‹ La société russeChapitre 22 sur 50 · LE COMTE PR0TAB80FF · texte numérisé non relu

LE COMTE PR0TAB80FF

les provinces de Touest pour passer Tinspection de toutes les églises, de tous les couvents grecs et, le caâ échéant, pour en modifier le style ou faire construire de nouveaux édifices. En même temps, des charretées entière de rituels et de livres de prières orthodoxes furent envoyés de Moscou à Wilna et la distribution en fut confiée à des mains sûres. En trois années, dans la province lithuanienne seulement, neuf cents églises avaient été rebâties sur un nouveau plan. Dans les provinces du sud-ouest, le zèle du gouverneur Maslow atteignit en sept mois le même résultat. Avant les derniers actes de cette œuvre poursuivie avec une précipitation fiévreuse, il se produisit un événement que, depuis longtemps déjà, Ton attendait avec impatience. Bulgak, le vieux métropolitain de TÉglise unie, qui avait assisté, sans mot dire, à toutes les violences commises par le gouvernement, mais à qui Ton n'avait pas jugé prudent d'avouer directement le but final que Ton poursuivait, mourut en février J8d8. La mort de ce vieillard auquel on n'avait pu refuser certains égards, attendu que son attitude passive avait été fort utile, eut pour effet d'abattre la dernière barrière. Quelques semaines à peine après sa mort, Protassoff donna Tordre de faire circuler parmi les membres du clergé du rite uni des pétitions demandant la fusion dans rÉglise et l'État de leur confession devenue sans consistance. Semaeschko, le spiritus rector de toute l'intrigue, était, depuis la mort de Bulgak, le premier de tous les princes de l'Église unie, et il s'était chargé de déterminer le clergéi de son éparchie à signer cette péti-

lion. Les procédés brutaux et sans ménagement de ce fanatique eurent pour résultat d'arrachersept cent soixante signatures au clergé de son éparchie, qui comptait mille cinquante*sept membres ; deux cent sept prêtres seulement, dont quatre-vingt dix-huit moines, avaient osé refuser directement leur participation à Toeuvre de destruction; le reste s'était réfugié dans un silence anxieux. La campagne, ayant pour objet de recueillir des signatures, avait été moins fructueuse dans Téparchie de la Russie-Blanche. En dépit de tous les artifices de persuasion et de toutes les menaces, sur six cent quatre-vingts prêtres, cent quatre-vingt-six seulement s'étaient décidés à trahir l'Église à laquelle ils avaient juré fidélité. Protassoff sut consoler l'empereur en faisant valoir cette considération qu'en une telle occurence il fallait non pas compter, mais peser les voix, et qu'en tout état de cause, il y avait lieu de tenir plus grand compte d'un prêtre « loyal, » que d'une demidouzaine d'adhérents secrets du rite latin.

Il était homme, d'ailleurs, à écraser impitoyablement toute Velléité d'opposition à la volonté souveraine, et à s'affranchir en cette circonstance der toutes considérations, d'humanité ou de convenance. Trois malheureux prêtres de la région de Bjœlastok : Soïnowski, Penkowski et Goworski, avaient eu le courage, à l'occasion de la pétition qui demandait la fusion de l'Église unie dans l'Église grecque, de faire circuler une contreadresse à l'empereur, sollicitant le maintien de l'état de choses existant. La légalité de cette démarche n'était pas contestable. S'il était permis de réclamer une mo-

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dification du statu quo, et si une pétition dans ce sens pouvait, à la rigueur, passer pour un acte de libre arbitre, il était inadmissible qu'une adresse en sens contraire, c'est-à-dire réclamant le maintien de Tordre de choses actuel, pût être considérée comme un acte criminel. Néanmoins, Protassoff, aussitôt qu'il eut eu connaissance de la démarche de Goworski et de ses collègues, donna Tordre de suspendre ces prêtres et de les enfermer dans un couvent de correction. En dépit de toutes les protestations que le prince Dolgoroukoff, qui était alors gouverneur général de Wilna, éleva contre cette mesure contraire à tout droit et à toute équité, les ordres de Protassoff furent exécutés, et les trois prêtres en question condamnés à perdre leurs fonctions et à être envoyés dans le gouvernement de Kostroma, faisant partie de la Grande-Russie.. A peine cette décision fut-elle connue dans les communes auxquelles on enlevait leurs prêtres, que des troubles assez graves s'y produisirent. Les autorités communales se refusèrent à livrer les clefs de l'église aux successeurs de leurs anciens pasteurs, et des groupes de paysans hostiles chassèrent les agents de la police qui devaient installer les nouveaux popes.

Protassoff s'adressa alors immédiatement à la 3^ section delà chancellerie de Sa Majesté, et requit des gendarmes et des cosaques à l'effet d'assurer l'obéissance à ses ordres, de contraindre à coups de knout les rebelles à céder, et de prévenir par une exécution sanglante toute velléité d'imiter l'exemple qu'ils avaient donné. Quant aux trois malheureux pétitionnaires, ils furent mis en état d'ar-

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restation, et si complètement terrifiés par des menaces d'envoi en Sibérie, etc., qu'ils se résignèrent à passer sous le joug, à retirer leur pétition, et à jurer soumission tacite aux désirs du gouvernement : le tout, au su et avec l'assentiment de l'empereur. Sosnowski, l'un des trois rédacteurs de l'adresse, vieillard chargé d'années, avait, par suite de l'efiroi qu'il avait ressenti, contracté une grave maladie, qui avait brisé ses forces et l'avait rendu inoffensif. On procéda de même à l'occasion d'une contre-adresse qu'un certain Ignatowitch avait rédigée, et qui avait été signée par 111 membres du clergé uni de la Russie-Blanche. Les chefs de ce mouvement furent traduits devant une Commission secrète dirigée par des officiers de gendarmerie, condamnés, sans autre forme de procès, à la perte de leurs prébendes, dégradés, c'est-à-dire réduits à la situation de simples diacres, et envoyés dans des gouvernements lointains de la Grande-Russie. Un fonctionnaire envoyé par Protassoff dans la Russie-Blanche, qui, sous le nom de W. Skripitzin, s'était rendu célèbre par sa brutalité sans ménagement; qui, plus tard, se fit agent de propagande dans la Livonie, et qui, tout récemment, était un zélé collaborateur du Nord de Bruxelles, reçut la mission de procéder avec la dernière rigueur, chaque fois que cela serait nécessaire, contre tous les prêtres, propriétaires et paysans, qui feraient de l'agitation pour le maintien de l'Union, de requérir l'intervention des autorités civiles et militaires, et de supprimer, avant le 1*' janvier 1839, tous les obstacles qui faisaient échec à la volonté impériale. Au bout de quelques semaines

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à peine, Skripitzin put constater, dans un rapport officiel, que tout était en « ordre parfait, » que toute résistance était brisée, et que près de la moitié des pétitionnaires de la Russie-Blanche s'étaient laissé déterminer à signer l'adresse demandant la fusion de TÉglise unie dans rÉglise orthodoxe.

Le vénérable évéque Joseph Semieschko, que nous connaissons déjà, arriva en même temps à Saint-Pétersbourg, pour conseiller au gouvernement d'exécuter sans retard l'œuvre préparée avec tant de soin. Il fit remarquer que le pays, saisi d'effroi, était incapable de faire la moindre résistance; mais qu'il fallait battre * le fer pendant qu'il était chaud, de peur que l'opposition ne relevât la tête. Le 22 et le 26 décembre 1839, le Comité secret, composé alors de Protassoff, deBloudofi*, du ministre des Domaines, Kisseleff^, et du comte Benekendorff, chef de la 3* division, tint deux séances décisives. On y décida de convoquer une assemblée des évéques et des hauts dignitaires de l'Église unie, et de lui faire émettre et signer une déclaration formelle dans laquelle on attirerait l'attention de l'empereur sur là nécessité d'une fusion immédiate de l'Église unie et l'Église orthodoxe. On devait en même temps proclamer publiquement la subordination du clergé uni au synode, et soumettre à cette dernière assemblée la déclaration des dignitaires de l'Église unie, pour qu'elle la transmit

1. On dut adjoindre Kisseleff au comité, parce qu'une partie des paysans unis de la Lithuanie et de la Russie-Blanché habitaient dans les terres domaniales et étaient soumis aux ordres de Tadministration des domaines.

à Tempereur. L'empereur devait se prononcer dans un ukase ; mais on devait d'abord tenir cet ukase secret, et ne le communiquer qu'aux signataires de la déclaration et aux personnes qui l'auraient signée ultérieurement. On résolut en outre d'occuper militairement, sotis un prétexte convenable, tous les points suspects de la Lithuanie et de la Russie-Blanche. On devait surtout porter son attention sur le gouvernement de Witebsk et sur ses nombreux habitants catholiques, en recommandsuit au ministre de l'intérieur de confier l'administration de cette province difficile à Laschkareff , gouverneur de la Podolie. Enfin, on devait partager une somme annuelle de 360,000 roubles argent, accordés à titre de supplément, entre les prêtres qui se montreraient le plus disposés à exécuter le projet; on devait veiller à ce qu'ils fussent désormais indépendants, au point de vue économique, et charger le ministre des Domaines de leur donner des terres. L'empereur, écoutant les conseils de ProtassofT, approuva entièrement les propositions du Comité secret, et le vénérable t/osepA. s'engagea à diriger l'exécution du projet.

Semaeschko, accompagné de Skripitzin, arriva en février 1839 à Polotsk, où l'attendaient ses collègues épiscopaux, le vicaire de Lithuanie, Antoine Soubko, et l'évéque de Polotsk, Wassily. Le 12 février, ces trois personnages signèrent la déclaration au nom de tout le clergé uni ; Semaeschko dit le même jour la messe, et ne prononça à cette occasion que les noms des patriarches orthodoxes. Un diner eut lieu ensuite, et lorsqu'il fut achevé, les membres du vénérale triumvirat partirent

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pour Witebsk , où ils dirent des prières publiques à la cathédrale orthodoxe. Ils s'occupèrent après cela de recueillir une à une d'autres signatures au bas de la déclaration. Ils en avaient recueilli 1305 en Lithuanie et 593 dans la Russie-Blanche. Semaeschko se chargea de mettre à la raison les 459 prêtres de la Russie-Blanche et les 137 ecclésiastiques sans fonctions de cette oligarchie qui avaient refusé d'adhérer à la déclaration. Dans une lettre adressée à Protassoff, ce prince de TÉglise constatait avec joie les résultats obtenus, et déclarait qu'il fallait destituer et expulser de leur pays environ vingt individus récalcitrants ; il ajoutait que les autres cesseraient alors de remuer. Le 4*' mars, Semaeschko était déjà de retour à Saint-Pétersbourg, et le même jour Protassoff remettait à Tempereur, rempli de joie, la déclaration et deux requêtes, dont Tune demandait la réalisation immédiate de la fusion des deux Églises, sollicitée dans la déclaration, tandis que les signataires de lautre exprimaient le désir que Ton tolérât provisoirement certains usages traditionnels dans TÉglise unie, mais non contraires au dogme orthodoxe; on proposait, par exemple, de permettre aux prêtres d'enlever leur barbe, de porter hors de Téglise un costume particulier, différent de celui des ecclésiastiques de la Grande-Russie, etc., etc.

Le reste se devine. Le 23 mars, le Synode soumit à l'empereur une proposition qui était basée sur la déclaration, et dans laquelle il demandait que l'on procédât â la fusion des deux Églises. Protassoff avait joint à cette proposition une requête rédigée dans un style

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humble et tout à fait byzantin, dans laquelle il sollicitait comme un témoignage de la bonté inépuisable de 8a Majesté, un ordre concernant Texécution du projet que le gouvernement s'efforçait lui-même de réaliser depuis plusieurs années. Deux jours plus tard, Nicolas écrivait les mots suivants au bas de cette pièce importante : « Je remercie Dieu et j'approuve. » Le 30 mars, le Synode tint une jséance solennelle : Semaeschko fut reçu dans le giron de TÉglise orthodoxe comme représentant de rÉglise unie; on le revêtit du manteau épiscopal, on le sacra, et il prêta serment — Bien que tout le haut clergé de l'Église orthodoxe eût assisté à cet acte gouvernemental, plusieurs de ses membres les mieux considérés témoignèrent ouvertement le dégoût que leur inspirait la comédie qu'on venait de jouer, et le mépris qu'ils éprouvaient pour le prélat perfide qui en était l'auteur et le principal acteur. Le digne évéque ae Poltawa, Gédéon, un des prêtres les plus savants et les plus estimés de l'Église russe, n'hésita pas à traiter publiquement Semaeschko de Judas, et d'éviter tout contact avec lui.

Telle n'était pas l'opinion de l'empereur et de son vice-pape, le général à l'uniforme rouge. A la demande de ce dernier, tous les membres du Synode furent décorés; quant à Semaeschko, il fut nommé archevêque, et président du collège de la Lithuanie et de la Russie- Blanche, et gratifié d'une pension viagère de 6,000 roubles. Protassoff obtint Tordre de Sainte-Anne de première classe, et compta désormais parmi ceux d'entre les conseillers de l'empereur qui étaient au**dessus de

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toutes les vicissitudes de la vie de la cour, au-dessus de toutes les intrigues, |de toutes les plaintes, fondées ou non fondées, et qui pouvaient disposer à leur gré de la vie des individus soumis à leur juridiction. Jusqu'à sa mort, survenue en 1855 ou 4856, Protassoff conserva le "sceptre, on plutôt le sabre, qui gouvernait le très-saint synode dirigeant et TÉglise orthodoxe de Russie.

Nous avons raconté d'une façon détaillée les glorieux commencements et les premiers triomphes de Protassoff, parce qu'ils ont eu, à un double point de vue, une importance grave et considérable.

Les violentes atteintes portées à TUnion et son anéantissement final ouvrirent un nouveau chapitre de Thistoire de TÉglise russe. Les éléments fanatiques et intolérants du clergé russe qui s'étaient trouvés en minorité jusqu'alors prirent désormais la haute main. Au langage onctueux que les princes de l'Église n'avaient pas cessé de tenir entre eux et dansjeurs rapports avec le bas clergé succéda un langage impérieux et brutal, sentant la caserne d'une lieue. L'instruction et les qua* lités sérieuses de l'esprit tombèrent en défaveur (baissèrent de prix) ; le savoir-faire, le zèle officieux et la docilité aux vœux de l'autorité hiérarchique devinrent les principales conditions de la carrière ecclésiastique. La mission principale des hauts dignitaires de l'Église avait été jusqu'alors de veiller au perfectionnement de l'instruction théologique du clergé ; le coup qui venait d'être porté à l'Union éveilla chez eux le zèle propagandiste et Tambition de succès d'un autre genre. A la

tolérance de TËgliâe orthodoxe orientale, tolérance qui provenait en grande partie de Tapathie inhérente au caractère slave, succéda une ardeur d'activité qui jurait étrangement avec Tesprit sacerdotal et avec les traditions de Torthodoxie. On s'habitua à considérer comme des hérétiques tous les adeptes des autres croyances et à les traiter en conséquence, à surpasser en brutalité à leur égard les autorités temporelles, et à considérer que la principale mission de TÉglise consiste à soutenir et à encourager les tendances exclusivement favorables à TEtat. Alors commença une campagne de prosélytisme, €n présence de laquelle les représentants les plus éminents de la tradition religieuse, entre autres Philarète, l'excellent métropolitain de Moscou, Tarchevéque de Kiew, Tévêque Gédéon de Soratow, etc., manifestèrent un blâme d'autant mieux justifié, que les jeunes ambitieux du clergé, oubliant tout esprit de subordination, n'obéissaient qu'aux ordres du procureur en chef et de ses accolytes. La fameuse propagande, peu flatteuse d^ailleurs pour l'honneur de l'Église grecque orthodoxe, — qui fut entreprise vers 1840 parmi les Lettons, les Esthoniens et les Livoniens protestants des provinces de la Baltique, — n'a été possible qu'après que l'on eût appris, dans la Lithuanie et dans la Russie Bleuiche, à placer le prétendu intérêt de l'État au-dessus du véritable intérêt religieux et moral de l'État et de l'Église. A la tête de l'armée de prêtres qui, au temps de l'évêque Irinarch, firent irruption dans les provinces livoniennes, on vit les Skripitzin, les Ghanykow, etc., tous ceux enfin qui, faisant partie du cortège de Semaeschko,

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avaient conquis les plus hautes distinctions et la faveur de Protassoff.

Au reste, Texécution accomplie par Protassoff contre rUnion a eu son contre-coup sur la grande politique européenne. Le retour de cette confession à TÉglise grecque n'a pas seulement poussé plus loin, du côté de rOuest, les avant-postes de la propagande slave : il a exercé une influence décisive sur le cours des événements dans la partie ruthénienne de la Gallicie. Si les membres du clergé séculier uni de cette région se détachent de plus en plus du catholicisme, et slls manifestent la tendance à revenir au vieux rite oriental et russo-national, ce fait peut être considéré comme une conséquence de la révolution religieuse accomplie en 1839 en Russie, révolution qui devait plus tard être suivie de la révolution agraire de 1864-1865. Aucun ministre de Tempereur Nicolas n'a exercé sur le gouvernement de ce monarque une influence aussi considérable que le général de hussards qui, jusqu'en 1835, a commandé le saint synode dirigeant.

C'est ici le lieu de constater que ce « procureur en chef hors ligne » n'a pas eu un successeur digne de lui. Le comte Tolstoy, qui occupe actuellement ce poste, est en même temps ministre de l'instruction publique. Il est connu par son zèle orthodoxe, qu'il manifeste en toute occasion ; mais les affaires civiles l'absorbent à tel point, qu'il ne peut se consacrer exclusivement à la cause de l'orthodoxie. Il est vrai que la propagande entreprise en Lithuanie sous les auspices de Tolstoy a eu pour effet de ramener environ cent mille paysans

catholiques dans le giron de Torthodoxie, de faire construire plusieurs centaines d'églises et de chapelles : mais comparés aux résultats obtenus par Protassoff, ceux-ci sembleront peu importants, surtout si Ton songe qu'une notable partie de ces résultats doit être portée à ravoir de Mourawieff et de ses successeurs, et que Tœuvre tout entière avait été rendue beaucoup plus facile par les réformes agraires qui avaient été entreprises en même temps. — Cependant, Tesprit du temps et le tempérament de Tempereur cessèrent d'être favorables à des entreprises de cette nature. Après que Tenivrement des années 1864-4867 se fut dissipé et que Tère de la mission des Mourawieif et des Kaufimann eût été close, la nécessité d'opérer dans l'église orthodoxe des réformes sérieuses apparut avec tant d'éclat, que le zèle propagandiste n'eut plus que de rares occasions de se manifester. La liberté personnelle accordée aux paysans russes rendit indispensables la promulgation de lois de tolérance en faveur des adeptes des anciennes croyances, la suppression du système en vertu duquel les serviteurs de l'Église formaient une caste séparée ' et la transformation du système d'enseignement religieux. Ces questions, qui n'ont encore reçu qu'une demi-solution, ont absorbé à tel point l'activité du synode et de son procureur en chef, que l'on a dû graduellement s'éloigner des traditions de Protassoff.

1. Un ukase impôrial a autorisé les enfants des membres du clergé et des serviteurs de PÉglise, qui auparavant étaient contraints de suivre la vocation de leurs pères et qui formaient une caste héréditaire, à passer dans une autre classe^

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