X PRÉFACE
La vieille famille, dont il vient d'être parlé, nousen fournit bien la partie principale avec le cadre ; elle nous est, dans le Tiers-Etat du xv* siècle, la personnification de tout ce que, au plus profond d'elle-même, recelait de forces morales, de forces vives, une société dont rien encore n'avait altéré rharmonie, société en travail de reconstitution, on dirait aujourd'hui en travail d'évolution. Mais, à elle seule, elle ne pouvait remplir la scène, elle ne saurait tout nous dire. Aussi, dans le grand nombre de celles, ses contemporaines, qui ont repris vie sous nos yeux au cours de notre enquête historique, avons-nous souvent fait appel au témoignage des mieux placées pour nous intéresser et nous instruire. Elles nous sont venues des points extrêmes du monde social de ce temps, familles de seigneurs fonciers et de tenanciers, de nobles et de paysans, de riches commerçants et d'artisans d'une condition très modeste ; et rien ne nous a plus frappé indistinctement en elles que de les trouver toutes animées d'un même esprit, pénétrées des mêmes mœurs.
Ajoutons que, si nos esquisses sont provençales, elles le sont avec des horizons qui se prolongent au loin, et des perspectives qui découvrent bien de& rapprochements à établir entre la Provence du XV* siècle et la France de cette époque, rapprochements qui s'étendent même au-delà de nos frontières, jusqu'à l'Allemagne de la fin du moyen âge.
En un mot, nous avons obéi à la méthode que