‹ La société provençale à la fin du Moyen Age d'après des documents inéditsChapitre 10 sur 65 · AU PAYS DES ORANGERS · texte numérisé non relu

AU PAYS DES ORANGERS

SoMSAiRE. — OlUoules et ses bois d*oiiviers. — Ses bocages d'orangers au XV* siècle. — Sa charte agricole de 1447. — Ses jardins à culture maraîchère dans le passé, et à fleurs dans le présent. — Le pittoresque de ses gorges. — Charles IX le visitant en 1564, et Arthur Young en 1789. — Evenos et son château fort. — Les ruines de celui d'Ollioules. — La petite ville féodale du moyen &ge et sa physionomie.

Au nord-ouest et à huit kilomètres de Toulon, dans un repli de terrain où il faut presque la découvrir, la petite ville d'OUioules offre un paysage des plus riants et des plus pittoresques, avec les bois d'oliviers d'où lui est venu son nom ^ ses jardins qui donnent à la vallée Taspect d'une terre promise, et ses contreforts montagneux auxquels elle doit d'être un des coins les plus abrités du littoral.

^ Olivelurriy Oleola. Les armes d'OUioules étaient « d'argent à lui olivier de sinople, naissant sur un tertre de m^me >.

2 tNE PETITE VILLE PROVENÇALE

Ce littoral provençal, que de nos jours on a si bien appelé « la côte d'azur », est plein de surprises pour les touristes. Entre ses dentelures, il recèle des beautés appropriées à tous les goûts, les unes d'un charme enchanteur, les autres d'une grandeur sévère, et auxquelles il n'a longtemps manqué qu'un accès moins difficile pour avoir le renom qu elles méritent. A l'avantage d'être aujourd'hui sur le parcours du chemin de fer de Marseille à Nice, Ollioules joint l'attrait d'un site tout à fait à part. C'est une sorte de jardin des Hespérides adossé à une Arabie-Pétrée. Ici, la nature dans ce qu'elle a de plus gracieux, là, dans ce qu'elleade plus tourmenté et de plus sauvage.

Dans la venteuse Provence, de quel privilège ne jouit pas cet heureux pays, puisque à peine y ressenton les atteintes du mistral, dont le massif de l'Esterel ne préserve pas toujours Cannes et Nice! Aussi, les médecins lui ont plus d'une fois confié des malades à la poitrine très délicate. On y trouve, chose rare, des palmiers qui ne servent pas seulement à la décoration des promenades, et qui, en des années favorables, ont donné aux plus chaudes expositions des dattes comestibles. Jadis, on y admirait de superbes orangers. Sans parler du mistral qu'il a déchaîné, combien de pertes le déboisement n'a-t-il pas infligées à la basse Provence, tandis qu'il livrait la partie montagneuse en proie aux torrents * ? Depuis le xvu* siècle, les intempéries des saisons y ont pris des proportions redoutables, et les plus précieuses cultures en ont été compromises. Sur les derniers contreforts des Alpes provençales, l'olivier ne peut

i Voir notre livre intitulé : La Provence au point de vue des bois, des ton'enls et des inondations^ avant et après 4789 (1857).

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