L'ENFANT DANS LA SOCIETE NOUVELLE
Une des questions les plus complexes et des plus délicates à craiter est, certainèment, la question de l'enfant. Quand on pense à la faiblesse de ces petits êtres, quand on songe que les premières sensations qui viendront impressionner'leur cerveau, influeront plus ou moins sur leur développement uhérieur, on se sent pris d'un profond sentiment de sympathie pour eux, d'une trés grande tendresse qui voudrait pouvoir s'épancher sur tous les petits déshérités que leur faiblesse rend les premières victimes de notre mauvaise organisation sociale.
C'est parce qu'ils sont faibles et qu'ils mourraient i on ne leur venait pas en aide que. dans une société anarchiste, où personne n'aura «a craindre la misère, que tous ñe demanderont qu à épancher leurs senque tous se rendront utiles et vou-
timents affectifs, dront contribuer à leur développement physique, as-
ister à leur éclosion morale, apporter leur quote-part
de connaissances à leur développement intellectuel.
Mais, pour bien comprendre cet empressement des individus autour de l'enfance, il est évident qu'il faut s'abstraire de la société actuelle, où la famille espune charge, d'abord, un moyen d'exploitation ensuite : qu'il faut se faire une idée nettques rapports sociaux, \ tels que nous les compreno# et que nous venons de les décrire ; se rendre compte de la nouvelle situation qui se sera créée dans les rapports de l'homme et de la femme, où l'enfant viendra apporter une note nouvelle ; un lien de plus chez les individus normalement doués. Faire dans son esprit table rase des préjugés actuels est un des premiers travaux à accomplir pour apprécier sainement les choses de l'avenir.
Etant donné que les anarchistes ne veulent d'au cune autorité ; que leur organisation doit découler des rapports journaliers entre les individus: rapports directs, sans Intermédiaires, naissant sous l'action spontance des intéressés, d'individu à individu, d'individu d groupe et de groupe ad sroupe, mais se rompant aussitôt; une fois le besoin disparu, la société, cela est évident, n'aurait. pour la synthétiser, aucun co mité, aucun Système représentatif pouvant intervenir, en tant que corps, dans les relations individuelles.
La question de l'enfance se simplifie beaucoup e: né se pose plus comme l'ont comprise jusqu'ici les socialistes autoritaires : « A qui doit appartenir l'enfant: » -- L'enfant n'est pas une propriété, un produit qui puisse « appartenir » plus/à ceux qui l'ont pro créé, comme le veulent les uns qu'à la socicté — <omme Île prétendent les autres. La question se transtorme donc en celle-ci : « Qui donnera lès soins à l'enfant : »
Nous l'avons vu, en.anarchie, il ÿ a bien une asso: ciation d'individus combinant leurs efforts en vue : d'arriver à la plus grande somme de jouissances pos- | sible, mais il n'y a pas de société telle qu'on l'entend + actuellement, venant se résumer en une série d'institutions qui agissent au nom de tous, Impossible donc
d'attribuer l'enfant à une entité qui n'existe pas d'une
i façon tangible, La question de l'enfant appartenant à | la société se trouve donc tout naturellement écartée, ! D'un autre côté, il peut arriver que des individus
ne veuillent pas se charger de leur progéniture, cela se produit dans la société actuelle, sous l'influence de | conditions économiques, mais cela se comprendrait li moins lorsque les individus n'auront plus à compter k avec cette question, d'autant plus que l'amour des ! Jeunes est un sentiment naturellement répandu chez | tous les tres animés, chez les êtres sexués les plus inférieurs. jusque chez les poissons, Mais enfin cela se peut produire encore, il faut en tenir compte D'autre part, l'amour a différentes façons de se manifester, les parents peuvent aimer leur progéniture à leur manière et d'une façon nuisible à l'enfant.
Pourquoi celui-ci serait-il pour ceux-là une propriété,
et devrait-il subir une autorité,qui serait nuisible à son développement intégral En naissant, il apñorte son droit à l'existence. sa [E faiblesse n'in‘irme ea rien ce droit primordial, puis-
que ce stade d'impuissance est une des phases communes à tous les êtres de l'eshèce humaine, et se retrouve chez toutes, ce stade se prolongeant d'autant plus que l'espèce est plus développée, Ce n'est donc
»n sufhisante pour qu'il devienne la chose
de ceux qui l'ont précédé. Ses besoins doivent être consultés avant le: préférences de ses éducateurs.
Force de l'avenir qui se de veloppera alors que ses proséniteurs déclineront, ceux-ci ont intérét à faciliter son développement, à mériter son atlection, s'ils veulent, dans icur dé répitude, retrouver l'aide qu'ils lui auront prèétée comme on la leur prétée lor qu'ils ont vu le jour. Alors ici nous commençons à entre voir une réponse à notre question : « A ceux qui aimeront le plus l'enfhnt reviendra le soin de l'élever.
La famille juridique étant abolie. les rapports de l'homme et de la femme n'étant plus entravés par des dificultés ou considérations économiques ou soci iles, ces rappo:ts s établissant par la libre action des affinités, le caractère des individus se modificra certainement, une plus grande sincérité régnera dans leurs relations, le rôle du pére et de la mère se transformera par la façon nouvelle de l'envi ager. On n'aura plus aucune raison de craindre un accroissement de famille,
L'être humain trouvant dans la société la possibilité de satisfaire à tous ses besoins, l'entretien et l'éducation des enfants ne seraient plus une charge pour eux, N'ayant plus de ipital à débourser ni de privations à s'imposer pour élever leur progenure, non seule ment cela ne sera plus une charge poûr eux, mais ils ne seront plus portés à ne voir dans le®k descendänce qu'un capital de réserve devant produire selon ce qu'il a couté,
La loi, aujourd'hui, leur assure la propriété de l'enfant, dont ils ont droit d'user et d äbuser au mieux de leurs intérêts. La situation actuelle leur permet,
parce qu'ils l'ont procréé et nourri, de lui donner l'impulsion qui leur plaira. Selon le bénéfice qu'ils croiront pouvoir en tirer, l'enfant sera dieu, table ou cuvette; instruit où ignorant, mendiant ou travailleur,
Toute autre sera la situation dans la société que nous envisageons, La famille n'étant plus régie par la loi ou par les considérations économiques, c'est l'amoyr et l'affection qui l'établiront Au lieu d'être uné charge de plus pour ceux qui l'adopteront, un être à façonner au mieux de leurs intérêts, l'enfant sera une petite créature à développer, à instruire, à aimer, à vajoler, N'étant plus talonnés par les soucis de l'existence, nul doute que les individus ne s'acquittent à merveille de leur tâche.
La famille n'étant plus régie par aucune loi, ici comme dans tous les rapports sociaux, c’est la diversité de caractères et de tempéraments, le libre jeu des aptitudes diverses qui aplanira les difficultés de la situation, permettra à chacun de trouver sa vraie place dans l'harmonie sociale sans heurts ni difticultés.
Il y a aujourd'hui des individus qui n'aiment pas les enfants, pour qui c'est un supplice d'avoir de ces petits êtres autour d'eux. La loi actuelle, en forçant ces individus à garder à leur charge leur progéniture, ou en mettang des eniraves à leur abandon, est la cause de ces actes d'atrocité, de tortures journalières qui viennent parfois se dénouer devant les tribunaux, sans compter celles qui ne font aucun bruit.
Et, cette opinion du droit de propriété des paremts sur l'enfant, est si enracinée que. nos vertueux défenseurs de la prépriété, sous la pression de l'opinion publique, frappent bien les 1ortionnaires d'une pénalité
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quelconque. mais avec une indulgence des plus grandes, qui leur est inspirée, cela ne fait aucun doute. par l'esprit du code.
Mais, s'il y a des individus qui, de male rage, font payer à ces petites créatures, qui ne peuvent se défendre, les désagréments d'une mauvaise organisation sociale, il y en a d'autres, au contraire, pour qui c'est un bonheur d'avoir des bambins à choyer, à dorloter ; pour qui c'est une suprême jouissance de s'ébattre avec eux, vivre de leur vie, prendre part à leurs jeux, assister à l'éclosion de leur personnalité,
C'est avec une émotion ravie qu'ils les guident dans leurs premiers pas, leur font balbutier leurs premiers mots. Combien en voit-on qui se sont faits pédagogues, — principalement chez la femme, malgré tous les dégoûts que ce métier occasionne actuellement, portés qu'ils sont, en cela, par le seul amour de l'enfance.
Ce sont ceux-là qui savent comprendre l'enfant, et s'en faire écouter ; leur amour de l'enfant les fait les véritables instituteurs, tandis que ceux qui n'y ont vu qu'un métier, un moyen de s'élever, ce sont ceux-ci qui fournissent les gardes-chiourmes et tortionnaires qui mènent leur classe disciplinairement, font entrer, à coups de férule et de pensums, les rudiments de leur enseignement dans latête des élèves, en même temps que la haine de l'étude. 1] n'ya que ceux qui aiment l'enfant qui sachent l'instruire en l'amu- Sant, et puissent l’amener à aimer l'étude.
Combien, par suite de difficultés économi ues, ne |
Peuvent, dans la société actuelle, donner cours à tous leurs penchants pour l'enfance. Mais dans la société
future, ceslindividus pourront ul entendre, en vue de donne let »111 Lx tant a eux pour qui | In )nt Inte | 0 uper ou qui, n'étant | ini | | 1 l'est
eraient bien forcés de faire appel à ceux qui sauraient
pour appren ire à l'enfant, cé qu ils ne pourraient lui
enseigner ecux-méême
Seulement, au lieu de salariés, de gens faisant cela paræontrainte, parce que la bouchée de pain en dé: pend, sans gout n »nviction, on aurait des individus prenant leur tâche au sérieux, inséniant à la mener à bien, ayant à cœur de faire comprendre ce
qu'ils enseignent ; devenant, pour ainsi dire, les parents intellectuels de leurs discini Et nous voilà, farouches destructeurs de la famille, qui en brisons les barrières, c'est vrai, mais pour pouvoir l'étendre à tous les objets due notre affection, à tous les êtres autour de nous, à tot eux vers qui nous entraine notre sympathie.
En envisageant ainsi la question, elle se résout d'elle-même, sans difficulté, sans besoin d'avoir recours à aucune intervention sociale pour l'élucider,
Chacun se partage la besogne à son gré, et y trouve
sa satisfaction personnelle, ‘puisqu'il la choisit au mieux de ses tendan t de iptitud Les iutoritaires: GlK 1t ceite ob} ton Si la s0-
icté n'exerce aucun contrôle sur l'éducation des en-
fants, si cèux qui les élèveront sont libres de les éle-
ver à leur guise, ne court-on pas le risque de laisser
à des individus vicieux, au cerveau étroit, la possibi-
lité de fauss:r les concemtions de ceux dont ils seront |
les maîtres, de les convertir à loisir, et d'en faire,
ainsi, un danger pour la société
Pour aflanir toutes les diff. ultes qi l'autorite qui na Jamais su qu tuations embarra Si, sc ba ant St!
jui pui \ | sur l'enfant, { réement, la SOCICTÉ, Plus que lk Père qui NM saffirmer Pour tel, que par un acte d plus que qui que ce soit, | valoir des droits C'est ell qui, aprc
de longs os dans: n 1, APres ave les incom: lités de la grossesse et ke jour. est la plu ipte à Jui donner | aires à main nit tte frèle existence semble devoir em ortel C'est elle qui dant longe IPsencore de son lait: pe
Mois encor l'enfant a besoin du sei Cest par Jui qu'il fait corps avec-cile pe Miers témps de son existence La mère à dos avec elle. | n anarchie, du reste, il n
gendarmes pour
ne tous droits à conserver so:
Iles, vaut mieux.
1C l'exerci e de
iggraver les si Il est un &tr r di es Aroit re, Plu juc Ja tout 1 Peut E LONMance, —
la mére, eule, peut faire
lavoir po
ii avoir donn
ins néce:
qu'un souftl l hourt * idant de lon:
n de la mère, ndant les pre
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> aura pas de apphquer l'arbitraire, Celles qui ui-
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