‹ La société russeChapitre 20 sur 50 · LE COUTE PR0TA880FF · texte numérisé non relu

LE COUTE PR0TA880FF

çt qui tendait surtout à conférer à des agents serviles tous les postes de quelque importance. Les évèquesMartusserwich et Lierazinski, et plusieurs anciens suifragants moururent à peu d'intervalle. Semaeschko, qui s'était fait ordonner moine, devint évéque de Lithuanie et ses plus proches amis furent nommés aux postes devenus vacants. On pouvait maintenant, sans rencontrer d'obstacle, s'attaquer aux pépinières de l'instruction de la jeunesse. Le grand séminaire du rite uni, qui était annexé à l'Université de Wilna, fut fermé par ordre de Bloudoff. En outre, pour mettre un terme aux rapports des jeunes prêtres avec la civilisation latine et avec la science de l'Europe occidentale, il fut interdit à tous les sujets russes de visiter le collège uni délia Madonna del TïtsctUo à Rome. Ce fut ensuite le tour des écoles laïques annexées aux couvents de l'ordre de Saint- Basile. Semaeschko soumit tous les établissements d'instruction religieuse de ce genre à une révision rigoureuse, qui fut bientôt suivie d'un remaniement total.

Le lien qui unissait les couvents basiliens aux séminaires fut ou supprimé ou modifié. Aux catéchismes et aux livres de doctrines existants furent substitués des traités nouveaux, effaçant toute différence entre l'Église orthodoxe et l'Église unie. Après avoir ainsi anéanti rinfluence de l'ordre de Saint-Basile sur l'éducation de la jeunesse,' il était facile de compléter ce premier travaU. Les frères de l'ordre manquaient désormais d'une sphère d'activité pédagogiques suffisante : on en conclut que Ton pouvait se passer de l'ordre tout

entier. En conséquence, le nombre de ces membres, qui était déjà tombé à huit cents, fut réduit d'année en année. Plus tard encore, on plaça l'administration des couvents sous Tautorité des Consistoires; enfin, Ton supprima les postes des provinciaux de Saint-Basile et, par ce fait même, on dépouilla Tordre de toute activité indépendante. Des plaintes et des protestations s'élevèrent des rangs des membres du clergé demeurés fidèles à leur église : en vertu d'un ordre exprès de Sa Majesté, il n'en fut tenu aucun compte. Enfin, on porta à l'ordre de Saint-Basile le coup le plus terrible en fermant brusquement à Potschejow le cloître de l'Assomption, qui était le plus grand et le plus considéré de tous les couvents basiliens ; sous prétexte que les membres de cet établissement avaient pris part à la dernière insurrection polonaise, on le fit occuper militairement et on le remit aux mains du clergé grec. Les moines épouvantés se débattirent en désespérés. Ils tenaient à sauver du moins l'antique statue sainte à laquelle le couvent devait son prestige. Toute résistance fut vaine. A la tète de douze triaires de l'orthodoxie, Ambroise, l'archevêque grec de Wolhynie, fit son entrée dans le plus auguste sanctuaire de l'Église unie, tandis qu'un conseil de guerre siégeant par ordre de l'empereur, sévit contre les prêtres et les paysans qui avaient tenté de les sauver.

Parallèlement à ce travail de destruction dirigé contre l'Église unie, on adopta une série de mesures ayant pour but d'organiser la propagande individuelle du clergé grec dans les provinces de l'ancienne Pologne

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