‹ La société provençale à la fin du Moyen Age d'après des documents inéditsChapitre 25 sur 65 · LK8 PÈLERINAGES · texte numérisé non relu

LK8 PÈLERINAGES

demeure si puissante, les Hadjis^ ayant visité la Caaba^ sont d'autant plus honorés qu'ils ont eu plus de fatigues à endurer :

« La nécessité de s'arracher k leur famille, à leurs amis et à leur pays, les entoure d'une sainte auréole. Quelque pénible, quelque déchirant que puisse avoir été leur départ, ils en sonl amplement dédommagés par le triomphe de leur retour. Le titre de Hadji est un titre de noblesse dont on fait parade sur son cachet, durant sa vie, et sur sa pierre tumulaire après sa mort *. »

Assurément, entre le Romieu de Saint-Claude et le Hadji de la Gaaba, il n'y a pas d'assimilation à établir; mais c'est ainsi, et avec le même prestige, que notre Deydier dut reparaître aux yeux de ses parents et amis, de Catherine Marin surtout, lorsqu'il rentra à Ollioules muni des insignes de son pieux voyage. Parmi eux, sans doute, figurait un de ces Sigilla en plomb ou en étain, sorte de cachets ou de sceaux, comme on en faisait alors, qui portaient l'empreinte des Lieux saints visités par les pèlerins, et leur servaient au retour de sauf-conduit.

11 était même des pèlerins qui, non contents de ces signes matériels, tenaient à attacher à leur nom le titre dont ils s'étaient décorés dans la circonstance. Un exemple en est marquant entre tous, et il remonte au xni* siècle. Nous voulons parler du fondateur de la dynastie des Villeneuve, de ce grand ministre de Raymond Bérenger 111, par les habiles et heureuses négociations duquel la petite Provence donna, en la personne de trois des filles

* VambAry, Voyage d'un faux derviche dans VAsie cerUrale^p. 7.

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