains. Qu homm nt donc livré at chäitiment que | ire lui intlige pour le punir de son indisrenx MUITtau } ( l 1C 10 de la nature | nidanin fut « faim UX SOUHIrANCeS, € il 1 C1 Î bre \ de mourir de faim, ils ne le doivent qu'à quel bien-

faiteur COM PALTISSANI jut,

secourant, desobeit

aux lois de la nature!!!» :Malthus, Essai sur la po-

pulation.)

On le voit l'aveu est net, et la menace des plus catégoriques: « Tout indigent n'a pas le droit de vivre! S'il parvient à se maintenir à l'aide des rogatons que lui abandonne la munificence de quelque charité publique ou privée, ce n'est qu'une simple bonté de la part des maitres! Travailleurs que le chômage force souvent à avoir recours à l'emprunt et au crédit, rappelez vous que vous n'avez pas le droit de vivre si vous n'avez ‘pas de capitaux en réserve. Ne venez donc pas nous casser la tête avec votre droit à l'existence, Ne Le proclamez pas trop haut. Prenez garde! peler que c'est un crime d'être

on pourrait VOUS ra né indigent, que voire existence n'est qu'un simple acte de tolérance, de la part de ceux qui possèdent. lravailleurs, qui crevez de faim sur vos vieux jours alors que vos forces se sont usées à produire Îles richesses qui augmentent la somme des jouissances de vos exploiteurs, c'est un crime d'être venus au monde de parents pauvres et de ne pas avoir su se faire des rentes. lenez-vous pour satisfaitsque des « protecteurs compatissints » aient encore bien voulu employer vos services, alors que vous étiez capables de mettre en œuvre les capitaux dont, sans vous, ils n'auraient su tirer aucun parti. On a bien voulu vous laisser vivre alors que vous étiez utiles, que l'on pouvait exploiter vos facultés productrices, c'était déjà une bonté d'âme, mais maintenant que vous étes fourbus, plus bons à rien, dépèchez-vous de disparaitre, vous gé-

nez la circulation, on ne vous doit plus rien. »

LA SOCIETÉ FUÜTURI 21

Cet aveu n'est pasisolg, il y en a d'autres, écoutons : «. Le Darwinisme est tout, plutôt que socialiste. Si l'on veut lui attribuer une tendance politique, cette tendance ne saurait être qu'aristocratique. La thcorie de la sélection n'enseigne-t-elle pas que, dans Ja vie de l'humanité comme dans celle des plantes et des animaux Partout et toujours une faible minorité privilégiée parvient seule à vivre et à se développer, l'immense majorité, au contraire. patit et succombe plus ou moins prématurément. La cruelle lutte pour l'existence sévit partout. Seul le petit nombre élu des plus forts ou des plus aptes, est en état

de soutenir victorieusement cette concurrence,

« La grande majorité des concurrems malheureux doit nécessairement périr. La sélection des çlus est liée à la défaite où à la perte du grand nombre des êtres qui ont survécu... » Haeckel (vité par E. Gau tier dans le Darsrinisme social.

Cette fois-ci, crève Ja faim ct MISCTEUX, ON ne vous l'envoie pas dire: Je développement de Ja bourgeoisie entraîne fatalement la perte des prolctaires, sinon du prolétariat; chaque jouissance nouvelle apportée par la science à la bourgeoisie correspond à une souffrance nouvelle pour les travailleurs. Pour que l'exis tence de la bourgeoisie soit assurée, il faut qu'elle aitrivé définitivement le prolétariat sous le joug où elle le tient courbe. Ce n'est pas nous qui le lui fai-

sons dire, c'est M. Haeckel, un bourgeois, un savant

qui doit savoir ce qu'il dix, puisqu'il a ciudié pour cela.

N'est-il pas révoltant de voir les bourgeois étaler

u! , Voila ce que

NUIIQUE

«lite de l'huma-

est itin

qui démoli

niaivht tout

Peau, et eurent

Leurs descendants sont Peut-être

Payer de leur |

avec les loj:

lOCCS, mais trop Jâches pour Is cherchent à escobarder méÉnIx

font eux-mémes.

descendants de cette race forte, COMMUNS du mo\en

sioire: tombé dans l'oubli, CI} lacés Par les SCTOCS |

de la politique

qui ne se maintiennent sur la que pur unc absence compl

ScenC parlementaire

le de toute vergogne, ce

: À qui leur permet d ivaler les camoutlets les plus retissants, avec la méme trän quillité qu'ilsempochent les } de vin, dominant les autres que par une roublardi ju hez eux, remplace l'intelligence, mal 1C lu | La classe bourgeoise est devenue parasite, elle vit ux dépens de ceux qui agissent, de ceux qui travail Jen ant ainsi Ja faculté de produire elle-même.

disposition tou les movens de développement dont nuprivés les travailleurs, en arrivent à tirer, des donn ientitiques que leur éducation leur pernet iulyser, d nclusions pareilles à celles qu u 10)!) de lire, hous somiInes en droit de n demander quel serait le degré de développeent qu'eux-mêmes aui ent atteint, s'ils avaient ct prives d noyens d'étudier.

ux, les mcilleurs! mais pour quelques-uns qui | tnent récllementd CS Im yens de développement que CU la richesse ep la position sociale, richc | sC etforts des. travailleurs, combien dont l'intelligence reste : éritablement inféricure, et qui seraient bien npéchés de vivre S'ils devaient, eux-mêmes produire pour assurer leur exis ence- Combien d'intelligences dont s'enorgueillit bourgeoisie, on elles cté drainces, à son profit, au dutri it du prolétariat, les comptant à son actif, al que C'est CEUX, al contraire, qui l'ont conquise

de haute lutte!

Combien, en revanche, parmi Îles travailleurs, qui

\ SOCIL FI FUTURI

ue des hommes, d'un savoit supérieur, COMME de citer, et dont nous pour-

s allonger Ja liste: des hommes « ui ont eu à leur |

succombent à la peine, exténués par un travail sans relâche et qui, pourtant auraient le droit, en se frappant le front, de réhéter les mots que l'on attribue — vérité Où légende — à André Chénier, marchant à l'échafaud : « Et pourtant, j'avais quelque chose là! »

\h' elle serait curieuse à faire la statistique des célébritcs dont s'enorgueillit la civilisation actuelle, et de savoir celles qui sont arrivées avec son aide, et de celles qui ont surgi, malgré elle et contre elle, et

surtout, d'en comparer les valeurs respectives.

Appartenant à une classe dont l'émancipation n'a été rendue possible qu'à l'aide de la force, nous allons, pour appuyer nos revendications, nous emparer des arguments fournis par les savants officiels eux-mêmes: retournant contre eux leur propre dialectique, nous allons démontrer qu'il nous suftirait ae Jeurs assertions pour justifier du droit qu'ont les travailleurs de recourir à la force pour s'émanciper, Quand, avec les propres armesdontiis prétendent défendre l'ordre bourgeois, nous aurons démontré que, parcille à Ja lance d'Achille, leur argumentation guérit ce qu'elle a blessé, nous démontrerons ensuite toute la faussetc de leurs arguments, nous ferons voir que la lutte pour l'existence n'explique qu'une bien minime partie des faits de l'évolution, qu'applicable aux choses en général, elle est absurde au sein des socictés puisque ces dernières sont la mise en pratique de la loi de solidarité et d'appui mutuel qui en est le contraire, Nous démontrerons, enfin, que la société actuelle, loin de favoriser les plus aptes, les mieux doués, ne réserve, au contraire, ses Jouissances que pour une classe avachic et épuisée; que cette pénurie de vivres, sur la-

quelle ils s'appuient, est un fantôme de leur imagination dont ils se servent pour justifier leur exploitation,

que c'est leur propre 01 ranisation qui la crée, atin de mieux courber Île travailleur sous leur domination, sachant que celui-ci n'y resterait pas longtemps du jour où il ne serait plus tenu au ventre, ou il n'aurait plus à trembler pour l'existence des siens.

Ouand même la « June pour l'existence » serait-elle cntrée, pour une part quelconque dans les facteurs du progrès de l'évolution hum ine,ilest faux qu'elle seule suffise à l'expliquer: ce n'est qu'en torturant Îles faits, qu'on arrive à ju titier les prétentions de l'ambition et de la cupidité; la science et l'histoire s'ac-

À S'arrogcr certaines races, Certaines classes et certains

cordent pour nier celte supre nutic que prétendent

individus, fussent-ils appuyes sur la Force et sur le Nombre.

La religion commençant à bais: er dans la croyance des masses, les bourgeois ont cherché sur quoi ils

pourraient bien étayer leur domination, S'ils pouvalent arriver à faire consacrer leur régime par la science, prouver aux travailleurs que leur situation est la conséquence fatale d'un ordre de choses naturel, aussi logique que la loi de gravitation, ou qu'une équation mathématique, cela serait parfait, Aussi, € sont-ils jetés sur la « lutie pour l'existence » qui venait. il leur semblait du moins, apporter cette justification, à leur propre con: cience.

La lutte, » disentils, «en forçant les individifs à

'ingénier pour trouver leurs moyen de subsistance,

leur a fait développer leurs facultés ; la concurrence

individuelle les force a tenir ces facultés en éveil, ce

qui leur permet de conserver celles nouvellement acquises, mais encore de les élargir, d'en acquérir d'autres encore. La lutte pour l'exisichce est donc la mére de tous progrès, car elle force les individus et les races à progresser indéfiniment, sous peine d'être éli

minés. En faisant disparaitre les plüs faibles, les moins aptes, les moins doués, elle déblaie, au surplus, le chemin pour les plus intelligents! »

Et, toujours d'ajirés eux, il doit continuer d'en être ainsi ; « car si les individus se trouvaient placés dans un état social où la satisfaction de tous leurs besoins serait libfement assurée, où ils seraient tous égaux, où personne n'aurait à obéir, personne à commander, où chacun ne produirait qu'à sa volonté, il n'y aurait plus d'émulation, plus d'initiaive; une société pareille ne pourrait que déchoir, retomber en barbarie, au désordre, à la suprématie de la force brutale! »

Pour combattre ces assertions nous n'avons qu'à

citer les bourgeois eux-mêmes :

«... Un grand inconvénient de la guerre sociale comparee à la guerre simplement naturelle, c'est que les influences de la loi naturelle étant plus ou moins entravées par la volonté et les institutions humaines, cen'est pas toujours le meilleur, le plus robuste, le mieux adapté qui a chance de triompher de son concurrent. Au contraire ce serait plutôt la grandeur individuelle de l'esprit qui serait habituellement sacrifée à des préférences personnelles inspirées par a position sociale, la race, la richesse ». (Püchner, l'Homme selon la Science, pp. 207-208.)

natif

De même la lutte, loin d'être le produit des inéga-

lités naturelles, en sérait la cause, et les défenseurs

bourgeois sont mal venus de s'en targuer pour justifier

leur socicte :

«… Toutesces inégalités, ces monstruosités, il faut, comme nous l'avons dit, les attribuer à la lutte sociale pour vivre, lutte non encore réglée par la raison et la justice, et particulièrement maintenue par les nombreux actes d'oppression politique, de violence, de spoliation, de conquêtes, qui remplissent l'histoire du passe et semblent aux yeux de l'esprit mal éclairé des contemporains une inévitable conséquence du mouvement social... » (Büchner, l'Homme selon la

Science, p.222.)

Dans ces temps reculés, où l'homme confondu avec Je restant de l'animalité, ne possédant, pour toute arme, que ses instincts : le besoin de vivre et de se reproduire, qu'un cerveau rudimentaire où s’imprimaient bien lentement chaque progrès acquis, chaque adaptation nou elle, il a pu se faire quela« lutte pour l'existence » ait té pour lui une condition de vie et de mort, et qu'il ait dus} plier, Tuer pour ne pas être tué ; manger pour ne pas être mangé, si ce furent là, les débuts de l'humanité, ce dut être l'âge d'or de l'économie politique, car la concurrence aurait Cté, d'après certains naturalistes, la seule règle des êtres vivants d'alors.

Jusqu'à quel point cette CONEUTTENLE et cette rivalité ont-elles été poussées, il y a large champ pour l'hypothèse, mais au fond, on l'ignore absolument. Si on trouve des ossements hum ins portant des traces de blessures provenant d'armes primitives, ON Trouvé

aussi des ossements portant des traces de blessures

ayant subi une évolution qui prouvent que le blessé

avait du recevoir des soins de mains solidaires, soins assez prolongés, puisque l'état de cicatrisation des ossements démontre que l'individu a survécu à la blessure, que cette cicatrisation a du être assez lente, et que la nature de la blessure ne permettait pas au blessé de s'aider lui-même pendant l'état maladif.

Donc, en remontant aux origines de l'humanité, si nous trouvons des traces dr violence entre les individus, nous trouvons aussi la trace de solidarité et d'aide mutuelle, autre « loi naturelle » dont les commentateurs politiciens de Darwin se gardent bien de faire mention,

Par conséquent, ce premier moteur : — Ja lutte, des actions humaines, trouvé, cela nous explique pourquoi les premières sociétés humaines furent, dès leur naissance, entachées du péché originel et servirent aux plus forts et aux plus avisés de levier pour exploiter les plus faibles et les plus simples, mais ne prouve nullement qu'elle fut un: cause de progrès. Le progrès s'est-il accompli par ou malgré l'état de lutte où l'humanité a été plongée, voilà ce qu'il serait intéressant à élucider, mais qui, fort probablement, ne le sera jamais.

Mais, quoi qu'il en soit, la lutte füt-elle une des causes du progrès, il est déjà de toute évidence, qu'elle est loin de tout expliquer, et que nombre d'autres lois naturelles interviennent dans les causes d'évolution et que l'aide mutuelle n'en est pas une des moindres : à elle seule, déjà, elle nous explique Pourquoi, malgré les désavantages qui en sont résultés pour certains d'entre eux, les hommes se sont maintenus en sociétés,

Lorsque les premiers êtres organisés, après une suite ininterrompue de transformations ei d'adaptations successives, parurent sur la terre, il est bien évident qu'entre tous ces organismes sans raisOnnement, sans intelligence, poussés par les seuls besoins de vivre et de se reproduire, ce dut Ctre une guerre incessante et sans pitié pour les vaincus.

Mais là, encore, ce ne fut pas la « lutte pour l'existénce » des économistes. Les espèces se font bien la cuerre entre elles, mais non entre individus de la même espèce : le végétal use le minéral, l'animal ‘herbivore mange le végétal, l'animal catnivore mange l'herbivore ou d'autres carnivores d'espèces plus faibles, différentes de la sienne, par conséquent.

Il faut une catastrophe imprévue, des circonstances exceptionnelles, mettant l'animal dans l'impossibilité de rechercher sa nourriture ordinaire, soit par l'émigration, soit en changeant ses procédés de chasse, pour qu'il s'attaque non seulement aux individus de son espèce, mais même aux espèces alliées de lasienne. R. Wallace, dans son Darwinisme, démontre, pp. 146-

148, que les espèces les plus rapprochcées, habitent des territoires distincts, fort éloignés, ce qui prouverait qu'au lieu de latte entre ciles, les espèces détachées les unes des autres ont préféré se séparer, et émigrer pour chercher leur nourriture que de lutter entre elles.

[1 suffit de parcourir un traité d'histoire naturelle pour s'assurer que la lutte entre individus de la même espèce n'est que l'infime exception, tandis que l'association pour la lutte — attaque ou défense — l'aide

mutuelle, la solidarité, en un mot, sont la règle générale, Elle est pratiquée non seulement entre indivi-

LA SOCIÉTÉ FUTURE 31 dus de la même espèce, mi iis.aussi entre espèces différentes s'associant pour $e procurer leur nourriture ou résister à leurs ennemis. Jusque chez les végétaux dont certaines espèces résistent ainsi, inconsciem ment, en se groupant, aux causes de destruction qui emportent:les individus isolés.

Les économistes et autres À nées évolutionistes sentent si bien le côté faible de leur raisonnement, qu'ils cherchent à expliquer la lutte d'une façon différente.

« La lutte», disent-ils, « ne s'accomplit pæs toujours d'une façon brutale, il peut y avoir lutte entre individus de la même espèce, sans que, potir cela, il y ait forcément corps à corps entre les concurrents. » Et ils citent, entre autres, les chevaux sauvages du Thibet, qui, surpris par les neiges de l'hiver, subissent Ja famine lorsque la neige recouvre l'herbe des pâturages et où les moins robustes après quelque temps de ce régime, n'ayant plus Ja force de briser la croûte de glace qui les empêche de rechercher leur nourriture, périssent d'inanition, pendant que les plus vigoureux résistent, survivent et font souche.

Nous nous contentons de signaler cet exemple, les autres cités sont de la mème espèce. Eh bien, messieurs les économistes noë$ : permettront de le leur dire, leur exemple indique bien que desindividus ont péri là où d'autres ont résisté, mais cela ne prouve nullement que ceux qui ont survécu ont gagné quelque chose à la mort de ceux qui ont disparu : ensuite cette disparition provient de perturbations atmosphériques naturelles et non de concurrence entreeux. Au

ontraire, si l'aide mutuelle était pratiquée par eux

52 LA SOCIÉTÉ EUTURI

sur une plus grande échelle, il est fort probable qu'il pourrait en survivre davantage.

[ls font aussi le calcul les économistes, pas les chevaux -- qu'étant donnée la proliticité dé certaines espèces, elles ne tarderaient pas à envahir en fort peu de temps toute la surface terrestre, au détriment des autres espèces, et que les individus de la même espèce seraient forcés de se dévorer entre eux, si tous les germes qui se forment pouvaient éclore et venir à maturité. « Ceux qui arrivent à se développer, » disent-ils, « ne survivent qu'au détriment de ceux qui disparaissent. Là encore ce sont les plus forts, les plus aptes qui triomphent. »

Que les espèces vivent aux dépens les unes des autres, que, pour des causes physiologiques ou autres, quantité d'individus disparaissent en germes, cela tient à des causes naturelles que nous ne pouvons éviter, jamais personne n'a songé à récriminer contre, mais il s agirait de savoir si, 1" un individu de notre espèce, une fois qu'il a vu le jour, a virtuellement le droit de vivre, de se développer dans les mêmes conditions que tout autre individu de son espèce: — 2" s'il est plus profitable aux individus et à l'espèce de lutter les uns contre les autres pour s'exploiter et s'asservir: — 3° si un individu peut être complétement heureux, tant qu'il aura à côté de lui, des individus qui souffrent et qui peinent.

Nous croyons qu'il suffit de poser ces questions pour que déjà la réponse soit prête sur les lévres de tout individu qui n'est pas aveuglé par l'esprit d'au torité et d'exploitation, nous ne nous y arréterons pas ici, nous aurons assez l'occasion d'y rÆvenir dans le

cours de ces diflérents chapitres

Si les sociétés humaines ont évolué dans le sens de la concurrence individuelle poussée au dernier degré. si, au milieu de leurs associations les individus ont continué à se traiter en ennemis, cela est un fait, ce serait perdre son temps de s'attarder à le déplorer, mais en étudiant les causes de certe évolution on s'aperçoit vite, contrairement aux affirmations intéressées, que ce n'était pas une loi inéluctable, qu'il aurait pu en être autrement, et qu'en tous cas. il est plus profitable aux individus. et à l'espèce. qu'il en soit autrement dans le present.

Cette étroite solidarité que nous voyons se pratiquer chez certains végétaux, chez certains animaux. chez des insectes tels que fourmis. abeilles. guêpes, etc. que l'on retrouve si développée dans certaines tribus primitives, pouvait prendre le dessus dans la lutte des instincts chez l'homme, donner une autre direction à son évolution, et tout autres auraient été les sociétés humaines. Il est donc absurde de venir dire que la « lutte pour l'existence » -— entre individus — est une loi inéluctable.

L'homme en sortant de l'animalité nu et désarmé en face d'ennemis puissamment armés, a eu fort à faire pour protéger et assurer son existence. Il a dü avoir recours à la ruse, aux expédients que lui suggérait son cerveau, jusqu'à ce que cette intelligence fût devenue assez puissante pour suppléer à sa faiblesse native en lui permettant de fabriquer les armes défensives et offensives que la nature lui avait refusées.

Cette vie précaire, cette lutte incessante contre la nature et les autres espèces micux armées, contre lesquelles il était forcé de disputer sa pure et Île

droit de vivre, contribucrent à amasser en Jui une forie dose héréditaire d'instincts de combativité et de domination. Cela nous explique donc pourquoi, dans ces premiers essais de solidarisation d'efforts et d'intérêts, alors même que les hommes comprenaient les bienfaits de Fassociation, puisqu'ils la pratiquaient, les plus forts, les plus rusés, s'en servirent pour dominer les autres et s'établir en parasites sur cet organisme nouveau: La Socieri.

Mais aujourd'hui, l'homme est un étre conscient, aujourd'hui l'homme compare et raisonne: pour transmettre à ses descendants, ses connaissances etses découvertes, il possède un langage parlé et écrit des plus développés, un outillage merveilleux pour le multiplier, un cerveau capable des raisonnements les plus abstraits que trop abstraits! parfois, hélas! — doit-il continuer à en dire ainsi - Evidemment non. Il doit reconnaître que ses ancêtres ont fait fausse route en se massacrant, en se pillant, en s'exploitant, il doit revenir à ces pratiques de solidarité dont des milliers de siècles de lutte n’ent pu ctoufler les germes en lui.

La nature ne nous offre-t-elle pas assez d'obstacles à vaincre, pour que l'humanité entière n'ait pas trop de toutes ses forces réunies, en dirigeant ses instincts de combativité contre les difficultés naturelles et y trouver les éléments d'une lutte plus avantageuse, sans avoir besoin de se déchirer elle-même ?

Ainsi, forts des arguments fournis par les savants officiels, nous n'aurions, lorsque les bourgeois viennent nous parler de progrès, des droits de la Société,

etc., qu'à leur rire au nez en leur répliquant par les

droits de l'individu qui, lui, se soucicrait fort peu

L\ SOCIÉTÉ FUTURE du progres s'il devait continuer à en étre la victime. CICtÉ, ou

l'homme serait assuré de la satisfaction intégrale de

ru ue

Mais nous verrons plus loin qu'une so

tous ses besoins, loin d'être une entrave au progres, lui viendrait, au contraire, en aide, car la nature de l'homme est de se créer des besoins nouveaux, au fur ta mesure quil trouve la facilité de satisfaire ses fantaisies. Pour Je moment, contentons nous de prouver que la société actuelle, Join de réserver ses jouissances aux plus intelligents, aux plus aptes, aux plus forts, à ceux qui doivent contribuer à l'amélioration de la race humaine, ne les réserve. au con. traire, qu'à une classe d'individus dont le succès assuré çst un facteur de décadence pour la classé dont ils font partie, mais aussi pour l'humanité tout entière.

Tant que la bourgeoisie eut à lutter contre la noblesse, tant qu'elle cut à combattre pour conc

juérir sa place au soleil, elle

a forcément développé des qualités qui lui ont permis d'arriver à ce

qu'elle voulait, et d'acquérir &

e pouvoir, but supréme de ses onvoitises ; mais une fois parvenue à ses fins, il Jui éStarrivé ce qui arrive dans le régne animal à tout Parasite, notamment à certains CTUSICES, Cités par Hueckel,dans son Histoire de la Création, qui vivent

sur le dos de mollusques et dont les larves so il plus développées que Panimal parfait :

une fois installé sur le dos

l'animal parfait, de son hôte, perd tous ses moÿens de locomotion pour dével

)pper des tentacules qui lui servent à

s'attacher à celui quil doit exploiter, ét à en tirer sa nourriture. \prés avoir été un animal agissant, nageant, luttant, il perd toutes ces facultés

st LA SOCIETE FUTURI

pour se transiormer en un simple sac digestif l'el est déjà l'état de la bourgcoisie, tout au moins comme classe, sinon encore, COMME individus

Ce qui, dans la societe actuelle, fait la force, ce ne sont ni les facultés physiques, ni les facultés morales et intellectuelles, € Est tout simplement l'argent. On peut êire scrotuleux, rachitique, idiot, ditlorme au physique etuu moral, si on a de l'argent, des relations avec ceux déjà arrivés, on peut prétemire 4 Tout, ON est sûr de trouver femme pour faire souche d'une lignée qui vous ressemble.

Mais le prolétaire, lui, fut-il né avec un cerveau d'une capacité hors ligne, cela ne lui servira de rien si ses parents n'ont pus EU les ressources suffisantes pour lui donner l'instruction qui devait developper son intelligence. Parvint-il à acquérir cette instruction, s'iln'a pas les moyens de la faire valoir, il ira grossir le nombre des déclassés ou devra se contente d'une situation inférieure chez un exploiteur qui n6 le vaudra pas, Mais qui possédera ce qui lui manque: le capital, Il devra renoncer 4 donner la mesure de ce dont il eut && capable de produire.

Fut-il doué de tous les avantages physiques, un tra vail prématurée, les privatious et Ja misere, le ploicront avant Page et si, pal hasard, il trouve quelque mal heureuse qui consente à lier son sort au SIN, €E ne sera que pour donner naissance à des êtres chétifs @ malingres ; car le travail forcé de la femme et son dé: périssement x tendront s'ajouter à celui de l'homme pour contribuer à l'abäardissement de la race. Elle aussi, les trois quarts du temps, les nécessités du mé nage l'y forçant, elle devra tra ailler, tant qu'elle peut

tenir sur ses Jambes, rester à l'atelier tant que les

es

douleurs de l'enfantement ne l'auront pas saisie et courbée sur son lit de douleurs. Que l'on ajoute à cela les conditions malsaines dans lesquelles s'effectue, la plupart du temps le travail actuel, voilà plus qu'il n'en faut pour atrophier une race pour longtemps.

Certes, c'est là une situation extrême, le sort de certains travailleurs n'atteint pas cette intensité de misère, il y a des gradations depuis l'individu qui crève littéralement de faim jusqu'au milliardaire qui dépense, pour s'amuser, des milliers de francs à faire enterrer un chien, la gamme se continue d'une façon insensible.

Et le service militaire, lui aussi, n'est-il pas une sélection à rebours, puisque l'on prend les hommes les plus forts, les plus sains, pour les condamner au célibat, à la pourriture de la prostitution des villes de garnison, à l'atrophie morale et intellectuelle des casernes et de la discipline ?

« C'est tout à fait à rebours de la sélection artificielle des Indiens et des anciens Spartiates que se fait dans nos modernes l'tats militaires Je choix des individus pour le recrutement des &rmées permanentes. Nous considérerons ce triage comme une forme spéciale de la sélection et nous lui donnerons le nom trés Juste de « sélection milituire ». Malheureusement, à notre époque plus que jamais, le militarisme joue le premier rôle dans ce qu'on appelle la civilisation; le plus clair de la force et de Ja richesse des Etats civilisés les plus prospères est gaspillé pour porter ce militarisme à son plus haut degré de perfection. Au contraire, l'éducation de la jeunesse, l'instruction

publique, c'est-à-dire les bases les plus solides de la Ï le J'ennoblissement de

vraie prosperile des Etats et:

l'homme, sont négligées et SacrilTée de la manière la plus lame table. Et cela se passe ainsi chez des peuples qui se |} rétendent les représentants les plus

distingués de la plus haute ulture intellectuelle, qui

se croient à Ja tète de la civil ation ! On sait que,

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