‹ La société provençale à la fin du Moyen Age d'après des documents inéditsChapitre 6 sur 65 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

Lorsqu'arrivèrent les mauvais jours de 1793, Louis-Joseph-François Deydier de Pierrefeu, un vaillant marin chef d'escadre, en qui cette famille, déjà plus de cinq fois séculaire, trouvait alors un nouveau lustre, les déroba à toute recherche dans Tépaisseur d'un des gros murs de sa maison des champs, à Pierrefeu. Bientôt après, le 20 décembre, il était du nombre des trois cents Toulonnais qui, en masse et sans jugement, furent fusillés sur le Champ de Mars. La maison de Pierrefeu fut dévalisée, livrée au pillage ; tant que dura la Terreur, sans portes ni fenêtres, elle ne fut qu'une ruine. Heureusement, la cachette ne gardait pas moins fidèlement le précieux dépôt à elle confié, et, dès qu'un peu de sécurité eût été assuré, elle rendit intact son trésor: trésor pour ceux qui le recouvraient d'une manière si inespérée, trésor pour Thistoire sociale de la fin du moyen âge provençal, à laquelle tant et de si rares documents apportent toute une moisson d'informations ^

Et maintenant, quelques explications sont peutêtre nécessaires, au sujet du mode d'exposition dans lequel sont présentées nos esquisses.

Elles se résument en ceci :

' En nous servant ici du mot « trésor », nous ne croyons rien dire de trop, pour un ensemble de documents où Ton peut suivre rhistoire de cette famille à travers treize générations. Aujourd'hui, les Deydier de Pierrefeu continuent de subsister dans la région toulonnaise, à Guers^non loin des lieux où fut leur berceau. Pourrions-nous assez les remercier de nous avoir si libéralement ouvert des archives d*un priz à ce point inesUmable?

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