DES
pour grossir le | lus | ssible les armces permanentes, on choisit par une rigoureuse conscription tous les
jeunes hommes sains et robustes. Plus un Jeune homme est vigoureux, bien portant, normalement constitué, plus il a de hances d'être tué par Îles fusils à aiguille, les canons rayés EL auires engins civilisaeurs de la même espece. Au contraire, tous les jeunes gens malades, débiles, atlectes de vices corporels, sont dédaignés pat la sélection militaire; ils restent cl'ez cux en tem] le vuerre, se marient Et SC rc} roduisent. Plus un Jeunc homme est infirme, faible, étiolé, plu il a de cl'ances d'échapper au recrutement et de fonder une famille. Tandis que la fleur de la jeunesse perd son sang Et S: vie sur les champs de bataille, le rebut déd igné, bénéficiany de son incapacité, peut se-re} roduire et transmetitre à SCS descendants toutes ses faiblesses et LOUIS SES infirmités. Mais, en vertu des lois qui régissent l'hérédité, il résulte nécessairement de cette manière de procéder que les débilités corporelles et les débilités intellectuelles qui en sont inséparables doivent non seulementi se multiplier, mais encore s'agyraver. Par ce genre de sélection artificielle et par d'autres encore s'explique suffisamment le fait navrant, mais réel,
que, dans nos Etats civilisés, la faiblesse de corps et
de caractère sont en voic d'accroissement et que l'al-
liance d'un esprit libre, indépendant, à un corps sain et robuste devienne de plus en plus rare. . . .
« 3i quelqu'un osait proposer de metre à mort
dés leur naissance, à l'exemple des Spartiates et des Peaux-Rouges, les pauvres et chétifs enfants, auxquels on peut à coup sûr prophétiser une vie misérable, plutôt que de les laisser vivre à leur grand dommage et à celui de la collectivité, notre civilisation soi-disant humanitaire pousserait avec raison un cri d'indignation. Mais cette « civilisation humanitaire » trouve tout simple et admet sans murmurer, à chaque explosion guerrière, que des centaines et des milliers de jeunes hommes vigoureux, les meilleurs de la génération, soient sacrifiés au jeu de hasard des batailles, et pourquoi, je le demande, cette fleur de la population est-elle sacritiée? Pour des intérêts qui n'ont rien de commun avec ceux de la civilisation. des intérêts dynastiques tout à fait ctrangers à ceux des peules qu'on pousse à s'entre-égorger sans pitié. Or, avec le progrès constant de la cix ilisation dans le perfectionnement des armées permanentes, les guerres deviendront naturellement de plus en plus fréquentes, Nous entendons aujourd'hui cette « civilisation humanitaire » vanter l'abolition de la peine de mort comme une « mesure libérale »! :Haeckel, Histoire de la création naturelle).
«.. Dans tous les pays où existent des armées permanentes, la conscripion enlève les plus beaux jeunes gens, qui sont exposés à mourir prématurément en tas de guerre, qui se laissent souvent entrainer au vice, et qui, en tous cas, ne peuvent se marier de bonne heure, Les hommes petits, faibles, à la consti-
tution débile, restent, au contraire, chez eux, et ont, par conséquent, beaucoup plus de chance de se marier et de laisser des enfants... Darwin, Descendance de
l'homme, p. 149-140.
Pour que Ja classe prolétarienne ait résisté, depuis des centaines de sit les, à toutes Ces CAUSES de débiliement, et qu'elle continue à fournir des hommes robustes et intelligents, il fallait qu'elle posscdât une force de vitalité absolument incomparable ; et la bourgeoisie qui, elle, apres si peu de temps de pouvoir €t de domination, en Est arrivée, en pleine jouissance, à un tel degré d'avachissement, n'a pas Île droit de proclamer qu'elle donne le jour aux plus aptes et aux meilleurs. Les faits nous prouvent qu'elle n'en a pas le monopole, qu'elle est au-dessous de ce que la situg-
on devrait lui permettre d'ascomplir.
Par Je peu qui prece le, on voit que la liberte de la « Jutte pour l'existence » dont se réclament les bour: geois n'est qu'une liberté illusoire et que ce combat pour l'existence qu'ils voudraient voir se perpétuer parmi nous, est le proche parent de ces combats dont l'aristocratie romaine se délectait dans ses orgies san glantes, et ou, lorsqu'elle condescendait à y prendre part, On donnait aux chevaliers armés de toute pièces, de pauvres esclaves, à combattre, absolument nus, armés d'un sabre de fer blanc.
Et aux bourgeois qui viennent nous dire que la vie est un éternel combat où les faibles sont destinés
à disparaitre pour faire place aux plus forts, nous
pouvons leur répondre : NOUS accept »ns vos conclu
sions. La victoire est aux plus forts, et aux mieuf
organisés, dites-vous? Eh bien. soit, nous, travail leurs, nous prétendons à la victoire de par vos théories mêmes,
Voire force consiste dans Je re pPect que vous avez su clever autour de vos privilèges, votre puissance est tirée des institutions que vous avez élevées comme un rempart entre vous et Ja masse que, réduiis à vous-mémes vous ne sauriez cfendre ; votre perfection réside dan l'ignorance où, Jusqu'à présent, VOUS nous avez tenus, de nos véritables intérêts : votre aptitude est dans l'habileté que vous savez déployer à nous forcer d'être les défenseurs de vos propres privilèges que vous nous faites défendre sous les noms de : Patrie! Morale! Propritté! Société, ete.
Or, aujourd'hui, nous voyons clair dans votre jeu, nous commençons à comprendre que notre intérêt est tout l'opposé du vôtre ; nous savons que vos institutions loin de nous protéger ne servent qu'à nous enserrer de plus en plus dans notre misère, et alors nous vous crions :
«A bas les préjugés bôtes, à bas le respect idiot d'institutions surannées, à bas la fausse morale, nous sommes les plus forts, les mieux doués, -puisque depuis une suite innombrable de siècles, nous luttons contre la faim et la misère, sous un travail éreintant, dans des conditions mortelles de mauvaise hygiène, d'insilubrité manifeste, et que nous sommes encore debout et vivaces, nous sommes les plus aptes, puisque c'est notre production et notre activité qui permettent à votre société de se maintenir,
Nous prétendons à la victoire comme les mieux adaptés, car votre classe pourrait, du jour au lende-
main, disparaitre du globe sans que cela nous em-
12 LA SOCIÉTÉ FUTURE êchât de produire, et nous n'en consommerions que que du jour { refuserons de
| rait imP
mieux, tandis \ù nou
produire pour vous, 1! ossible à nombre à aucun wravail |
\ la wictoirc nn vous, suffit à
le vôtres de se livrer roductil
[A AS puisque les
Nous prétendons En * plus nombreux, ce qui, toujours sel les audaces, à absoudre injustices. AU
Jégitimer toutes toutes les toutes Îles de la baserions en droit de
prétentions, jout taille nous vous appliquer * tre sentence en vous | sant disparaitre de la société dont le: parasite et les microbes dissol-
vous n'êtes que vants.
Vous l'avez dit La victoire est aux
vous-mêÊmes :
plus forts
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