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dans son bien familial de MichaïlofTskoje, situé dans le gouvernement de Pskoff, cet employé mal famé à raison de son n inconduite, » et de le placer sous la surveil-
lance de la police. Alors s*ouvrit pour Pouschkine une des phases les plus pénibles de sa vie.
Dans la conviction qu^un fonctionnaire de la 40* classe disgracié par le gouvernement ne pouvait être qu'un homme absolument dégénéré, les parents de Pouschkine considérèrent le poëte déjà célèbre comme un fils perdu, devenu complètement indigne de TafTec^ tion et de Testime de sa famille. Chaque jour de plus passé dans le bien familial ne fit qu'accroître la mésintelligence entre Pouschkine et son père, qui, tout en étant un « Français libéral » de Tancienne école, était un adorateur absolu de Tautorité. Le vénérable Sergéi Liwowitch, laissant là son fils dépravé, finit par aller se fixer dans une autre propriété, et alors commencèrent pour Pouschkine des jours plus heureux. Des amis de Dorpat, entre autres Shukowski et l'étudiant Wullf, vinrent le voir ; des visiteurs de Saint-Pétersbourg se montrèrent aussi de temps à autre, et il y avait lieu d'espérer que, tôt ou tard, le poëte exilé obtiendrait l'autorisation d'aller passer quelques mois à Dorpat, où Shukowski, Woiéikoff", Wulff et mesdames Protassoflf avaient commencé à former un agréable noyau de société russe. Tandis que Pouschkine caressait ce rêve, la nouvelle de la mort de l'empereur Alexandre et des graves événements de décembre qui en furent la conséquence arriva soudain. La première impression de Pouschkine fut qu'il n'avait pas le droit de manquer là où l'avenir de
sa patrie était en jeu. Il se mit donc en route pour Saint- Pétersbourg, mais il ne tarda pas à rebrousser chemin, ayant rencontré un pope* dès la première étape et ayant aperçu un lièvre qui traversait la route au moment où il passait... Trois jours après, il apprit que l'insurrection avait échoué et qu'une sentence terrible avait frappé les chefs de ce mouvement. Une fois encore, la bonne étoile de la Russie avait voulu que son plus grand poète n'eût eu avec les rebelles aucun rapport direct ; que» durant les derniers mois, il n'eût échangé aucune correspondance, ni avec Poutschtschin, ni avec RyléïefT et qu'ainsi il pût échapper à toute poursuite.
Gravement préoccupé du sort des amis de sa jeunesse,— Raïéffâki, cousin et ami intime de Pouschkine, avait couru longtemps le danger d'être incarcéré, — le poëte passa un printemps douloureusement inquiet. Au cours de l'été le bruit se répandit que l'empereur songeait à gr&cier les individus compromis sous le gouvernement précédent qui, pendant la dernière crise, avaient gardé une attitude loyale. Pouschkine résolut de profiter de cette faveur dans toute la mesure du possible. Invoquant ce fait qu'il n'avait jamais appartenu à une société secrète, il adressa directement à l'empereur une requête courte et digne, sollicitant l'abrogation du décret d'exil qui pesait sur sa tète. Le marquis Paulucci, gouverneur général de PskofT et des provinces baltiques, et le gouverneur civil d'Aderkas attestèrent la bonne conduite
1. Diaprés un pr^ugé superstitieux, qui a cours ai Russie, la rmcontre d'un pope présage un malheur.
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du fonctionnaire de la iO" classe placé sous leur surveillance. En septembre 4826, un aide de camp impérial arriva àPskoif ;Pouschkine dut partir avec lui pour Moscou, où rempereur,qui venait d'être couronné, tenait sa cour depuis plusieurs semaines. Nicolas manda Pouschkine au palais et eut avec lui un entretien assez long, dont quelques fragments nous sont connus d'après le propre récit que Tempereur en fit plus tard.
« Où aurais-tu été, le 25 décembre, si tu avais été à Saint-Pétersbourg? — de mon côté ou du côté des rebelles? — demanda Tempereur.
— Dans les rangs des rebelles, » répondit intrépidement Pouscbkine.
Cette franchise plut à Nicolas. La promesse que fit ensuite le poëte de garder dorénavant une attidude loyale n'en eut que plus de valeur aux yeux de l'empereur. Nicolas embrassa le Jeune homme étonné et lui déclara gracieusement que le décret d'exil rendu par Alexandre était retiré et que Pouschkine avait le droit de se fixer où il voudrait. « Tu n'as pas besoin, ajouta l'empereur, de te préoccuper de la censure de tes poésies*, Alexandre Sergijewîtch, c'est moi qui serai
1. La censure, dont Temperenr lui-même reconnaissait les incon- Tênients, était incamée dans la personne du conseiller intime Krassowski, lequel mourut eu 1857. Pendant soixante et un ans, il fit partie du bureau de la censure de Saint-Pétersbourg, et, pendant vingt-cinq ans, ce fut lui qui trancha en dernière instance la questioiwde savoir quels livres étrangers pouvaient entrer en Russie, avec ou sans coupures préalables, et quels livres ne devaient pas franchir la frontière. A Toccasion du soixantième anniversaire de son entrée en fonctions, Krassowski put se vanter de n*avoir pas, durant toute cette longue période, pris un seul jour de congé. Cet
ton censeur déso^mais^ » Grand fut Tembarras de Pouschkine.il était manifeste que le successeur d'Alexandre !•', c'est-à-dire le prince même qui venait de con-
homme, auquel les lettres de Pouschkine et de pluâeurs autres écrivains de cette époque assurent une triste célébrité, était lincarnation de la haine jurée à la civilisation et de rindifTérence pratiquée à Tégard des intérêts supérieurs, qui furent le signe distinctif de Tépoque de Nicolas. Uwaroff avait Thabitude de dire en parlant de ce bureaucrate pas^onnément dévoué à son service, figédans sa roidenr pédantesque et dans sa bigoterie superstitieuse : — « C'est mon chien de garde, qui veille à ce que je puisse dormir tranquille. »
Le prince Schirinski-Schichmatoff, successeur â*Uwaroff, fit de Krassowski Thomme le plus important du ministère de rinstructioa publique et Thonora d'une confiance absolue. Un malicieux subalterne de Krassowski s'est donné le plaisir de publier après sa mort, avec accompagnement de commentaires, le journal autobiographique de son ancien chef de service. S11 n'existait pas, en quantité surabondante, des preuves authentiques de l'inintelligence et de la barbarie de Krassowski, les générations futures seraient tentées de prendre pour des inventions mensongères et hostiles tout ce qu'on raconte des mutilations pratiquées par lui « au nom de Tordre, de la morale et de la religion. » Il est avéré que ce fanatique détermina, en 1849, le prince Schirinski-Schichmatoff à interdire « tous les 'dessins représentant des femmes qui ne fussent pas complètement vêtues de la tête aux genoux. » Cest encore lui qui s'opposa à l'impression du célèbre dictionnaire russe-allemandfrançais de Reiff, << par ce motif qu'il s'y trouvait des expressions immorales et indécentes. » C'est lui qui, de temps à autre, faisait fouiller et fumiger des ballots de papier venant de l'étranger afin de s'assurer si ce papier ne pouvait devenir dangereux, c'est-à-dire s'il ne contenait pas des choses écrites avec de l'encre chimique. Cet homme, qui ne possédait aucune notion scientifique, se faisait de l'Europe occidentale l'idée la plus bizarre. Paris, par exemple, était pour lui la « résidence favorite de l'esprit du mal. » Afin de ' pouvoir se consacrer entièrement à son service, Krassowski ne se maria point et s'affranchit de toutes visitas et réceptions officielles. Il fut l'homme de confiance de trois ministres de Tinstructibnjpublique, le douanier préposé à la surveillance de la littérature occidentale et la juridiction de dernière instance dans toutes les questions CMitentieuses ayant trait à la censure. Il fut aussi membre de VAcadémie impériale des sciences, qui n'avait pu se dispenser de
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damner RyléïefTà mort, qui avait envoyé Besstutschoff et Odoïwski en Sibérie et qui n'avait rendu à Barac* tinski qu'une liberté conditionnelle , — que ce prince» dis'je, voulait gagner à lui le plus grand poëte de la Russie et le décider à renoncer aux tendances libérales de sa jeunesse. Car, de la part de Tami de jeunesse de, Pouschtschin et de Marlinski, c'était un véritable renoncement que d'accepter, avec sa grâce, les marques for» melles de la faveur impériale, et cela au moment même
décerner retpectueusement un dipldine à rinfluenl et redouté conseiller intime, chevalier de TÉtoile de Sainte-Anne et de beaucoup d*autres ordres. Être constamment à la merci des fantaisies et des caprices d*un homme de cette nature ; en être réduit à se dire quQ ce serait folie que de vouloir tenter la moindre résistance et qu'il ne restait plus d'autre parti à prendre que celui de se soumettre sans condition à son autorité et à celle de ses cocepseurs, et cela pendant des années sans lin, — c'était un joug auquel nul ne pouvait résister à la longue et qui devait nécessairement briser les caractères les mieux trempés, condamner au dépérissement et à l*étiolement les esprits les plus vigoureux.
Lorsque, il y a quelques mois, le journal de Krassowski parut dans un organe de la presse de Moscou, nos Journalistes, dont la plupart pourtant avaient atteint Tàge d'homme sous ^e gouvernement précédent, déclarèrent unanimement qu'ils pouvaient à peine se faire une idée de Téiat d'une littérature soumise au joug de Krassowski, — tant les hommes et les choses ont changé depuis. Les mémoires de Krassowski fourniraient au satiriste un riche si^et de réflexions sur le degré d'étroitesse et d'hébétude que peut atteindre un homme en certaines circonstances. Krassowski enregistrait, entre autres choses, régulièrement ses rôves. Or, presque toutes les nuits, il rêvait de visites qui lui étaient rendues par des « personnages distingués» » de discussions sur le « service » et — d'exploits censoriaux.
1. [Note de la p. S06). Ces mots ne doivent pas être pris au pied de la lettre. Pouschkine n'obtint en réalité que le droit important d'appeler de la décision du censeur à l'empereur, qui généralement d'ailleurs, s*est montré assez tolérant à l'égard de la Muse de Pouschkine.
2U8 LA SOCIÉTÉ RUSSB.
OÙ le libéralisme . était proscrit , ses représentants envoyés à la mort ou en exil et la presse soumise à un joug trois fois plus dur. Pouschkine était un peu observateur. Les quelques jours de liberté qui s'étaient écoulés depuis son départ de Michaïloffskoje avaient déterminé chez lui la conviction que la haute société russe s'était modifiée de façon à être devenue méconnaissable et que, depuis le 25 novembre 1825, avait commencé un régime nouveau avec lequel la paix ne pouvait être conclue qu'au prix d'un sacrifice important.
Si sombres qu'eussent été les dernières années d'Alexandre II, elles n'en avaient pas moins été éclairées par un reflet des jours meilleurs où le petit-fils de Catherine avait adopté les traditions du siècle philosophique, où il croyait aux hommes et à la dignité humaine, où il se donnait pour but de substituer au régime absolutiste le régime constitutionnel. Il ne s'agissait plus, il ne pouvait plus s'agir de cela à cette heure. Une partie des amis de Pouschkine gémissaient dans les cachots de la forteresse de Pierre et Paul et de Schlùsselbourg ; d'autres s'étaient réfugiés' par peur dans la solitude de leurs propriétés rurales ; beaucoup d'autres encore, notamment l'excellent N. I. Tourguénïeff, vivaient exilés à l'étranger. On n'entendait parler que d'arrestations et de perquisitions ; il était dangereux même de s'informerdes individus qui avaient été arrêtés comme suspects. Pouschkine, en dépit de sa mondanité et de ses faiblesses, était un caractère généreux et droit; il n'était* pas homme à s'illusionner péniblement sur la gravité de la situation. Il reconnut qu'il
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était arrivé au carrefour de sa vie et qu'il avait à choisir entre l'acceptation résignée du système dominant ou une nouvelle exclusion du monde civUisé. Il opta pour la première alternative. Il n'avait jamais été un homme politique, mais simplement un patriote, et le patriotisme semblait lui commander de se conserver à la Russie lui et son talenjt. S'il tournait le dos au soleil de la faveur impériale, il se voyait dans l'obligation de renoncer à continuer ses travaux littéraires et à publier ceux qui, depuis longtemps déjà, attendaient le moment d'être livrés à l'impression.
Exclu de tout rapport avec les hommes de son niveau, exilé dans sa propriété rurale, au milieu de ses livres, « notre poëte de vingt-sept ans aurait dû renoncer à l'entier développement de son talent, s'il ne faisait pas la paix avec l'empereur. L'épreuve dut être dure au fier cœur de Pouschkine. Il ne savait pas seulement dans quelle mesure on se montrerait dorénavant exigeant à son égard; il savait aussi que la meilleure portion de la noblesse et la jeunesse presque tout entière honoraient silencieusement comme des martyrs les victimes du 25 décembre et que, loi%qu'il aurait déserté l'opposition, on le considérerait comme traître à la cause de la liberté et de la patrie. La foi à sa vocation poétique, le désir passionné de revoir la société dont il avait été exclu durant les meilleures années de sa vie et le sentiment de l'inaliénabilité de sa dignité intime et de son indépendance donnèrent à Pouschkine la force d'écarter toutes autres considérations. Contempteur dnprofanum vulgus, le fils de l'ancienne famille de boïards et le petitir. 14
2i0 LA SOCIÉTÉ RUBSB.
fils d'Hannibal le Nègre ^, avait toujours dédaigné les coteries littéraires. Il accepta la gr&ce de Tempereur et se rendit à Moscou, puis delà à Saint-Pétersbourg, où Ifs débris de l\<Arsamas8 » existaient encore, mais dans des conditions tout à fait différentes, c*est-à~dire dans un état de rupture complète avec Tidéal de leur jeunesse. Pour son tempérament raffiné, le genre distingué et la haute éducation de la société aristocratique avaient été constamment un besoin, et U savoura à grands traits la joie d'être enfin rendu à la sphère pour laquelle il se sentait né et dans laquelle il se trouvait en contact avec des poètes tels que le prince Wïaesemski, Shukowski et Dohl, avec des artistes tels que le comte B. L. Wiclehorski et Alexis Ljwoff , avec des politiques et des dilettantes littéraires , tels que À. I . Tourguénieff , sans compter Dansoss, Pletsseff, Rajewski, les amis éprouvés de sa jeunesse. Sa vocation n'était pas de se préoccuper du destin du commun des mortels, ni du joug de fer qui pesait sur la plupart des hommes actifs et intelligents de son pays : Il était poëte, il avait une situation privilégiée et il y trouvait plaisir. Sans doute, de temps à autre, son yieil orgueil se révoltait lorsque la volonté de son protecteur impérial imposait au poète des faveurs qu'il n'avait point sollicitées et qui ne pouvaient que fournir un aliment nouveau aux commentaires désagréables de ses amis et de ses envieux. Bien
1. Pouschkine descendait par sa mère d*un nègre que Pierre-le- Grand avait acheté et qu'il avait fait élever et instruire en France pour en faire un officier de Génie. Hannibal arriva an grade de gênérat et mourut dans la situation d'un propriétaire riche et considéré.
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qu'il éprouvât souvent des embarras pécuniaires, la pension annuelle que lui offrit rempereur contre Tobligation d'écrire une histoire de Pierre-le-Grand ne lui était rien moins que bienvenue : il considéra même comme un acte qui portait atteinte à son mérite personnel et à sa dignité sa nomination simultanée au poste de chambellan de la cour impériale. Au grand-due Michel, qui le félicitait de cette nomination, Pouschkine répondit : — « Votre Altesse impériale est la première personne qui me félicite de la dignité de chambellan. >» Cette réponse rappelait d'une façon assez grave les jours depuis longtemps écoulés de sa jeunesse, c'està-dire de Tépoque où il était dans les rangs de l'opposition. Mais la susceptibilité du poëte n'allait pas au delà de ces réminiscences accidentelles.
La situation dans laquelle il se trouvait contrastait d'une façon trop séduisante et trop heureuse avec les misères des années d'exil qu'il avait traversées pour que Pouschkine pût s'en plaindre et vouloir identifier sa cause à celle de la Russie. Il se trouvait à l'apogée de sa gloire, de son talent, de son activité littéraire. Les poésies les plus remarquables : « La Fontaine de larmes de Bachtschmarat, » — « Le prisonnier du Caucase, » — « Les Bohémiens, — « Boris Godounoff, et « Eugène Onigin, » avaient été non-seulement imprimées, mais, grâce à la censure impériale, presque complètement épargnées par la mutUation. Les études sur la vie de Pierre-le- Grand, loin de limiter sa fécondité poétique, lui avaient donné un nouvel et puissant aliment, les dépenses de ses voyages dans le €aucase et à Orenbourg, théâtre de
rinsurrection de Pagatscheff, avaient été soldées par la cassette impériale ; enfin, Theureux et aristocratique poëte, à qui le grand monde prodiguait sa faveur, était sur le point d'épouser sa« bien-aimée madone brune, >> la belle Natalie Gortcharofif. Quant à la situation politique de sa patrie, Pouschkine avait su s'en accommoder en poëte. 11 n'était pas homme à s'abuser à dessein sur l'absence de la liberté et sur l'atonie générale qui en était la conséquence : il n'était pas homme à chercher son refuge dans une larmoyante béatitude. Son puissant génie envisagea courageusement de face la réalité des choses et se préoccupa de lui trouver une justification historique. La Russie n'était point mûre encore pour la liberté ; elle avait à jconquérir la place qui lui est due dans la famille des peuples européens ; elle avait à assurer les bases de son existence politique, avant de pouvoir songer à transformer sa situation dans le sens de la liberté et des idées bourgeoises. L'empereur Nicolas avait reçu la mission de mener à bonne fin l'œuvre gigantesque que les descendants de Pierre-le-Grand avaient entreprise, c'est-à-dire de conquérir à la Russie ses frontières naturelles et de résoudre dans le principe supérieur de l'unité l'antique antagonisme existant entre les deux branches de la famille slave qui se disputaient l'hégémonie, c'est-à-dire entre les Russes et les Polonais. C'est dans cet ordre d'idées qu'il célébra, dans sa fameuse ode intitulée : Aux calomniateurs de la Russie^ les victoires remportées par les Russes sur cette même Pologne pour la restauration de laquelle le poète avait si longtemps manifesté ses vœux enthousiastes. C'est en