‹ La société russeChapitre 18 sur 50 · LB COUTE PB0TA8S0FF · texte numérisé non relu

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pereur défunt et de son conseiller. C'est Protassof qui a anéanti TEglise grecque-unie en Lithuanie et dans la Russie occidentale et a frayé la route à la propagande orthodoxe, qui s'avance du côté de la frontière de Prusse , en marchant sur les ruines de la civilisation catholique et polonaise, et est le principal pionnier de la russification dont notre démocratie réjouit les frontières de la Russie. C'est aussi lui qui, après avoir détruit l'Union, dirigea sur les provinces lithuaniennes les forces encore disponibles de la propagande orthodoxe et attira avec une incomparable habileté , dans l'espace de trois à quatre ans, environ quatre-vingt mille Lettons et Ësthoniens dans les filets de l'Église grecque et du russianisme. L'histoire de cette mission de Livonie, qui ne concernait en somme que des milliers d'hommes, a été souvent racontée, et l'Europe occidentale en connaît les principaux points.

Le monde a appris seulement par les ouvrages de Montalembert et de quelques autres écrivains ultramontains, qui ne connurent jamais complètement les actes originaux de cette affaire, la façon dont on était parvenu à ramener en peu d'années des millions de Lithuaniens et d'habitants de la Russie Blanche dans le sein de l'Église nationale russe. Maintenant, les documents en question sont presque tous livrés au public, et l'on peut se faire au moins une idée approximative des actes de violences qui ont été commis m majorem gloriam Russix par l'homme dont le nom forme le titre de cette esquisse.

L'Union (tel est le nom que l'on donnait habituelle-

ment à la subordination d'abord purement extérieure de rÉglise grecque orthodoxe à la Curie romaine en Lithuanie et dans la Russie Blanche) était Tœuvre de la diplomatie polonaise du dix-septième siècle ; elle avait exercé au commencement peu d'influence sur la situation intérieure de cette Église et était considérée comme la conséquence naturelle de la domination polonaise dans Touest de la Russie.

Pour faire disparaître l'antagonisme qui existait entre les sujets catholiques et les sujets grecs du roi de Pologne, grand-duc de Lithuanie, et pour renverser l'espèce de muraille que cette différence de religion élevait entre les Polonais, les Lithuaniens, les habitants de la Petite Russie et ceux de la Russie Blanche, les évoques et les prêtres d'un grand nombre de paroisses de la Lithuanie et de la Russie Blanche et les représentants de la Curie romaine avaient conclu en 1596 à Bresz, un compromis par lequel on était convenu que les premiers, tout en conservant leur rite sans aucune modification, le mariage du bas clergé, le calice des laïques, etc., reconnaissaient la suprématie du pape, déclaraient admettre les doctrines du purgatoire et des messes pour les âmes et celle d'après laquelle le Saint- Esprit procède du père et du /îfe, et étaient pour cela considérés et traités comme des membres de l'Église catholique romaine.

Le clergé catholique montra d'abord une telle prudence dans ses actes, que la population rurale des provinces russes de la Pologne remarqua à peine le changement qui s'était opéré dans son église et dans son

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